‹ Des causes des migrations des divers animaux et particulièrement des oiseaux et des poissonsChapitre 28 sur 117 · VI. De l'étendue des migrations des oiseaux · texte numérisé non relu

VI. De l'étendue des migrations des oiseaux

Les observations sont déjà assez avancées pour démontrer à quel point les migrations des oiseaux offrent en général de régularité, et en même temps l'étendue de la route qu'ils suivent dans leurs longues excursions. Plusieurs espèces parcourent à peu prés toutes les contrées du globe : telles sont les hirondelles et une espèce de martinet. Le premier de ces oiseaux part d'Egypte, va régulièrement au cap de Bonne- Espérance, comme des Etats-Unis d'Amérique aux iles Malouines, et retourne ensuite sans fatigue Jusque dans les contrées tempérées de l’Europe. Ce qui est bien plus extraordinaire, certains oiseaux nocturnes, comme l’effraie, en font de même. Ils se trouvent presque sur tous les points du globe, et n’offrent pas

de différence essentielle dans l’ensemble de leurs ca- , ractères, malgré la distance des pays où on les observe.

Du reste, les longs voyages auxquels se livrent les hirondelles ainsi que les pigeons, les tourterelles, les grues, et principalement la cigogne, ont été connus de tout temps. L’Ecriture nous les dépeint avec la plus grande exactitude, ainsi que ceux qu'exécutent les milans. Elle nous parle également de la régularité des retours de ces oiseaux au printemps, dés que la saison des frimas est passée.

Ce ne sont pas toujours les oiseaux qui jouissent de la plus grande puissance de vol, dont l'étendue des migrations est la plus considérable. Nous avons cité comme un exemple fameux du contraire, les perdrix et particulièrement la caille. Nous ajouterons à ces exemples l’échasse. Malgré la faiblesse de son vol, on la rencontre dans toute l’Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique. Si cet oiseau se trouvait dans la Nouvelle-Hollande, il habiterait tous les grands continents terrestres. On est moins surpris de retrouver les étourneaux sur presque toute la surface de la terre, ces oiseaux ayant un vol léger et soutenu. Ils sont si généralement répandus, qu'on les rencontre dans presque toutes les contrées, à l’exception pourtant de la Nouvelle-Hollande, et nous avons cherché à en expliquer les motifs.

La bécassine est encore une de ces espèces émi-

nl

nemment voyageuses, et que l'on retrouve aussi à peu prés partout. Nous isnorons si cet oiseau a été observé dans la Nouvelle-Hollande.

Ces faits annoncent que les habitations des oiseaux sont moins circonscrites que celles des autres animaux que leur conformation fixe particulièrement sur la terre. Il en est de même des autres vertébrés qui semblent leur disputer l'empire de l’air, comme les chauves-souris dont le vol ne leur permet pas de se livrer à de longues courses. Aussi ces mammifères volants ne quittent jamais les pays où ils ont pris naissance. On est donc peu étonné de voir Pietro della Valle affirmer que la plupart des oiseaux voyageurs traversent les mers et parcourent tous les continents dans leurs migrations (1).

Ilest non moins certain que les oiseaux mettent peu de temps à exécuter les plus longs voyages. L'observation de Belon, qui a trouvé du blé encore entier dans le jabot des cailles qui venaient d’Afrique (2), semble du moins le faire supposer.

Un autre sujet d’études qui se rattache aux migrations , et dont l’importance est bien grande pour la

solution de ce problème si compliqué, c’est celui re-

(1) Voyage, liv.n, chap. xvu.

(2) Belon, liv. v, pag. 265.

Page 1