‹ Des causes des migrations des divers animaux et particulièrement des oiseaux et des poissonsChapitre 38 sur 117 · IE · texte numérisé non relu

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Echassiers.

1o{ralles.

or it

po |

Héron aigrelle ({ ardea egretta Temm.).

Héron garzette (ardea garzetta Temm.).

Héron verany ( ardea verany

Temm.).

Héron grand butor (ardea stellaris Temm.).

Héron crabier ( ardea ralloides Temm.).

Héron blongios ( ardea minuta Temm.).

Cigogne (ciconia Briss.).

Cigogne blan-

ÉPOQUES DES PASSAGES DES OISEAUX, EL CS

Cet oiseau a les mêmes habitudes que les autres espèces du même genre. Il habite la Hongrie, la Pologne, la Russie, la Turquie et la Sardaigne. Cette espèce erratique, de passage accidentel dans quelques parties de l'Allemagne, ne se montre que l'hiver dans le midi de la France.

La garzette habite toute l'Asie; elle se montre en assez grande abondance dans la Turquie, tout l’Archipel, la Sicile, la Sardaigueet l'Italie. On la trouve du reste daus tous les pays qui bordent la Méditerranée.

Elle est de passage périodique en Suisse et en France, et accidentel seulement en Allemagne.

Elle passe d’une manière régulière dans le midi de la France, où l’on suppose qu’elle niche dans les marais. L'époque de ses passages est ordinairement dans la première quinzaine du mois de mai.

Cet oiseau, qui habite l'Afrique, mais principalement l'Egypte, le Sénégal, la Barbarie, se trouve parfois en Sicile et dans le midi de la France : du moins, on y rencontre quelques individus que l'on doit supposer égarés, ce héron ayant été aperçu constamment seul.

Le butor habite les marais ou les lieux à demi inondés de la plus grande partie de l'Europe. Il niche dans le midi de la France, et il dépose ses œufs au milieu des roseaux.

Cette espèce, beaucoup plus répandue que la précédente, se trouve en abondance vers les confins de l'Asie, de la Turquie, dans tout l’Archipel, en Sicile et en Italie. Elle est de passage accidentel dans quelques parties méridionales de l’Allemagne. Les passages qu’elle fait en Suisse et dans le midi de la France se composent d’un assez grand nombre d'individus. Les jeunes nousarrivent aussi bien que les vieux. De pareïlles mœurs annoncent que cet oiseau rentre dans les races aquatiques.

Ce héron habiteles contrées méridionales de l’Europe, où il niche. Le héron blongios est même assez commun en Hollande,et se montre de passage en Allemagne et en Angleterre.

La cigogne blanche se trouve en Europe, en Egypte, en Barbarie et dans l'Asie occidentale. Elle fait presque partout des migrations annuelles et périodiques. Celles qu'elle exécute dans le midi de la France ont lieu en automne et au printemps, en

Echassiers.

che (ciconia alba |général par troupes nombreuses. Quoiqu'elie

habite à peu près constamment le Nord pendant l'été, il n’est pas rare cependant d'en trouver au mois d'août dans le midi de la France. Peut-être, cet oiseau y est-il égaré, ‘ou y vient-il par suite de quelque cause par- {ticulière à nous inconnue.

Ainsi dans le courant de l'été de 1842, cette cigogne est venue s’abattre sur le pont de pierre de Lyon; elle s’est promenée en be sens jusqu’à la nuit sur le bord de l’eau, pêchant le goujon, et ne paraissant pas s’inquiéter de tout le bruit que le mouvement des passants faisait autour d'elle. Le lendemain, on nel'a plus revue ; elle avait repris Isa route aérienne pour aller dans d’autres climats.

Temm.).

ar

Cigogne noire} Loin d’habiter, comme la cigogne blanche, ( ciconia nigra les villes et les villages, la cigogne noire s’en- Temm.\ fonce, au contraire, dans les sombres forêts Je et les marais boisés. Elle est assez généralement répandue en Turquie, en Hongrie, en Pologne et en Suisse, se trouvant plus rarement en Allemagne et en France, et jamais en Hollande. On ne la voit du reste dans le Midi que l'hiver ; elle ne paraît pas y nicher. Ces deux espèces, dont les passages sont constants et périodiques, rentrent dans la classe des oiseaux émigrants.

Quant à la dernière espèce, la cigogne maguari de Temminck, elle ne paraît pas quitter l'Amérique, sa patrie.

