‹ Des causes des migrations des divers animaux et particulièrement des oiseaux et des poissonsChapitre 12 sur 117 · OR · texte numérisé non relu

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parait même étendre ses migrations jusqu’en Suëde et en Norwége.

Ces faits et une foule d’autres , qu’il nous serait facile d’ajouter, sont assez bien constatés pour démontrer que, quoique peu favorisées sous le rapport de leurs appareils visuels, les espèces nocturnes ne se livrent pas moins que les diurnes à de longues migrations. Ilest remarquable que, parmi ces races voyageuses , plusieurs ne peuvent, dans les circonstances ordinaires, supporter l’éclat du jour; tel est entre autres le hibou brachyote.

Aïnsi, en examinant avec attention la manière dont les animaux sont répartis à la surface du globe, il est facile de s’apercevoir que leurs espèces n’ont pas tiré leur origine d’un même point, et qu’elles ne sont pas émanées d’un foyer de création unique, pour se répandre dans les contrées diverses où on les voit maintenant fixées. On reconnait également que l’aire occupée par chaque espèce a des limites plus ou moins étroites. On ne tarde pas non plus à se convainere qu'il existe pour chaque animal, soit marin, soit terrestre, comme pour chaque plante des deux genres de station, un certain nombre de régions distinctes, caractérisées par des populations et des végétations toutes particulières.

La faune ou la flore de chacune de ces régions se compose en partie d'espèces qui ne se rencontrent pas

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ailleurs, et en partie d'espèces qui leur sont communes avec d’autres contrées plus ou moins rapprochées, ou avec d’autres parages. En général ces espèces communes sont, toutes choses égales d’ailleurs, en proportion d'autant moindre, que les communications entre les pays voisins sont interrompues par quelque grand obstacle naturel, comme, par exemple, des chaines de montagnes d’une certaine élévation. Si ces animaux habitent le sein des mers, leur nombre diminue en raison de la difficulté des communications entre la côte où on les observe et les autres mers.

Ces régions, qui réunissent les mêmes espèces, peuvent donc être considérées comme autant de foyers de création, où, parmi les animaux qui y sont nés, les uns sont restés cantonnés dans leur patrie primitive, tandis que les autres se sont disséminés au loin et ont été se mêler aux habitants des régions voisines ou éloignées. Ces derniers, quoique originaires d’un même point ou d’une même contrée, ne peuvent s'être répandus dans de nouvelles régions, que par suite de cette faculté instinctive , donnée à certains animaux, de se livrer à des migrations plus ou moins étendues. Ceux au contraire qui sont restreints dans certaines contrées déterminées, et que l’on ne retrouve pas ailleurs, indiquent qu’ils sont encore placés dans leur patrie originaire.

Il arrive également que des échanges multipliés

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