‹ Des Causes de Divorce et de Leur ExtensionChapitre 78 sur 98 · Contra Lefebvre. Nouvelle revue historique, p. 300 et s · texte numérisé non relu

Contra Lefebvre. Nouvelle revue historique, p. 300 et s

Di — entière. Et sur ce point les doctrines socialistes et féministes viennent développer leur théorie.

Le socialisme stigmatise le mariage comme étant un contrat mercantile, et sa perpétuité y est condamnée comme immorale. Il serait exagéré d’aflirmer que les socialistes prêchent le retour à la promiscuité sexuelle la plus dévergondée, qu’ils réclament la communauté des femmes et l'abandon général des enfants. Le socialisme a des idées plus nobles ; ce qu’il réclame, c’est un mariage fondé sur l’amour, seul lien valable, sur la liberté, limitée par le devoir moral vis-à-vis de son conjoint et par le devoir positif vis-à-vis des enfants, enfin sur le respect de la dignité humaine et des grands intérêts de l’espèce. « Le mauvais, s'écrie Benoît Malon (1), de la famille actuelle, ce n'est pas la monogamie, qui est la forme la plus digne de l’union des sexes et qui subsistera avec de nombreuses améliorations. Le mal, c’est plutôt avec la quasi-indissolubilité légale, l'égoïste subordination civile de la femme, l’étouffement des plus incompressibles sentiments de l'être sous de viles préoccupations mercantiles. Le mal est là et d'autant plus étendu qu’il plonge à la fois dans la loi et dans les mœurs. Comprendra-t-on bientôt que l’on ne fait pas œuvre morale en mettant purement et simplement la foi eonjugale dans les chaînes et sous les verrous. »

1, Benoît Malon. Le socialisme intégral, I. p. 351 ets.

Bebel (1), le chef du parti socialiste allemand, vient après lui nous montrer le mariage de l’avenir, le mariage tel qu’il le rêve : « Le mariage de l’avenir sera, comme aux temps primitifs, un contrat privé, sans l'intervention d’aucun fonctidnnaire ; mais cette union se différenciera de celle d'autrefois en ce que la femme ne tombera pas, à la suite d’un achat ou d’un cadeau, aux mains d’un homme, dont elle deviendrait l’esclave et qui pourrait la répudier à son gré ».S'il y a incompatibilité d'humeur réciproque, si les conjoints sont désabusés, s'ils deviennent antipathiques l’un à l’autre, la morale exige qu’on dénoue une situation devenue intolérable, aussi contraire à la nature qu’aux mœurs.

A son tour, le féminisme vient réclamer l’extension du divorce et le divorce par consentement mutuel avec l'union libre, comme idéal à atteindre (2). Les époux, délivrés de toute servitude, égaux en droits, libres en fait ne doivent être unis que par l'amour. Dans le droit actuel, les causes de divorce sont toutes plus faciles à invoquer pour le mari que pour la femme. Les conséquences sociales de l’adultère sont plus pénibles pour la femme divorcée que pour l’époux infidèle, et, du reste, la femme

1. Bebel. La femme dans le passé, le présent'et l'avenir, trad. française par Henri Ravé, p. 323 et suiv.

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