‹ Des causes morales et physiques des maladies mentales et de quelques autres affections nerveuses, telles que l'hystérie, la nymphomanie et le satyriasisChapitre 14 sur 33 · INFLUENCE DES AGES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES AGES

Nous avons vu que les causes de folie jusqu’à présent énumérées tendaient à déranger l’organisation du cerveau par l’exercice même de ses fonctions. Notre chapitre de Y influence des âges va jeter un nouveau jour sur la question qui nous occupe, en démontrant d’une manière incontestable que les périodes de la vie les plus favorables à cette maladie sont précisément celles où le cerveau est le plus en activité.

Il est dans les sciences de ces esprits sévères qui, redoutant l’artifice du raisonnement, ne veulent point de sa lumière ; l’expérience d’un seul homme leur est d’ailleurs suspecte ; les faits intéressants mais isolés qui confirment ses assertions ne mènent à aucun résultat. Leur incrédulité veut être forcée , et, pour l’ébranler ou la détruire, il faut leur présenter une masse d’observations telle, qu’on puisse, dans le sujet qu’on traite, tout réduire à un simple calcul, afin d’étabbr des vérités mathématiques seules capables d’occuper leurs moments et de frap-

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per leur pensée. C’est pour satisfaire ces intelligences privilégiées, et donner en même temps à mon sujet un plus haut degré d’intérêt, que je vais offrir à mes lecteurs les relevés publiés , tant en France qu’en Angleterre, sur le sujet qui nous occupe, par MM. Haslam, Pinel, Esquirol et Fodéré,

Ils y verront que les maladies mentales commencent à paraître à la puberté, époque où, comme on le sait, l’homme semble sortir toutà-coup d’un long sommeil pour ouvrir son âme à des impressions multipliées et satisfaire les sentimeets et les penchants dont la nature l’a gratifié, mais qui bien souvent par leur violence lui font perdre la tranquillité dont il avait joui jusqu’alors ; que ces mêmes maladies augmentent dans les âges suivants, où son existence morale est la plus étendue passible, où, membre actif du corps social, il met en jeu toutes ses puis-^ sances intellectuelles, et qu’elles diminuent enfin à mesure aussi qu’arrivé à l’apogée de sa vigueur, il est ramené par le cercle de la vie à la faiblesse de l’enfance, et qu’il retombe par degrés insensibles dans la nullité physique et morale qui la caractérise.

DES AOES.

Sur 1664 aliénés admis à l’hospiçe de Bedlam, de 1784 à 1794? il y eut:

De 10 à 20 ans. . . .

113 individus.

De 20 à 3o.

QO

De 3 o à 4o.

De 4o à 5o.

De 5o à 60.

De Ôo à 70.

Total. . . . .

Sur 1 2o3 aliénés renfermés dans l’hospice de

Bicêtre, de 1784 à 1793, il y

eut :

De i5 à 20 ans. . . .

65 individus.

De 20 à 3 o .

De 3o à 40.5

De 4o à 5o.

De 5o à 60 .

De 60 à ».

Total.

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