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son premier mari; César, Antoine se marient quatre fois ; Cinna, Pompée cinq fois ; Tullia, la fille de Cicéron, trois fois. |
En présence de mœurs semblables, on comprend facilement que beaucoup de citoyens se souciaient peu d’unir leurs destinées à celles d’épouses que les coutumes poussaient à se libérer du lien conjugal, à peine celui-ci formé. Le célibat apparaissait comme l’état ie plus enviable; et les mariages devenaient de moins en moins nombreux. Les lois caducaires, voulant remédier à cet état de choses, vinrent frapper d'incapacité les cælibes, célibataires, et les orbi, époux mariés sans enfants, mais ces lois, loin d’apporter un remède, ne firent qu’augmenter le mal, favorisant indirectement le divorce en multipliant les liens mal assortis et les unions faites sans choïix,que tous contractaient pour échapper aux incapacités dont ils étaient frappés, mais que tous rompaient aussitôt contractées.
Seules, les formes imposées à la rupture du lien conjugal auraient pu enrayer le mouvement, or le divorce le plus usuel à Rome, le divorce par consentement mutuel ne fut jamais réglementé. A dater d’Auguste cependant, des tendances se manifestent pour contrôler la dissolution du mariage etessayer, dans la mesure du possible, d'arrêter le mouvement croissant des divorces. La loi Julia de adulteriis exige d’abord que la répudiation soit faite en pré-
sence de sept citoyens romains et pubères, et établit, en second lieu, diverses peines pour l’époux qui aurail, par sa conduite, justifié la demande en divorce, formulée contre lui.
Mais c’est aux empereurs chrétiens que revient .l’honneur d’avoir arrêté d’une façon efficace l’essor dangereux du divorce. Sous la poussée de. l’idée nouvelle, l’idée chrétienne, le droit romain va se modifier. Sous son influence, Constantin supprime le divorce bona gralia et restreint énergiquement le. droit à la répudiation : le mari ne peut plus invoquer comme causes de divorce que l’adultère, l’empoisonnement et le proxénétisme ; la femme, que l’empoisonnement, l’homicide et la violation de sépulture. Ses successeurs continuèrent la route qu'il leur avait tracée, en rélablissant toutefois le divorce par consentement mutuel. Justinien enfin supprima définitivement le divorce bona gralia (1), sauf pour les époux qui voulaient faire des vœux, mais maintint cependant comme causes de divorce une foule de causes que la novelle 117 énumère.
Le droit romain, en somme, pendant les quinze siècles de son existence, a toujours admis le divorce, mais si le divorce, à l’origine, était peu pratiqué, la dissolution des mœurs, la contagion grecque l’ont
implanté peu à peu dans la vie romaine, el il a fallu