‹ Des causes de la cherté actuelle de la vie rapports et observations présentés à l'Académie des Sciences Morales et PolitiquesChapitre 3 sur 27 · DES CAUSES DE T.A CHERTE ACTUELLE DE LA VIE · texte numérisé non relu

DES CAUSES DE T.A CHERTE ACTUELLE DE LA VIE

prélevé sur le produit des emprunts de toutes sortes pour acquitter les dépenses de munitions et autres fournitures de guerre, passe ainsi, dans les comptes de la Banque d'Angleterre, du Trésor aux banques. Les banques, dans leurs propres comptes, en créditent leurs clients. Ceux-ci règlent la majeure partie de leurs obligations au moyen de chèques, que leurs créanciers versent également au crédit de comptes de banque. Ainsi s'est formé dans les banques un stock de crédits grandissant.

Ces crédits, au moyen desquels des paiements peuvent être faits, sont en quelque sorte de la monnaie en puissance, dont le volume s'ajoute à celui des billets. Leur grossissement a-t-il influé sur les prix ? L'affirmative a été soutenue, notammentpar Y Economist de Londres. Ilya des contradicteurs (1). Dans une lettre signée T. B. M., qui sont, dit Y Economist, les initiales d'un nom bien connu dans le monde de la banque, un correspondant lui écrit : « La théorie de l'inflation est une vieille marotte de professeurs qui n'apprécient pas l'axiome simple de l'offre et de la demande. Remontons au commencement. La guerre ayant éclaté, un nombre énorme d'ouvriers ont été enlevés au travail pour devenir soldats ; en même temps, une demande immense de munitions a surgi — donc, réduction de la main-d'œuvre et augmentation de la demande de marchandises. Le résultat ne pouvait être que la hausse des salaires et du prix des munitions. Les administrations acheteuses, ignorantes des affaires et ne voulant pas prendre l'avis des hommes qui les connaissent, ont offert des conditions absurdes ; salaires et prix ont haussé d'un bond. Conséquence directe, les dépenses des ouvriers ont fait le même bond. Les ouvriers — les femmes qui les remplacent — ont pris des goûts dispendieux. La tête tournée par des

(1) V. Dans le Journal ofthe Royal statistical Society de juillet 1917, la discussion qui a suivi une communication du professeur J. Shield Nicholson, Statistical aspects of inflation.

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