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Grue (grus Pal-| La grue cendrée habite les contrées orien-

las) tales de l'Europe, comme la Pologne et la

G Les Suède, d’où-elle émigre l'hiver vers les ré-

rue cendrée|ions méridionales, et particulièrement en

grus cinereaTem.) Afrique. Cette espèce voyage par bandes

nombreuses disposées en triangle, et plus

souvent de nuit que de jour. Lorsqu'elle se

repose à terre, elle place toujours en avant

de la troupe des sentinelles avancées chargées

de l’avertir au moindre danger; aussi les

grues ont-elles de tout temps attiré l’atten-

tion par la longueur de leurs voyages et les

précautions qui les accompagnent. Ces oï-

seaux se font encore remarquer par la hau-

teur, l'étendue et la puissance de leur vol,

qui est si grande, qu'ils parcourent en peu

de temps des espaces immenses. Ils arrivent

à la fin de l'automne dans le midi de la

|France, y passent l'hiver, et d'autres pas-

sages ont lieu au printemps ; ils quittent

bientôt cette contrée pour s'élever vers les

{parties les plus septentrionales de l'Europe.

| Des mœurs à peu près pareilles distin-

|guent les deux autres espèces de grues, qui,

Pere la première, habitent en Europe et {sont également émigrantes.

em me

Echassiers.

1° Gralles,

GENRES ET ESPÈCES

Tourne - pierre (strepsilas Illig.).

Tourne- pierre

à collier (strepsilas |collaris Temm.).

Vanneau (vanellus Briss.).

Vanneau pluyier (vanellus me- | lanogaster Tem.).

Vanneau huppé (vanellus cristatus Temm.).

Pluvier (charadrius Linn.).

Pluvier doré (charadrius plu-

ÉPOQUES DES PASSAGES DES OISEAUX

Cet oïseau, qui fréquente principalement les bords des mers, des lacs et des rivières, est très-commun sur les îles de la mer Baltique et de la Norwége. Il est plus rare sur les rivières du centre de l'Europe, comme sur les lacs de la Suisse et de l'Italie. Il vit également dans l'Amérique septentrionale et méridionale, au Sénégal, et enfin au cap de Bonne-Espérance, n'éprouvant dans cet immense intervalle aucune différence dans ses caractères et ses habitudes.

Le tourne-pierre fait habituellement deux apparitions dans le midi de la France, l’une au printemps et l’autre en automne ; il y arrive le plus souvent seul ou par paires, ou bien mêlé aux vols des bécasseaux variables. Il y passe, du reste, une partie de l'hiver. Quelques individus de cette espèce poussent leurs excursions dans toute l'Asie et jusqu’au Japon.

Ce vanneau habite les bords de la mer des pays tempérés de l’Europe, où il est de passage plus ou moins accidentel. Il est plus commun en Hollande et en France qu'en Allemagne, et surtout qu’en Suisse, où il se montre moins fréquemment. Il paraît se ré— pandre en été dans le Nord jusque dans les régions du cercle arctique et sur les confins de l'Asie, où l’on assure qu’il niche.

Cette espèce erratique arrive dans le midi de ia France en automne ; elle y reste l'hiver. Néanmoins un second passage, non moins nombreux que le premier, a lieu au printemps. Cet oiseau, ainsi que le vanneau huppé, se livre à des émigrations fort étendues; car d’Europeil parcourt toute l'Asie et pénètre jusqu’au Japon.

Cet échassier habite l’Europe, l'Egypte et le Japon. Il arrive en France, et particulièrement dans le Midi, par grandes troupes, vers la fin de février ou au commencement de mars. La ponte a lieu en avril, époque à laquelle les vanneaux huppés cherchent les localités les plus favorables aux soins de leur progéniture. Au mois d'octobre, les familles de ces oiseaux, dispersées dans les champs marécageux, se rassemblent en bandes de cinq à six cents et émigrent vers le Sud.

La régularité des passages de ces deux espèces de vanneaux doivent les faire comprendre parmi les oiseaux émigrants.

Ce pluvier est commun dans les terrains fangeux et humides du midi et du nord de l’Europe. Il paraît être assez abondant à ses deux passages en Hollande et en Allemagne.

Il arrive dans le midi de la France, et en

ORDRES

EE

Echassiers.

10 Gralles.

GENRES ET ESPÈCES

vialis Temm. ).

Pluvier gui gnard (charadrius morinellus Tem.).

Grand pluvier à collier ( charadrius hiaticula Temm.).

Petit pluvier à collier (charadrius minor Temm.).

Pluvier à collier interrompu (charadrius cantianus).

ÉPOQUES DES PASSAGES DES OISEAUX

Sardaigne en automne; il y passe l'hiver :

mais au printemps il quitte ces contrées pour aller vers le Nord. Ces oiseaux volent par grandes bandes, suivent la direction des vents, et se tiennent rangés de front eur une même ligne horizontale. Lorsqu'ils s’abattent, ils se dirigent à peu près constamment le long du cours des eaux.

Cette espèce émigrante, ainsi que les pluviers à grand et à petit collier, quoique fréquentant principalement les contrées tempérées de l’Europe, n'en parcourt pas moins l'Asie, et arrive jusqu'au Japon, où elle séjourne plus ou moins longtemps.

