IV. La brème (cy- Abdominaux. |prinusbramaLin
La brème fraye au printemps, vers la fin d'avril lorsque l’année est chaude. C’est seu lement en mai et juin lorsque la température est peu élevée. Cette espèce paraît rester constamment dans les lieux qui l'ont vue naitre. Elle n'émigre donc pas.
Le barbeau commup(cyprinus barbus Linn.).
Le barbeau est encore un de ceux qui habitent constamment les mêmes lieux. Il ne se livre à aucune sorte de migration. On le trouve constamment dans les eaux courantes, préférant les plus rapides et celles dont le fond est caillouteux. On le voit l’hiver s'enfoncer sous les rochers ou au-dessous des troncs d'arbre qui croissent sur les rivages des fleuves où il vit. Cette espèce frayeà peu près à la même époque que la précédente.
Saumon (salmo salar Linn.).
Le saumon est un poisson de mer fameux par ses migrations, dont la périodicité et la constance sont un des points les plus remarquables de son histoire. Il arrive de l'Océan au printemps, pénètre dans les fleuves qui y ont leurs embouchures, où il remonte souvent fort avant. Il rentre toujours pendant l'hiver dans le bassin de l'Océan, qu'il ne quitte qu'à l'époque du frai.
Ces poissons voyagent constamment en troupes nombreuses disposées sur deux lignes formant comme les côtés d’un triangle.
On les voit remonter dans les rivières rangés en deux colonnes réunies en avant et dirigées par la plus grosse femelle, qui ouvre la mar— che. Les plus jeunes et les plus faibles des mâles sont à l’arrière-garde. Les saumons, ainsi rangés en quelque sorte en bataille, nagent en général avec grand bruit au milieu des fleuves et près de la surface de l'eau lorsque la chaleur est considérable. Si la température est basse et peu élevée, ils se tiennent dans la profondeur de l’eau.
Ils avancent ainsi dans les fleuves où de nouveaux besoins les appellent. Maïs si quelque danger vient à les menacer, ils nagent avec la plus grande rapidité pour l'éviter. On suppose qu'ils peuvent parcourir facile [ment huit à dix lieues par heure. Leur vitesse serait donc aussi grande que celle des moyens les plus rapides que l’homme doit à [son génie , tels que les chemins de fer et les [bateaux à vapeur.
| On ne voit jamais de saumons dans la Méditerranée, mais uniquement dans l'Océan. Ils affectionnent surtout le voisinage de l’em- {houchure des grands fleuves, dont ils habitent les eaux rapides pendant une grande partie |de l’année. Ils frayent en mars et en avril, [quelquefois même plus tôt, ce qui du reste est [assez rare. Ces poissons se font encore re-