‹ Des causes des migrations des divers animaux et particulièrement des oiseaux et des poissonsChapitre 101 sur 117 · VI. Muge (mugil R Le muge ns la fois dans loc et la · texte numérisé non relu

VI. Muge (mugil R Le muge ns la fois dans loc et la

Û : Méditerranée. On en fait de grandes cap-

Lépides. cephalus Linn.). tures dans la saison du frai, d'autant que

ce poisson se porte pour lors en foule sur les rivages et vers les embouchures des rivières.

Il se plaît aussi dans les étangs salés qui bordent les côtes de la Méditerranée, à raison de leur fond vaseux qu'il aime de préférence. C’est là qu’il cherche les vers, les insectes, dont il fait sa nourriture ordinaire, et que l'on découvre aussi dans son estomac.

Ce poisson entre principalement dans les étangs salés, vers les mois de mars et d’avril. Il ne les quitte que vers novembre ou au commencement de décembre dès que les froids se font sentir. On en fait pour lors une grande capture; on en prend parfois de si grandes quantités, qu’on le sale comme les sardines et tant d’autres espèces.

Le muge ne dépose pourtant pas son frai dans les étangs salés, ainsi qu’on l’a faussement supposé, mais bien dans la mer. Ce poisson remonte l’été dans les fleuves, et même fort avant. On en a pris jusque dans le Rhône, sous les murs de Beaucaire, à environ dix lieues de la Méditerranée. Les muges qui habitent l'Océan paraissent également remonter la Garonne, la Loire et la Seine, tout comme ceux de la Méditerranée le font dans le Rhône, le Tibre et le P6.

Cette espèce est souvent poursuivie avec une sorte de fureur par le loup (perca labrax), qui en est fort friand. Ce poisson à pourtant un moyen de lui échapper en s’élançant verticalement hors de l’eau, et faisant ainsi des sauts répétés, eomme le pratiquent les ablettes et plusieurs espèces de eyprins. Ils font donc usage de cette extrême souplesse que leur a donnée la nature, nonseulement pour échapper à leurs ennemis, mais encore lorsqu'ils se voient entourés par des filets.

La pêche du muge, telle qu’elle se pratique dans les étangs du bas Languedoc, a été décrite avec assez de détail par Pline.

On peut voir dans les écrits de ce naturaliste qu'elle n’a pas éprouvé de grands changements dans les moyens qu’elle emploie de nos jours.

Seulement à l’époque de Pline le muge et les dauphins, qui en sont fort friands, étaient beaucoup plus abondants qu'aujourd'hui. La pêche de ces poissons, qui, suivant lui, avait lieu tous les ans auprès des étangs de Lattes (environs de Montpellier), n’est plus

Te

GENRES ET ESPÉCES

ÉPOQUES DES PASSAGES DES POISSONS

Lépides.

Perche d’eau douce (perca fluviatilis Linn.),

Loup (perca latrazx Linn.).

pratiquée maintenant dans cette localité.

Alors les côtes de la Méditerranée, qui bordent l'Île de Maguelonne et de ses énvirons, étaient peuplées par une grande quantité de muges, qui des étangs passaient dans la mer, où ils étaient poursuivis par les dauphins.

Ceux-ci y étaient pour lors si communs, que les habitants les apprivoisaient, au dire de Pline, avec du pain trempé dans du vin. On en itrouve, à la vérité, encore quelques-uns aujourd’hui; mais le nombre eu a considérablement diminué, en comparaison surtout de ce qu’il paraît avoir été du temps du naturaliste romain.

La perche peut être rangée parmi les espèces qui habitent constamment les eaux douces. Elle émigre donc peu, dépose son frai dans les lacs et les rivières où elle habite. C’est au commencement du printemps, en avril et en mai, qu’elle fraye; mais, lorsque cette espèce poud ses œufs, elle est déjà assez avancée en age. L'époque à laquelle elle dépose son frai paraît dépendre essentielle ment de l2 température des lieux où on la découvre. Elle s’y livre au printemps dans les régions tempérées, et seulement en été dans les régions septentrionales.

Cette espèce est répandue dans tonte l'Europe tempérée, ainsi que dans une grande partie de l'Asie. On la trouve depuis l'Italie jusqu’en Suède. Les lacs, Les ruisseaux d’eau vive et les rivières lui servent indifféremment de demeure. Elle remonte plutôt vers leurs sources qu’elle ne descend vers leurs embouchures. La perche craint singulièrement l’eau salée, et l'évite, par suite, autant qu'elle le peut. Elle ne se tient pas non plus à une grande profondeur des eaux ; seulement l'hiver elle descend davantage et habite des couches plus basses. Cette espèce dans ses migrations ne forme pas de troupes nombreuses comme ka plupart des autres poissons; aussi ces migrations sont rarement lointaines,

Ce poisson est très-commun sur les bords de la Méditerranée. Il y pond deux fois par an, observation qui n'avait pas échappé à la sagacité d'Aristote. Il y habite à peu près constamment. 1l pénètre, moins que le muge, dans les étangs salés. Lorsqu'il y arrive, c’est presque toujours aux mêmes époques que les muges, qui probablement les y attirent. Cela est d'autant plus probable, qu'il ne se plaît pas, comme eux, dans les fonds vaseux. Cette circonstance dépend peut-être de la largeur et de l'étendue de ses branchies. Le loup craint beaucoup plus le froid que le muge. Il remonte aussi moins haut dans les rivières

L'apron commun (perca asper Linn.).

Le serran (perca cabrella Linn.).

Le labre {{abrus hépatus Linn.).

ÉPOQUES DES PASSAGES DES POISSONS

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