Le guignard habite les lieux fangeux, soit de l’Asie, soit de l’Europe ; il est seulement plus abondant dans la première de ces contrées. Il est de passage en Allemagne et en France, et très-accidentellement en Hollande. En hiver il est assez commun dans l’Archipel, le Levant et l'Italie ; il est au contraire assez rare dans le midi de la France, où on ne le rencontre jamais qu'isolé. C’est ordinairement au commencement de l'hiver et au mois de mai que son apparition a lieu.

On assure que cette espèce erratique niche en Russie.

Cette espèce, assez répandue sur les bords de la mer et des fleuves, se trouve dans presque toutes les contrées tempérées de l'Europe. Elle est commune en Allemagne, en Hollande, en France et en Italie; elle pousse également ses excursions jusqu’en Amérique et au Japon. Cet oiseau passe régulièrement par petites bandes au printemps et en automne; mais, dans cette dernière saison, il est peu abondant. Au mois d'avril, les grands pluviers à collier se séparent, et on ne les rencontre plus alors que par paires dans les lieux qu'ils ont choisis pour leur résidence d'été.

Le petit pluvier a des mœurs à peu près semblables à celles de l'espèce précédente et le même genre d'habitation; seulement il est plus abondant dans les contrées méridionales que vers le Nord, et passe par petites troupes dans le midi de la France au

mois d'avril.

Quant au pluvier à collier interrompu {charadrius cantianus), il est également très-répandu dans le Nord ainsi que dans les Indes et les Archipels. 11 passe deux fois l’année daus le midi de la France, en automne et au printemps, et généralenient en petit nombre.

ORDRES

de . mme

GENRES ET ESPÈCES

ÉPOQUES DES PASSAGES DES OISEAUX

Echassiers.

1° Gralles.

Huîtrier (kæmatopus Linn.).

Huîtrier pie (hcæmatopus ostralegus Temm. ).

Echasse ( Himantopus Briss.).

Echasse à manteau noir (himan- {opus melanopterus Temm.).

Sanderling (calidris Ilig.).

Sanderling variable (calidris arenaria Temm.).

Cet oïseau habite les côtes maritimes de toute l'Europe pendant l'été et l'automne ; l'hiver, il se répand dans l’intérieur desterres humides, et pousse ses excursions jusqu’au Japon et au Sénégal.

Il vit sédentaire sur les côtes de la mer du midi de la France; quoiqu’un passage de cette espèce ait lieu au mois de mars, il en reste cependant quelques-uns dans le midi de la France pour y nicher. Lorsque l’huitrier pie veut entreprendre ses voyages périodiques, il se réunit le plus souvent en troupes assez considérables ; il est donc à la fois erratique et sédentaire, double circonstance qui, d’après les faits que nous avons déjà rapportés , se représente chez une infinité d’oiseaux , et dont l’œdicnème nous fournira plus tard un exemple remarquable.

Les autres espèces du même genre sont de l'Afrique ou de l'Amérique méridionale; mais elles ne paraissent pas dans les régions tempérées de l’Europe.

L'échasse est répandue dans les parties orientales de l’Europe, ainsi qu’en Asie, en Amérique, c’est-à-dire au Brésil, et enfin en Afrique, particulièrement en Egypte. Elle paraît nicher dans les vastes marais de la Hongrie et de la Russie, où elle émigre en troupes plus ou moins considérables. Il en est de même dans le midi de la France, où elle passe au mois d'avril, et ne nous quitte qu’au mois d'août. Cette espèce ne s’y trouve jamais qu’en assez petit nombre.

L’échasse, oiseau de passage dans quelques contrées du Midi, et jamais dans le Nord, est une espèce des plus répandues, quoique son vol soit lourd. Si on la découvrait dans la Nouvelle-Hollande, elle appartiendrait à toutes les régions de la terre ; ce qui prouve que la puissance et l’étendue du vol ne sont pas des conditions absolues pour déterminer une pareïlle universalité dans la dispersion des oiseaux.

Le sanderling est assez généralement répandu le long des bords de la mer sur toute l’étendue de l’Europe. Il niche dans les régions du cercle arctique, et se trouve très-fréquemment, en automne et au printemps, sur les côtes de la Hollande et de l'Angleterre. Cette espèce, fort rare dans le midi de la France, étend néanmoins ses excursions dans des contrées bien différentes et bien éloignées.

On la trouve à la fois en Asie, dans l’Amérique du Nord, ainsi que dans les îles de la Sonde et de la Nouvelle-Guinée, et enfin

jusqu'au Japon.

Échassiers.

19 Gralles.

20 Coureurs.

3° Alectorides.

GENRES ET ESPÈCES

OEdicnème («dicnemusTemm.).

OEdicnème criard ( œdicnemus

|crepitans Temm.).

Coure-vite (cursorius Temm.).

