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ont lieu aussi bien chez les races nocturnes que chez les diurnes. Parmi les oiseaux dont les yeux sont conformés de manière à leur faire apercevoir les objets distinctement pendant l'obscurité, on peut citer les oiseaux rapaces de la famille des chouettes ou des
hiboux.
On serait tenté de supposer que les espèces ainsi conformées ne doivent pas se livrer à de grandes courses. Le contraire a cependant lieu. Le hibou brachyote (sérix brachyotos Vieillot), qui vit ordinairement en Sibérie, se met à la suite des migrations du lemming, et arrive Jusque dans les provinces méridionales de la France. Cet oiseau y apparait au mois d'octobre; il reste dans le Midi jusqu’en avril. À cette époque il y est très-commun. On pourrait croire, en observant ce hibou si loin des lieux qui l'ont vu naïitre, qu'il ne doit pas être ébloui par la clarté du jour. Néanmoins il la supporte si peu, que, lorsqu'on le fait lever, 1l va se poser sur l'arbre le plus rapproché et se laisse tuer, plutôt que de se mettre de nouveau en mouvement, du moins si le soleil brille de tout son éclat.
Cette espèce, très-répandue dans presque toutes les contrées d'Europe, particulièrement en Hollande , et dont la Sibérie parait être la patrie, se rencontre également dans toute l'Amérique septentrionale. Elle v arrive par la pointe nord de l'Asie, en franchissant
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le détroit de Bhéring , bras de mer qui n’a pas moins de douze lieues dans sa plus petite largeur. Ces faits annoncent que les oiseaux nocturnes se livrent aussi bien à de longs voyages que les espèces diurnes, puisqu'ils franchissent les mers, et étendent leurs courses jusque dans des continents différents. On pourrait croire que ces races nocturnes doivent voyager de nuit, puisqu'elles éprouvent tant de difficultés pour faire quelques pas pendant la clarté du jour, si l’on ne savait que plusieurs d’entre elles chassent plutôt le jour que la nuit.
Il est même quelques espèces de chouettes qui jouissent en plein jour de toutes les facultés de la vue. Aussi les voit-on poursuivre leur proie à tired’aile ou la guetter dans l'épaisseur des forêts. Ce sont particulièrement les espèces à tête lisse, dont la queue plus ou moins étagée dépasse l’extrémité des ailes. Du reste une foule d'oiseaux voyageurs , quoique diurnes, n’en voyagent pas moins constamment la nuit, à peu près comme nous autres hommes, lorsque notre humeur inquiète nous porte à quitter le logis.
De ce nombre sont la caille, les ortolans et tous les oiseaux aquatiques ; leurs passages ont lieu plutôt pendant l’obscurité qu’en plein jour. Aussi, à moins que le soleil ne soit voilé par les nuages, les passages de ces oiseaux cessent vers les neuf ou dix
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heures du matin. C’est également à la lueur du crépuscule que l’on voit les alouettes passer par troupes plus ou moins considérables.
Les faits que nous venons de rapporter ne sont point bornés au hibou brachyote ; ils sont communs à presque toutes les espèces qui ne voient distinctement que pendant la nuit. Le grand et le moyen duc (strix bubo et otus Linn.), très-multipliés en Russie, en Hongrie, en Allemagne et en Suisse, étendent leurs courses jusqu’en France et en Angleterre, et même jusqu’en Afrique. Il en est de même du hibou scorps, qui se trouve fréquemment dans plusieurs contrées de l’'Europe et pousse ses excursions jusqu’en Afrique.
D’autres rapaces nocturnes , répandus en Europe, étendent évalement leurs excursions jusque dans le nord des deux continents, franchissant ainsi les mers qui les séparent. Parmi ces espèces éminemment voyageuses, nous citerons spécialement l’harfrang (sérix nyctea Linn.), peut-être la plus grande des chouettes connues, celle de Laponie (strix laponica Retz), qui vit à la fois dans les climats septentrionaux de l’Europe et de l'Amérique, et jusque dans les contrées civilisées de l’Europe. La première, ou l’harfrang , habite le plus constamment les régions du cercle arctique ; elle n’en étend pas moins ses excursions Jusqu’en Islande, dans les îles Shetland, aux Orcades, ainsi qu’en Allemagne et en Hollande. Elle passe éga-
lement dans l'Amérique septentrionale, et se montre parfois en grand nombre dans la baie d'Hudson.
On peut encore comprendre parmi les chouettes voyageuses le sérix macroura de Meyer, qui vit habituellement dans les régions arctiques, la Laponie, le nord de la Suède et de la Russie. Elle passe néanmoins en Livonie, en Hongrie et jusque dans les parties orientales de l’Allemagne, et plus loin encore. La chouette caparacoch (strix funerea Latham), qui habite également les régions arctiques , se montre quelquefois comme oiseau de passage en Allemagne, en France et même jusque dans les provinces de l’Amérique septentrionale. Cette espèce nocturne évite cependant dans ses courses vagabondes les lieux dont la température est élevée ; aussi ne l’a-t-on jamais apercue dans les contrées méridionales.
Il en est de même de la chouette nébuleuse ( strix nebulosa Linn.). Ses passages n'ont lieu que dans des contrées très-froides, comme la Suède, la Norwége, l'Amérique septentrionale, pays dont la température ne diffère pas beaucoup de celle des régions arctiques , patrie ordinaire de cet oiseau. L’effraie (strix flammea) étend encore plus loin ses excursions. On la rencontre dans toute l’Amérique. D’un autre côté, on la découvre en Asie jusqu’au Japon, en Afrique, particuliérement au Sénépal, et enfin dans la plus grande partie de l'Europe. Cet oiseau