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DE LA NÉCESSITÉ DU DIVORCE

Le mariage est le plus ancien, le plus universel et le plus solennel des contrats. Il intéresse non seulement les parties contractantes, mais encore, au plus haut point, la famille, dont il est la source,et la société, qui n’est que la réunion de toutes les familles. Ce contrat n’est donc aucunement assimilable aux contrats ordinaires, qui peuvent se rompre lorsque le délai, qui leur a été assigné, survient, ou lorsqu'une condition déterminée se réalise ; le mariage, au contraire, est indissoluble, en principe, comme tout ce qui tient à la famille (1).

Du reste cette idée de perpétuité était déjà dans la pensée des époux au moment de la fondation de leur union : l'instinct ne préside pas seul, en effet, à l’alliance de l’homme et de là femme, c’est par

1. Portalis. « Le vœu de la perpétuité est le vœu même de La nature. » Locré, I, p. 128.

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leur libre volonté, accompagnée du sentiment le plus vif du cœur, qu'ils contractent ce mariage, qui, dans leur esprit, doit être éternel, qu’ils forment entre eux une communauté de biens et de maux, de force et de faiblesse, de joies et dè peines, de devoirs réciproques enfin.

Tout, dans le mariage, implique l'idée de perpétuité et d’indissolubilité : intention des époux, engagements pris envers la famille, que le mariage a pour but de créer, sauvegarde de la société. Et Lamoignon (1) peut dire avec raison (Rap. à la Chambre des pairs. Séance du 25 avril 1816): « L'’indissolubilité du mariage est une des plus belles institutions qui existent sur la terre : c’est elle qui assure l’état et l'éducation des enfants ; c’est elle qui attache les parents à leur famille et les citoyens à leur patrie; c’est elle, enfin, qui donne des mœurs à la société, et l'humanité lui doit ses plus doux sentiments. »

Mais, ce principe de perpétuité posé, le législateur s’est bien vite aperçu que nombre de mariages étaient loin de conserver les caractères qu'ils auraient toujours dû avoir. Certainement, si les

. 1. V. aussi les rapports de MM. Durand et de Marcère.— Durand. Rapport à la Chambre des députés, séance du 13 juin 1882. (J. of}., déb. parl., p. 900.)— De Marcère. Rapport à la Chambre des députés, 14 mars 1882. (J. off., doc. parl., p. 808.)

époux gardaient en leur cœur le sentiment de leurs devoirs, la confiance réciproque, nécessaire à la conservation de leur bonheur, la communion d'idées, qui devrait exister éternellement en eux, si le mariage n’élait pas souvent le produit d’un caprice, si, plus souvent encore, des combinaisons plus ou moins misérables ne l'avaient inspiré, si, en un mot, chaque époux n'avait pour but en sa vie que de procurer dans la mesure du possible le bonheur parfait à son conjoint en consentant à faire cerlains sacrifices, s’il en était ainsi, certes, le mariage serait indissoluble. Maïs la plupart du temps, la réalité courante et l’idéal poursuivi et souhaité ne sont pas d'accord. Le mariage, ainsi que l’exprime le Père Didon (1), «noué par des convenances sociales, par’ le caprice ou le vénal intérêt, ne l’est presque jamais au nom du seul sentiment qui ait le droit de le former ».

Avssi, en regardant aulour de nous, combien voyons-nous de ménages où la vie commune devient intolérable, où la coexistence devient, suivant l’expression populaire, « un enfer anticipé ». Combien de fois sur notre route rencontrons-nous de ces ménages indifférents, de ces ménages où les époux sont prêts à en venir aux mains, où chaque parole de lun

n'est qu'une insulte pour l’autre, où le sourire

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