‹ Des causes des migrations des divers animaux et particulièrement des oiseaux et des poissonsChapitre 37 sur 117 · II · texte numérisé non relu

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Echassiers.

1°Gralles.

Flamant (phœnicopterus Linn.).

Flamant rose | ( phænicopterus antiquorumTem.)

dionale, les autres l'Inde, etenfin il enest une qui vit dans l’Australo-Asie; mais ces oiseaux ne paraissent pas faire de voyages même accidentels en Europe.

Le flamant habite l'Europe, passe en Afrique et au cap de Bonne-Espérance ; il] paraît même pousser ses excursions jusqu’en Asie, et être répandu dans les deux hémisphères.

On assure même que cet oiseau habite toutes les contrées méridionales du nouveau et de l’ancien continent, et qu'il niche partout. Il arrive dans le.midi de la France aux approches de l'hiver, disposé en grand nombre en bandes triangulaires àla manière des grues. Il niche dans ces contrées quand les eaux sont abondantes, ayant l'habitude de déposer ses œufs dans les plages sablonneuses et désertes. On assure qu'il a les mêmes habitudes en Sardaigne, en Sicile et en Calabre, et qu'il en est de même de ceux qui émigrent accidentellement au delà du Rhin. Quoi qu’il en soit, cet oiseau est sédentaire dans le midi de la France, où il se trouve parfois en quantité fort considérable, comme par exemple , en l’année 1840, époque fameuse par le grand nombre d'oiseaux remarquables qui ont paru sur les côtes du midi de la France.

En Sardaigne, les flamants émigrent en grande partie vers la fin de mars pour reparaître constamment vers le milieu du mois d'août. Alors, du haut du bastion qui sert de promenade aux habitants de Cagliari, on voit arriver de l'Afrique des vols nombreux de ces oiseaux.

Disposés, comme les canards sauvages, en bandes triangulaires, ils se montrent d'abord comme une ligue de feux dans le ciel. Ils s'avancent dans l’ordre le plus régulier; à la vue des étangs voisins de Cagliari, qu'ils reconnaissent pour leurs anciens domaines, ils ralentissent leur marche et paraissent un instant immobiles dans les airs; puis traçant, par un mouvement lent et circulaire, une spirale conique renversée, ils atteignent le terme de leur émigration.

Brillant de tout l'éclat de leur parure flamboyante, etrangés sur une même ligne, ces oiseaux offrent un nouveau spectacle, et représentent très-bien une petite armée en ordre de bataille, ne laissant rien à désirer pour l’ordre et la symétrie.

Par un contraste aussi singulier que constant (dit M. de la Marmora dans son Voyage en Sardaigne) (1), aux flamants venus des

(x) Paris, chez Arthus Bertrand, 2e édition, Paris, 1840. Chez Jos, Bocca, 1839.

ORDRES. GENRES ET ESPÈCES. ÉPOQUES DES PASSAGES DES OISEAUX

IUT. régions australes succèdent de fort près les

ni ; oiseaux du Nord. Le mois d'octobre est à Echassiers. peine commencé que les cygnes, les oïes, et des milliers de canards arrivent en Sardaigne

1°Gralles. comme à un rendez-vous général. On dis-

tingue surtout le cygne et l’oie sauvage , les canards siffleurs, huppés , couronnés, et une foule d’autres espèces émigrantes qui viennent peupler les étangs de l’île et animer leurs ondes.

A la même époque paraissent en grand nombre les différentes espèces de hérons; les grèbes, les cormorans et les foulques sont plus nombreux en hiver. On y rencontre également, dans les roseaux qui bordent les marais, la brillante poule sultane, le porphyrion des anciens.

Nycticorax (ny- Le bihoreau habite les bois et les buissons cticorax Cuv.). des lieux humides de la plus grande partie 5 de l’Europe. Il est du moins commun en Bihoreau à man- Allemagne, en Hollande, en Angleterre et teau ( nycticorax| en France. Ilarrive daus le midi de la France ardeola Temm.). à l'époque du printemps, au commencement du mois d'avril, et quitte cette contrée sou— veut en automne. On assure que le bihoreau ypasse parfois l'hiver, et niche parmi nous.

Cette espèce dépose ses œufs aussi bien dans les rochers que dans les marais. Il paraît se trouver également dans l'Amérique septentrionale. Les individus que l’on rencontre dans cette contrée ne diffèrent pas de ceux que l’on prend en Europe, dans la Chine,

ainsi qu’au Japon.

Héron ( ardea| Le héron cendré habite les terrains entre- Linn ) coupés d’eau de la plus grande partie de Sas l'Europe; il se trouve même jusque dans les Héron cendré(ar- régions du cercle arctique. Cette espèce vit dea cinerea Term.) | dans le midi de la France ; elle y opère constamment deux passages, l’un en automne et l’autre au printemps. Ces passages réguliers ont souvent lieu en troupes fort nombreuses, etla font rentrer parmi les oiseaux émigrants. Le héron cendré, comme le pourpré, l’aigrette, la garzette et le blongios, pousse ses excursions dans toute l'Asie et jusqu'au

Japon.

Héron pourpré| Les mœurs de cette espèce sont à peu près 7 RTE les mêmes que celles de la précédente espèce. (rardea HP ES Laits ge ARE peu tan ent FR le Temm.). Nord, étant plus commune dans le Midi, où elle niche ordinairement. Quelques individus de ce héron pourpré passent l'hiver dans les régions méridionales de la France ; enfin ce héron paraît se rencontrer en abondance jusque vers les confins de l'Asie, et passe dans le midi de la France au commencement du mois d'avril.

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