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Son successeur Justin II le rétablit dans la novelle

l'autorité des Pères de l'Eglise pour l’entraver dans sa marche. Toutefois, l’idée chrétienne, empruntée à l’évangile, de l’indissolubilité du mariage, ne vaincra pas d’un seul coup et il lui faudra, pendant de longs siècles encore, avant d'arriver au triomphe, lutter contre les survivances du droit romain et contre les lois barbares, qui vont envahir le territoire romain, et qui, toutes, seront favorables au divorce.

SECTION III Droit français

K 1. — Ancien droit

Nous allons successivement examiner dans cette période le droit canonique et le droit civil.

A. — Droit canonique. — Les dogmes de l'Eglise considérèrent toujours le mariage comme indissoluble, mais le divorce, à l'époque où le christianisme commença à exercer son influence, était tellement entré dans les mœurs, que l'Eglise comprit bien vite qu'elle ne pouvait tout d’un coup en exiger la suppression. Il est pourtant exact de dire qu’elle le tolérait plutôt qu’elle ne l’acceptait, ainsi qu'elle l'avait déjà fait pendant la fin de l’empire romain avec les empereurs Théodose, Valentinien et Justinien. |

Du reste, au sein même de l'Eglise, la question du

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divorceet de la répudiation restait indécise et soulevait parmi les Pères de l'Eglise les plus vives discussions. D'après saint Mathieu (1), le Christ avait posé en principe la prohibition du divorce, sauf cependant au cas d'adultère de la femme. D’après saint Luc et saint Marc (2), l’indissolubilité du mariage, au contraire, était absolue.

La contradiction de ces textes donna naissance à des avis opposés entre les docteurs de l'Eglise, au moins dans les premiers siècles de sa fondation. Si Tertullien, saint Epiphane, saint Ambroise, Astérius, évêque d’Amasie, étaient hostiles à la prohibition complète du divorce, un grand «nombre d’autres, parmi lesquels saint Jérôme, saint Chrysostome, saint Augustin (3), en étaient partisans. Tous les Pères de l'Eglise s’entendaient néanmoins sur ce point, à savoir que le divorce, étant une cause de licence, on

1. Saint Mathieu, XIX, 3. « Dico autem vobis quia quicum que dimiserit uxorem suam, nisi ob fornicationem, et aliam duxerit, mœchatur, et qui dimissam duxerit, mœchatur. »

2. Saint Marc, X, 11. Saint Luc, XVI, 18 « Omnis qui dimisit uxorem suam et alteram ducit, mœchatur. »

3. Saint Augustin, De adult. 1. 5 « Une femme ne peut devenir l'épouse d’un second mari avant la mort du premier. Par l’adultère, une femme peut bien se séparer de son mari, mais elle ne peut rompre le lien qui l’attache à lui, quand même elle ne se réconcilierait jamais avec lui, car si, par l'adulitère de l'époux, le nœud conjugal était rompu, il s'ensuivrait cette conséquence pleine de dangers que la femme, par son impureté, pourrait se dégager de tout lien. »

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devait, le plus possible, en restreindre l'usage. La formation d’une nouvelle union après la dissolution de la première devait être interdite, et le second mariage, à leurs YEUX. constituait un adultère.

La question ne fit plus de doute pour personne le jour où la bénédiction nuptiale, se joignant au mariage, en fit un acte religieux consacré par Dieu lui-même, car la volonté humaine n'avait plüs seule participé à sa formation, et la volonté humaine était dès lors impuissante à séparer ce que Dieu avait uni. Cette idée pourtant ne fut pas acceptée de l'Eglise entière immédiatement. Ce fut le concile de Trente (11 novembre 1563) qui, le premier, ordonna, à peine de nullité; la célébration du mariage par le propre curé de l’une des parties, en présence de deux ou trois témoins : on mettait ainsi obstacle aux mariages clandestins, et on parait à toutes les difficultés que pouvait soulever la preuve du mariage. Mais, par voie de conséquence cet par le fait de l’adjonction de ja bénédiction à la cérémonie de l'union, par l'élévation du mariage à la dignité de sacrement, le concile de Trente (1) en même temps proclamait l'indissolubilité du mariage, tout au moins du mariage consommé, car le mariage non consommé pouvait être dissous, à la condition de renoncer à la vie civile et

d'entrer dans un couvent. La séparation a {oro et

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