DES CAISSES DE LA CHERTE ACTUELLE DE LA VIE
gains qu'ils n'avaient jamais rêvés, ils les orit dépensés inconsidérément. La hausse générale des prix a suivi par le jeu naturel de l'offre et de la demande. » Un autre correspondant relève comme cause de l'intensité plus grande de la demande, « à côté de l'augmentation fabuleuse des salaires, celle non moins fabuleuse des gains industriels ». Est-il besoin, conclut-il, de se mettre en quête d'autres raisons de la hausse des prix?
Les partisans de la thèse de l'inflation sont loin de contester que la hausse des prix résulte du jeu de l'offre et de la demande. Mais ils ne s'en tiennent pas à cette formule sommaire. Ils ont le souci de préciser les circonstances qui ont déterminé la demande et l'offre des objets de consommation. L'offre ne pouvait que se réduire, puisqu'une grande partie de la main-d'œuvre a été enlevée à la production soit par le service militaire soit par l'affectation aux usines de guerre et que le capital fc a été détourné de même vers la fabrication des munitions et autres objets destinés à détruire et à être détruits. Quant à la demande, elle est devenue plus intense parce que le gouvernement a tiré ses principales ressources d'émissions de billets et d'emprunts dont les souscriptions ont été principalement réalisées au moyen de crédits de banque.
Le Gouvernement anglais n'a pas osé établir autant d'impôts qu'il aurait fallu. De plus, il a pressé les banques de souscrire largement aux emprunts et de faciliter les souscriptions de leurs clients en leur accordant les plus fortes avances possibles. A l'occasion de l'emprunt 5 % 1917, les contribuables imposés à la super tax reçurent de M. Bonar Law une lettre les priant de lui faire connaître confidentiellement le montant de leur souscription. Ces riches personnages, ne sachant trop quelle mésaventure pourrait leur advenir si leur participation à l'emprunt n'était pas jugée suffisante, sollicitèrent de leurs banquiers, selon la suggestion du chancelier de l'Échiquier, des