Coure-vite isa-

L'œdicnème habite les terres et les bandes incultes plutôt du midi que du nord de l'Europe. Il se montre peu communément dans les régions orientales. Cette espèce est de passage en Allemagne et très-accidentellement en Hollande. Quoique cet oiseau soit sédentaire dans le midi de la France, il n’yopère pas moins deux passages, l’un au mois de mars let l’autreau mois de novembre.Les œdicnèmes se réunissent pour lors en troupes plus ou moins nombreuses, et constamment la nuit.

Habitant de l'Afrique méridionale, le coure-vite parait étendre ses excursions jusqu’en Asie. Il se montre quelquefois en Europe et particulièrement dans le midi de

belle!{cursorius isa-|la France, où il est fort rare et ne se montre |bellinus Temm.).

Outarde ( otis Linn.).

Outarde barbue

qu'accidentellement. C'est une des espèces erratiques les mieux caractérisées.

L'outarde barbue est généralement moins commune dans le Nord que dans le Midi.

On la trouve en Dalmatie, en Italie et dans quelques parties de la France, où elle niche

(otis tarda Temm.) | ainsi qu'en Allemagne. Elle est rare en Hol-

Outarde canepelière (otis tetrao

Glaréole (olareola Briss.).

Glaréole à collier (glareola torquatæ Temm.).

lande et en Angleterre.

Cette espèce visite les contrées méridionales de la France pendant l'hiver ; elle y arrive de auit eten grande abondance lorsque la température est très-basse ; dans le cas contraire, on n’en voit pas une seule, ce qui prouve que les voyages accidentels des oiseaux sont principalement déterminés par la température, et en même temps à quel point ces animaux sont impressionnés par ses variations.

Cette espèce habite les lieux arides et découverts de la Turquie, de l'Afrique, de l'Italie et de l'Espagne. Elle ne se trouve jamaïs dans le Nord ; aussi est-elle rare en Allemagne et en Suisse. Elle passe accidentellement l'hiver dans le midi de la France, tandis qu'elle se montre régulièrement dans les départements

| de l’ouest de cette contrée, où elle fait son nid à terre, à la manière des gallinacés.

Cet oïseau habite le bord des mers, des lacs et des fleuves de l'Asie, de la Hongrie et de la Sardaigne. Il est de passage en Allemagne, en Suisse, en Italie et en France; mais très-rarement pousse-t-il ses excursions jusqu’en Hollande et en Angleterre. Cette glaréole arrive dans le midi de la France vers le milieu du mois d'avril, voyageant par petites troupes de quinze à vingt individus; elle quitte cette contrée dans les | premiers jours du mois d'août, époque où la | ponte est accompiie. Cet oiseau niche dans le Midi et appartient, comme le précédent, [aux races erratiques.

ORDRES. GENRES ET FSPÈCES. ÉPOQUES DFS PASSAGES DES OISFAUX,

EV, Dindon sauvage Nous avons déjà RS 2: que cette : : | espèce sauvage, souche des dindons domes- Gallinacés. (meleagris gallo- Le MEL l'Amérique septentrionale ; pavo Temm.). quoique son vol soit fort lourd, elle n'en fait

pas moins des excursions d’un canton à un

autre. Ces voyages paraissent déterminés

par le manque de nourriture dans celui

qu'elle avait choisi primitivement. Nous

ignorons si C’est par suite de circonstances

du même genre que cet oiseau seraitentrainé

accidentellement jusqu’en Sicile; ce fait si

extraordinaire mérite d’être confirmé par

des observations bien positives, pour être

admis comme exact et hors de toute contes-

FL oab

Quoi qu'il en soit, cette espèce, essentielle- | ment sédentaire, devient quelquefois erratique, par suite de circonstances qui la forcent

|à se déplacer et à faire des excursions, mais | généralement d'une petite étendue.

Faisan (phasia-! Le faisan habite les provinces méridionus Linn ) nales des confins de l'Asie, et se trouve égas Ge : lement dans plusieurs contrées boréales de Faisan vulgaire |j'Allemagne, de la Hollande, de l'Angleterre (phasianus colchi-|et ae Dane? derniers proviennent probablement de la Corse, où cet oiseau se cus Temm.). trouve assez habituellement. Des individus isolés et probablement égarés passent parfois dans le midi de la France; du reste, le faisan se trouve en abondance dans le Caucase et les plaines couvertes de jones qui en- {tourent la mer Caspienne, On croit généra- {lement que son introduction en Grèce date de l'expédition des Argonautes aux bords du Phase ; depuis lors, le faisan a été recher- | ché à cause de la bouté de sa chair. Le nom anglais de cet oiseau, pheasant, rappelle beaucoup mieux que son nom français qu'il Ft originaire des bords du Phase.

