I. Des migrations des mammifères terrestres
Lorsqu'on observe l’ensemble des animaux, sous le rapport des migrations que certains d’entre eux entreprennent et exécutent, on reconnait que les espèces qui se livrent à des voyages lointains sont toutes douées de la faculté de se mouvoir avec facilité. En effet, les grandes migrations ont lieu chez les insectes les plus agiles des invertébrés, tandis que les mollusques, à peu près fixés par la température dans les lieux où ils ont été primitivement placés, en fournissent à peine des exemples.
Quant à celles des animaux vertébrés, les voyages auxquels se livrent la plupart des oiseaux sont en
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première ligne. Après eux on peut signaler les poissons, et à peine les mammifères ou les cétacés. Leurs migrations paraissent avoir lieu plutôt par l'influence de l’homme, qui en a, en quelque sorte, refoulé les grandes espèces dans les mers des régions polaires, que par toute autre cause.
L'avantage de parcourir de grandes distances semble donc l’apanage des espèces aériennes. Il parait du moins réservé aux insectes parmi les invertébrés et aux oiseaux parmi les vertébrés. Chez les animaux qui ne respirent pas l'air en nature, et le soutirent de l'eau où il est en dissolution , une seule classe peut sous ce rapport rivaliser avec les habitants de l’air ; cette classe est celle des poissons. Soutenus par l’élément mobile dans lequel ils sont plongés , organisés de la manière la plus favorable pour la nage, ils peuvent se transporter dans tous les parages avec la plus grande facilité. Leur voracité, peut-être autant que leur fécondité, leur a rendu ces voyages presque nécessaires. Ils contribuent du moins à la perpétuité et à la conservation de leurs races. Le besoin d’une nourriture qui leur manquait dans les lieux qu'ils abandonnent semble les y déterminer bien plus que la température dont l'élévation parait leur être indifférente, à eux surtout dont le sang est froid.
Les insectes, en quelque sorte les oiseaux des invertébrés, pourvus comme eux de grandes ailes,