DIVORCE PAR VOLONTÉ UNILATÉRALE
C'est au divorce par la volonté d’un seul, que tendent ardemment les aspirations de M. Naquet, de MM. Paul et Victor Margueritte et de tous ceux (1) qui s’attaquent à l'institution même du mariage.
1. P. Hervieu. Les Tenailles. « Oh, qu'il n'y ait plus d’esclaves. plus de serfs nulle part, et que l’on doive pourtant être esclave, être serve parce que l’on a un mari, qu'il n'y ait plus de vœux éternels devant Dieu, puisqu’une religieuse de nos jours peut quitter le couvent et qu'il y ait un vœu éternel de l'époux devant l'autre époux ; que chacun ne soit pas le premier à posséder la disposition de son âme et de son corps, cela me dépasse, je ne le reconnais pas, je ne le supporte pas, je ne le veux pas |! »
Naquet, p. 153. Quelques idées. « La dissolution du mariage doit être de droit absolu, soit lorsqu'elle est réclamée par les deux conjoints, soit lorsqu'elle est réclamée d'une façon persistante par un seul d'entre eux. Hors de là, il n'y a qu’esclavage et qu’immoralité. »
Naquet. « Le mariage libre n’est qu'une étape vers l'union
Faut-il donc admelire ce mode de dissolution, faut-il permettre à l’un des époux de rompre le mariage par le seul effet de sa volonté persistante et malgré les résistances de l’autre ? La question n’est pas nouvelle et le divorce par volonté unilatérale a du reste été déjà pratiqué.
A Athènes, la répudiation existait, mais tandis que la répudiation pour le mari n'était astreinte à aucune condition de forme ni de fond, et que celui-ci pouvait, en principe, renvoyer sa femme, quand il le voulait et comme il le voulait, sans avoir à alléguer de motif de sa décision, la répudiation, lorsqu’elle était intentée par la femme, ne pouvait l'être qu'avec l’agrément de l’archonte, à qui la femme avait exposé ses griefs et qui lui accordait ou lui refusait l’autorisation de divorcer.
A Rome (1}, la répudiation était égalemènt possible. A l’origine, ce droit n appartenait qu’au mari ou au patlerfamilias et sous certaines formalités, mais peu à peu, cette institution gagna du terrain,
libre, laquelie ne connaitra plus aucune intervention de la loi, ni pour sa formation, ni pour sa dissolution, et ramènera cependant l’âge d’or de la moralité familiale. »
Margueritte. Quelques idées, p. 109. «Il est odieux, il est révoltant qu'à notre époque un être puisse encore s'imposer à un autre, et par bassesse d'âme, vengeance, cupidité, haine, le clouer à lui jusqu’à la mort. »