Tétras (tetrao| (Cette espèce vit au milieu des bois et des Linn ) x montagnes où croissent des pins, des sapins, “à É des bouleaux et des coudriers; aussi est-elle Tétrasgelinolle |connue vulgairement sous le nom de poule

( etrao bonasia | de coudrier. Elle se trouve principalement Ten ) sur les hautes montagnes des Pyrénées, du 5 qe Dauphiné et de la Provence. Quoique rare dans les plaines du midi de la France, elle y vient cependant parfois, à des époques plus ou moins éloignées, toujours l'automne ou hiver. En 1839, un assez grand nombre de ces gelinottes fut aperçu dans le département de l'Hérault. Elle niche uniquement | dans les hautes montagnes, faisant son nid {au milieu des bruyères et des buissons, dans À { des lieux solitaires qu’elle choisit de préfé-

rence.

ORDRES

IY, Gallinacés.

GENRES ET ESPÈCES

Le grand coq de bruyère (tetrao urogallus).

Tétras plammigan ou lagopède ordinaire ( tetrao lagopus Linn.).

Ganga (pterocles

Ganga cata

(pterocles setarius Temm.).

Perdrix (perdix Latham).

Perdrix bartavelle (perdix saxatilis Temm.).

ÉPOQUES DES PASSAGES DES OISEAUX

EE

Le grand coq de bruyère ({etrao wrogallus), assez rare dans le nord de la France, se trouve néanmoins dans les forêts des hautes montagnes, depuis l'Allemagne jusqu’au nord de l'Asie. Quant au petit coq de bruyère ({etrao tetrix Linn.), il est plus répandu dans les parties centrales de l'Europe que partout aïlleurs. On le trouve en plus grand nombre en Allemagne et en France que le grand coq de bruyère.

Cette espèce habite l'été les montagnes les plus élevées de la Suisse et des Pyrénées, et descend en hiver dans les régions moyennes de ces montagnes. Elle est assez com-— mune en Suède, en Laponie, en Ecosse et dans le nord de la Suisse. On la trouve également en Amérique; elle n’y diffère pas des lagopèdes d'Europe.

Les autres espèces de ce genre ont les mêmes habitudes, et l’une d'elles, le tétras des saules, se trouve à la fois en Amérique et en Europe; celle-ci serait erratique comme la précédente, tandis que le grand et le petit coq de bruyère paraissent être sédentaires.

Cet oiseau habite les lieux arides et incultes des contrées méridionales de l'Espagne, de la Sicile, de l'Italie, et dans tout le Levant. Il est commun en Perse, ainsi que dans les plaines stériles de la Provence, particulièrement dans celle de la Crau, qu’il habite en grand nombre toute l’année. Quelques individus s’égarent parfois dans les plaines du Languedoc, soit qu'ils y viennent des Pyrénées orientales on de la Provence, où ces oiseaux nichent assez habituellement.

L'autre espèce de ce genre, le ganga unibande, est plus généralement répandue, quoiqu'elle ne se montre pas en France. Elle se trouve cependant en Espagne, en Sicile et en Turquie, ainsi que dans l'Asie méridionale et les déserts de l’Afrique.

La bartavelle habite la Grèce, ainsi que quelques parties méridionales de l’Allemagne, du Tyrol, de la Suisse, de l'Italie, et jusqu'en Turquie. Elle n’est pas rare sur les hautes montagnes du Jura et des Pyrénées, d'où elle descend en hiver dans les régions moyennes des montagnes. Elle est fort rare dans le midi de la France, peutêtre parce qu'elle est fort recherchée par les chasseurs; quoi qu'il en soit, cet oiseau niche dans le Jura et appartient aux espèces erratiques,

Gallinacés.

réri La perdrix rouge habite les plaines de Perarix rouge bitalig et de la Fred méridiondlé où elle ( per dix rubra niche constamment vers le milieu du mois Temm.). de mars. Elle fréquente peu le nord de la France et la Hollande, ne se trouve jamais en Allemagne, et rarement en Suisse, Comme nous avons déjà parlé des migrations de cet oiseau, il nous paraît inutile d'y revenir, {ainsi que sur celles auxquelles se livre par- {ticulièrement la caille. Nous dirons seulement que, quoique le vol de cet oiseau soit lourd, il n'en pousse pas moins ses excursions en Asie et jusqu’au Japon.

| Perdrix grise À ice EE habite jee fort avant | er Cet : ans le Nord, et pousse ses courses jusqu’en K perdix cinerea Egypte et en Barbarie. Elle est de passage |Temm.). dans certains pays, et sédentaire dans d’autres. Quant aux migrations auxquelles se | livre cet oiseau, elles ont lieu en automne, | par bandes composées de plus de cent à | deux cents individus. Le vol de la perdrix | grise pouvant être longtemps soutenu, leurs | migrations sont généralement lointaines.

