X AVANT-PROPOS
chir, sans hésitation, les plus grandes distances, lorsque aucun besoin pressant ne les y engage et ne les y contraint.
Sans ces deux conditions, les animaux errent bien d’une contrée à l’autre, mais ce n’est point à une migration proprement dite. Enfin, lorsque l’agilité leur manque, et que leur organisation ne les porte pas à se déplacer, alors seulement ils sont stables et sédentaires.
Telle est en abrégé l’histoire d’un phénomène qui met en quelque sorte une grande partie des êtres vivants dans un mouvement continuel. Ces migrations, par suite de desseins dont nous ne savons pas comprendre toute la portée, s’exécutent avec une régularité non moins remarquable que leur constance.
Pour apprécier à leur juste valeur les causes qui portent tant d'animaux à faire de longs voyages, nous avons eu recours aux lumières des personnes qui, par goût ou par état, se sont livrées à un pareil ordre de recherches. Nous en avons obtenu, avec une bienveillance faite pour nous flatter, des renseignements précieux.
Si des circonstances impérieuses ne nous forçaient au silence, nous serions heureux de pouvoir leur en manifester toute notre gratitude. Du moins parmi les hommes qui nous ont été utiles sous ce rapport, il en est plusieurs que nous pouvons nommer. Ils voudront bien agréer le faible tribut de nosremerciments.
Ainsi, nos idées sur les migrations des oiseaux se sont singulièrement étendues dans les entretiens que nous avons eus avec M. Lebrun, habile ornithologiste de Montpellier, et M. Poortman, conservateur du musée zoologique de Lyon. M. Rey-Lacroix, auquel ses fonctions ont permis de s'occuper avec zèle des passages des poissons, nous a fourni également quelques détails précieux ; nous ne saurions trop lui en témoigner notre reconnaissance.