Denys d'Halic, IT
époux loco filiæ, tombail en quelque sorte en sa puissance in manu, et n'avait pas, par suite, le droit de rompre le mariage,ce droit ne pouvant appartenir qu’au paterfamilias.
Il n'était donc permis qu’au mari d’user du divorce, après avoir pris l'avis de la famille (1) et en argumentant de causes nettement déterminée : ext oxouxxeia rexvüy OU Crime de sorcellerie, visant fort probablement aussi l’empoisonnement ; # xkedGv uro6okn ou falsification des clefs : il s'agissait ici des clefs du cellier, c’est-à-dire qu'en définitive le cas prévu ici était le cas d’ivrognerie, opinion rendue véridique par ce fait que le vin était interdit aux femmes ; xai poizevôeiyav, qui n’estautre que l’adultère de la femme (2). Chose étrange et nouvelle dans les législations antiques, la stérilité de la femme ne pouvait être invoquée par. le mari comme cas de divorce ; ce n’est que plus tard qu'on en tiendra compte.
Quoi qu'il en soit, le mariage romain ne fut Jamais indissoluble, sauf cependant l’union du ÿZamen dialis, et, à l’origine également, le mariage rendu solennel par la conferrealio : l'obstacle au divorce dans ces deux cas provenait de ce que les époux étaient chargés de véritables fonctions sacerdotales, qu’ils devaient conserver toute leur vie.
1. Institutes. De patria potestas 2. Dans tous ces cas, il était toujours loisible au mari, s’il le préférait, de frapper la femme de la peine de mort.
Le AS
La loi des XII tables continua à admettre le divorce ; à cette époque celte faculté était encore réservée au mari., Dans la suite, on reconnut aux deux époux un droit réciproque de divorcer, mais, en vérité, si le divorce était toléré par les lois, il n’était point pratiqué. L’ascendant des bonnes mœurs et l’autorité de la religion suffisaient à maintenir en fait la perpétuité du mariage et l’on ne se servait guère du divorce que comme d’un épouvantail, pour se menacer l’un l’autre.
Le premier divorce que l’on cite, celui de Spurius Carvilius Ruga n’eut lieu qu’au v° ou au vi° siècle de Rome : cette date fixe le point de départ d’une période d’immorælité et de désordres. La corruption qui suivit les guerres, qui avaient donné aux Romains l'empire du monde, l'accumulation des immenses richesses qu'ils avaient recueillies, la contagion des mœurs dépravées de la Grèce, tout contribua à faire évoluer l’idée du mariage et de la fidélité conjugale. Désormais on divorce pour satisfaire un caprice, pour obliger un ami, pour le motif le plus futile. Mille prétextes dérisoires sont invoqués comme causes de divorce, mille prétextes inavouables se cachent en réalité derrière eux. Les femmes, elles aussi, délaissées par lcurs maris, imitent leur exemple, et les auteurs (1) nous parlent de femmes qui comptent leurs années par le nombre de leurs