Cette espèce, assez rare dans le midi de | la France, est tantôt sédentaire et tantôt erratique ; elle n’est commune que dans le | nord de cette contrée, où elle remplace la perdrix rouge. On ne la voit guère dans le | Midi que pendant l'hiver à l'exception de | celles qui y nichent. Du reste, elle se tient en troupes plus ou moins considérables | jusqu'au mois d'avril, dans les pays tempérés, même froids, qu’elle recherche de préférence ; mais, passé cette époque, ces oiseaux se retirent par paires dans les lieux écartés | et solitaires, et passent l'été en monogamie ou par couples séparés.

| Caille ( perdix| La caille habite l'été plusieurs contrées : de l'Europe ; en hiver elle émigre en Egypte, coturnix Latham) * [d’où elle se répand en Asie, en Syrie et dans d’autres pays de l'Orient. La caille, fameuse par l'étendue de ses migrations, quoique son vol soit lourd, arrive dans le midi de la France au commencement d'avril, où elle niche bientôt après sa venue; car dès la première quinzaiae de mai on voit déjà des caïlleteaux. Vers le milieu des mois d'août et de septembre, elle fait un second passage, et quitte les provinces méridionales de la France au commencement de l'hiver, pour aller dans des pays plus chauds; néanmoins quelques individus y demeurent tout l'hiver, et, à raison de cette circonstance, on les désigne en patois languedocien sous le nom d'hivernenques.

Les caïlles qui nous viennent chaque année s’en retournent avec la même régularité en Afrique. Mais ce n’est pas là que ces oi-

EE

ORDRES, GENRES ET ESPÈCES, ÉPOQUES DES PASSAGES DES OISEAUX

IV. seaux bornent leurs voyages; îls en exé- Gallinacés cutent en effet de plus étendus, et parcou-— d rent pour ainsi dire le globe entier.

Comme nous avons tracé la route que suivent les caïlles dans leurs longues excursions, nous croyons inutile d’ajouter quelques détails à ceux que nous avons donnés dans l'explication de notre carte. Nous y renverrons donc ; ils seront sans doute suffisants pour en faire comprendre toute l’importance et toute l'étendue,

Il règne encore de grandes incertitudes, non pas précisément sur le passage des cailles, maïs sur les lieux d’où ellesarrivent, et sur ceux où elles vont passer l'hiver lorsqu'elles quittent les régions tempérées. On sait que ces oiseaux nous viennent d'Afrique, et qu’en Egypte et sur les côtes de Barbarie ils sont de passage, comme sur celles du midi de la France. Si à leur départ des provinces méridionales elles franchissent également les contrées africaines, elles parviennent bientôt sous la ligne; car il y a une moindre distance de l’équateur au nord de l'Afrique que de cette contrée au nord de l’Europe, et jusqu’en Islande et en Norwége, où l’on trouve encore des caïlles. Une fois sous la ligne, ou l'ayant dépassée, elles vont chercher un climat plus tempéré, indifféremment vers le Midi ou vers le Nord, selon le vent le plus favorable.

Aussi la plupart des navigateurs ontils rencontré les caïlles dans la mer du Sud et dans la mer des Indes, comme sur tous les points de la terre. Levaillant a observé au cap de Bonne-Espérance des passages considérables de cailles de la même espèce, et peut-être les mêmes qu’ilavait déjà vues en | Europe. Que de chances pour leurs stations et pour la quantité qu’il peut s’en diriger annuellement vers la France.

Outre leurs migrations à des époques fixes et invariables, qui font de ces oiseaux des espèces essentiellement émigrantes, lescailles sont encore assujetties à des déplacements forcés, occasionnés par la sécheresse ou le manque de nourriture. Comme une foule d’autres oiseaux, elles n’aiment pas les lieux secs et arides ; aussi, comme il est rare dans le midi de la France qu'il n’y ait pas deux ou trois mois de sécheresse en été, quoique les cailles y soient souvent abondantes au commencement de mai, elles abandonnent bientôt cette région dès que la sécheresse commence. On ne les revoit plus ensuite en certain nombre qu’au mois de septembre; celles-ci sont les caïlles du passage qui « lieu à cette dernière époque.

Cette fuite momentanée est avantageuse à la multiplication de ces oiseaux ; la récolte

SRE oo

ORDRES, GENRES ET ESPÈCES

ÉPOQUES DES PASSAGES DES OISEAUX

Gallinacés.

Turnix tachydrome ({

dius tachydromus

Temm.).

des fourrages a lieu, dans les provinces méridionales de la France, au mois de mai, et la moisson en juin ; la plupart des couvées auraient été détruites avant que Jes petits fussent éclos. Mais si, pendant la sécheresse, il survient une pluie abondante, le lendemain ou quelques jours après on entend chanter un assez grand nombre de cailles dans les lieux qu'elles avaient naguère abandonnés.

Cette circonstance prouve combien est er— ronée l'opinion de ceux qui prétendent que le nombre des caïlles diminue. Cette diminution supposée est occasionnée par la sé— cheresse de certaines années : du moins dans celles qui sont humides, on prend tonjours ces oiseaux par milliers, ce qui à eu lieu pendant deux années consécutives (1837 et 1838), et s’est répété toutes les fois que des pluies ont été abondantes.

