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Les autres espèces de marsouins semblent beaucoup plus sédentaires que l'espèce commune. Ainsi l’épaulard (phocæna orca), comme les baleines, est tout à fait relégué dans les mers du Nord, peut-être par suite de l'influence de l'homme. D’un autre côté, le beluga (phocœna leucus) se trouve à peu près uniquement sur tous les rivages de l’océan Arctique, vers l’extrémité orientale de la Sibérie, surtout aux embouchures des fleuves riches en poissons. Cette espèce ne parait pas descendre au delà du 80: degré de latitude australe. Elle n’en remonte pas moins fort avant dans les rivières, suivant les gros poissons, particuliérement les saumons, dont il se nourrit lors de ses migrations.
Quant aux cétacés , dont nous ne pouvons embrasser l’étendue d’un regard , les cachalots, les rorquals et les baleines, ils semblent moins voyager que les espèces dont nous venons de nous occuper. Leurs dimensions et la crainte de l’homme les ont forcés de se restreindre dans leurs habitations , et ent relégué la plupart de leurs espèces dans les mers polaires. Cependant les cachalots se trouvent aussi bien dans la Méditerranée que dans l’Océan, quoiqu'ils atteignent jusqu’à cinquante et soixante pieds de longueur, et même, suivant certains observateurs, de quatre-vingts à cent pieds. Cette double habitation annonce que ces
animaux se livrent aussi à des migrations. Rares
maintenant dans la Méditerranée, où ils sont connus sous les noms de campidoglio et de peis mular, ils paraissent en quelque sorte relégués dans l'océan Austral, c’est-a-dire, vers les mers du Sud et dans l'océan Pacifique. Ce qui prouve que leur instinct les porte à se livrer à des migrations analogues à celles des autres espèces de cétacés, c’est que jadis ils étaient moins rares dans les mers du Nord que de nos jours. Ils voyagent du reste en troupes nombreuses, poursuivant les plus gros poissons, tels que le requin, le lump, les dauphins, les phoques et mème les petites baleines. Nous ignorons si les rorquals, dont les dimensions égalent celles des cachalots, puisqu'on a rencontré des jubartes de soixante-dix à quatre-vingts pieds, se livrent à des voyages, ou si les espèces de ce genre sont tout à fait sédentaires. Probablement les rorquals qui vivent ordinairement dans les profondeurs des mers, et qui ne s’approchent jamais des rivages, ont aussi leurs époques de passage. Quant aux baleines franches , leurs habitudes ont été teilement modifiées par notre influence, qu'il est presque impossible de reconnaitre aujourd'hui leurs penchants primitifs. Ces animaux vivent maintenant réunis par paires, dans les mers du pôle boréal, où ils sont confinés. Ils ont fui devant nous; ils se sont réfugiés à l'abri des glaces du Groënland et du Spitzberg, dans le détroit de Davis, la baie de Baflin , et sans doute dans toutes
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les mers qui couvrent le globe, au nord du cercle polaire. C’est là que nous sommes forcés d’aller les chercher, et de triompher de ces animaux aussi bien que des glaces, entre les masses desquelles ils se tiennent constamment. On ne les voit plus descendre aujourd’hui vers le Midi, où ils se montraient pourtant dans les temps anciens. Il n’en parait non plus maintenant sur nos côtes, et la mer n’y en apporte plus les débris. À quoi donc pourrait-on attribuer un pareil changement, si ce n’est à notre influence. Nous les avons repoussés, pour ainsi dire, des mers où nous naviguons ordinairement vers celles dont le voyageur n’approche pas sans effroi.
Serait-ce par suite des migrations, que des delphinorhinques (mammifères marins de l’ordre des herbivores ou des cétacés ordinaires) auraient été aperçus par M. d'Orbigny dans les rivières de l’'Amérique méridionale. On pourrait le supposer d’après le genre de station général à cet ordre d’animaux, si M. d'Orbigny, à qui nous devons la connaissance de ce fait intéressant, n’avait fait observer que cette espèce était tout à fait nouvelle pour la science. Dés lors, on peut tout aussi bien admettre une pareille exception que la rejeter; on peut donc continuer à considérer les mers comme la seule station convenable pour des animaux d’une aussi grande taille que le sont le plus généralement les cétacés.
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