‹ Des causes de la cherté actuelle de la vie rapports et observations présentés à l'Académie des Sciences Morales et PolitiquesChapitre 9 sur 27 · I. EXPOSÉ · texte numérisé non relu

I. EXPOSÉ

Sur tous les domaines à peu près sans exception, les prix de 1919 comparés à ceux de 1913 présentent un accroissement qui varie selon les cas, mais qui constitue une différence formidable. Ce n'est pas seulement en France que le problème est à Tordre du jour : chez certains de nos Alliés et même chez quelques neutres, il passionne également l'opinion publique. En Italie, il a atteint un degré aigu. M. Nitti, chef du cabinet, qui, au mois de juin 1919, a remplacé celui que présidait l'honorable M. Orlando, déclarait, en prenant le pouvoir, que la cherté de la vie était ce qui le préoccupait le plus et ce à quoi il chercherait à porter le plus prompt remède. Des émeutes sanglantes ont eu lieu à Florence et dans d'autres villes. Des pillages et des destructions de denrées ne sont pas un moyen de faire baisser le prix de la vie, mais les foules ne raisonnent pas.

A la suite de ces troubles, l'autorité municipale a taxé un certain nombre de produits, et là-dessus la foule de se réjouir parce que le prix des denrées baissait. Mais, quand les magasins auront été vidés de ce qu'ils contenaient, forcera-t-on les marchands à s'approvisionner de nouveau pour vendre à perte ?

Chez nos ennemis le problème se pose également et, dans un récent discours à l'assemblée de Weimar, M. Erzberger déclarait que le seul remède aux maux de l'heure présente est de travailler systématiquement à la diminution des prix.

Si on prend comme point de départ la moyenne des prix de 1901 à 1910 et qu'on la représente par le chiffre 100,

on trouve les prix suivants dans le premier trimestre de 1915, puis au mois de septembre 1918, pour les quatre grands alliés, France, Angleterre, Etats-Unis, Italie :

L'augmentation la plus forte s'est produite en Italie, mais elle dépasse de beaucoup en France, ce qu'elle a été en Grande-Bretagne et en Amérique.

Nous avons souffert pendant la guerre de la substitution

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