Les caiïlles diminuent si peu, que pendant l’année 1842 elles sont arrivées sur les côtes du Roussillon en nombre immense.Leur quantité y a été si considérable qu’elles se sont vendues sur le marché de Perpignan depuis vingt jusqu'à trente centimes. Les revendeurs ont trouvé leur compte , en les portant à Montpellier, où ils en ont trouvé de quarante à quarante-cinq centimes. A Ja vérité l’année 1842 s’est fait remarquer par un printemps très-pluvieux , ce qui est fort rare dans le midi de la France.

Cette circonstance n’a pas été la cause de l’arrivée de ces cailles printanières. Car, si leurs passages ont été nombreux dans le Roussillon , ils ont été au contraire peu abondants en individus dans le Languedoc, qui est cependant si rapproché de cette province.Ainsi, une année, une espèce émigrante est extrêmement commune dans une localité, et fort rare au contraire daus une autre; mais il ne faut pas admettre de cette circonstance, que telle ou telle espèce diminue ; car de pareils faits il faut les embrasser dans leur ensemble , et non dans quelquesuns de leurs détails.

La caille est un oiseau fameux dans l’Ecriture. Il en arriva une quantité si prodigieuse dans le camp des Israélites que toute l’armée des Hébreux s'en nourrit. Il paraît, d’après Josèphe, qu’elles sont extrêmement communes aux environs de la mer Rouge.

Cet oiseau habite le midi de l'Espagne et

hemipo- la Sicile ; il n’a pas encore été aperçu dans

le midi de la France, mais seulement dans les parties les plus septentrionales de l'Afrique. Une autre espèce du même genre, le turnix à croissants (hemipodius lunatus) habite à [peu près les mêmes lieux. Elle paraît avoir [également les mêmes habitudes que la pré-

ORDRES

Gallinacés.

GENRES ET ESPÈCES

Pigeon ramier (columba palumbus Temm.).

ÉPOQUES DES PASSAGES DES OISEAUX

cédente. L'inconstance et l'irrégularité des passages de ces deux turnix est si grande, que ces oiseaux doivent être considérés comme erratiques.

Le ramier habite jusque vers le Nord ; mais il est plus abondant dans les contrées méridionales, où il vit dans les bois et les forêts. Il est de passage dans les pays froids et tempérés, et sédentaire dans les pays chauds. Aussi trouve-t-on le ramier l’été en Suède, en Russie et jusqu’en Sibérie.

Néanmoins les ramiers passent en assez grand nombre dans le midi de la Franee, pendant les mois d'octobre et de novembre.

Il en reste peu l'hiver ; mais, au mois de février ou de mars , ils reparaissent de nouveau, par petites troupes, ou par paires ; quelquefois même, ils voyagent isolément, mais ceci a lieu du reste fort rarement.

Les passages des pigeons dans les Pyrénées, attestés par un assez grand nombre d'observateurs, et sur lesquels M. Jubinal , professeur à la faculté de Montpellier, a publié récemment une note détaillée, sont environnés de circonstances assez particulières pour mériter d’être décrits.

Depuis la fin d’août jusqu’à la mi-septembre, les ramiers (columba palumbus Linn.) exécutent en grandes troupes leurs passages dans Ja vallée de Saint-Pé, Ces oiseaux ne s'élèvent pas à une grande hauteur en traversant les montagnes des Pyrénées, peut-être à raison des neiges qui en couvrent à cette époque la plupart des cimes. En eflet, rare ment ces hauteurs, supérieures au niveau des neiges perpétuelles, n’en sont-elles pas couronnées ; il faut des chaleurs bien extraordinaires , pour qu'elles en soient totalement dépourvues. Aussi les ramiers, comme cela a lieu pour les cailles, suivent à peu près constamment la ligne des collines, jusqu’au point où la chaîne s’abaisse, c'est-àdire, au bout de la vallée de Saint-Pé.

Les montagnards, qui ont observé les habitudes de ces oiseaux, ont cherché à en profiter pour s’en emparer : pour cela ils ont établi sur le lieu de leurs routes , sortes d’endroits privilégiés, des cabanes où ils s'étaolissent et se cachent en sentinelles avancées. Si les ramiers volent directement vers la gorge en demi-cercle, à l'extrémité la plus élevée de laquelle des filets ont été tendus, et que ces oiseaux doivent franchir pour sortir de cette enceinte, on les laisse sy engager. Si au contraire ils veulent s’en écarter et passer ailleurs, les senti nelles s'efforcent, par leurs gestes et leurs eris, de les faire rentrer dans le demi-cerele où des filets ont été placés.

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Il arrive parfois que, parvenus à l’extrémité de la gorge , les ramiers soupçonnent quelque piége. Pour l’éviter, ils cherchent à s'élever en l’air ou à retourner en arrière ; mais des chasseurs, placés sur de grands trépieds, lancent au-dessus d’eux un bâton en forme de croix, recouvert d’un léger enduit de chaux, et par conséquent d’un blanc fauve assez éclatant.

A l’aspect de ce bâton, lancé en l’air avec violence , les ramiers croient voir l’épervier fondre sur eux, et dans leur frayeur ils s’abattent le plus près de terre possible. Ils rasent pour lors le sol avec vitesse , et vont donner tête baissée dans le filet, qui lâché à leur approche, au moyen d'une petite corde que tire le chasseur suspendu dans le trépied , tombe sur la troupe et la recouvre de ses mailles. De cette manière on prend dans la saison plusieurs milliers de ces oiseaux voyageurs; l'homme les arrête ainsi au milieu de leurs courses vagabondes , et, par suite de leur instinct, ils reviennent l'année suivante éprouver les mêmes périls et succomber sous les mêmes dangers.

Le vol de ces pigeons n’a pas, du reste, une aussi grande rapidité que celui des pigeons sauvages (colwmba migratoria). On assure que cette espèce et quelques oïes sauvages parcourent, sans se fatiguer, jusqu’à quarante milles par heure, et font sans se poser à terre, un vol de quatre cent quatrevingts milles ou cent soixante-dix lieues Ainsi ces oiseaux peuvent en un seul jour, se rendre de Charles-Town, jusqu'aux établissements les plus septentrionaux des Etats-Unis. Cette rapidité expliquecomment quelques pigeons tués dans les Etats du Nord avaient encore dans leur jabot des grains de riz qui n’étaient pas digérés, et qu'ils avaient dû manger la veille dans la Caroline, ou dans la Géorgie. On cite aussi l’exemple d’un faucon envoyé au duc de Lerme , qui retourna en seize heures d'Espagne à l’île de Ténériffe , bien que la distance soit de sept cent cinquante milles.

Les pigeons ne sont pas chassés des pays froids, que certains individus de cegenre habitent, par l’abaissement de la température, mais plutôt par le défaut denourriture qui se fait sentir dansles lieux où ils avaient primitivement fixé leur séjour. Buchmand tient la première de ces opinions pour erronée, et assure avoir vu au Canada de nombreuses bandes de pigeons, pendant un hiver excessivement froid. A la vérité cet hiver succédait à un automne où les fruits et les semences dont ces oiseaux se nourrissent avaient été très-abondants, en sorte qu'il paraît, d'après ces faits et ceux que nous

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avons consignés dans cet ouvrage, que le manque d'aliments oblige bien plutôt les oiseaux à se transporter d’un pays dans un autre, que le changement dans la température.

Les faits que nous venons de rapporter, sur la rapidité du vol des pigeons, acquièrent une nouvelle probabilité, d’après ceux qui se trouvent consignés dans {a Presse de Seine-et-Oise. D'après ce journal, le dimanche % juillet 1841, une nouvelle expérience de pigeons voyageurs eut lieu à Versailles. La veille on avait reçu à la mairie quarante pigeons expédiés par la société d'amateurs établie à Berchem près d’Anvers.

Ces oiseaux étaient arrivés à Versailles par la diligence, renfermés dans un grand panier, par conséquent sans avoir pu acquérir par eux-mêmes la moindre notion du chemin qu'ils avaient parcouru et de 14 direction qu'ils avaient suivie. Le lendemain, à sept heures et demie du matin, on en a lâché trente-neuf à la fois, de la cour de la mairie, après avoir eu la précaution de leur apposer une estampille contenant la note du moment de leur départ.

Le quarantième s'était échappé quelque temps auparavant , et avait pris sa volée, en brisant un carreau. La troupe emplumée, une fois en liberté, s’est élevée à une grande hauteur, en décrivant un grand cercle, et après avoir reconnu la position, par le merveilleux et inexplicable instinct qui leur est propre, les trente-neuf oiseaux se sont élancés dans la direction convenable (nordnord-est). D’après la nouvelle que l’on en a reçue , le premier pigeon est parvenu à son colombier à mid-quinze minutes; trentecinq autres sont successivement arrivés à quelques minutes de distance ; celui qui s’était évadé n'y a été rendu que dans la soirée.

Ces’oïseaux ont donc parcouru en quatre heures quarante-six minutes à cing heures dix minutes, un espace d'environ soixantequinze lieues en ligne directe, ce qui égale la plus grande vitesse des chemins de fer, en supposant qu'ils puissent parcourir une pareille distance sans s’arrêter. Dès le même jour, trente-deux pigeons de ceux qui arrivaient de Versailles étaient déjà en route pour une autre excursion.

Si ces faits sont exacts, comme tout porte à le supposer, il en résulterait que les plus longs voyages, exécutés même avec la plus graude célérité, ne sauraient fatiguer les oiseaux. D'un autre côté, ils pourraient faire supposer, avec d'autres faits que nous avons énumérés , que les bandes voyageuses de ces animaux s'égarent beauçoup moins

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