‹ Des causes morales et physiques des maladies mentales et de quelques autres affections nerveuses, telles que l'hystérie, la nymphomanie et le satyriasisChapitre 18 sur 33 · DEUXIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME OBSERVATION

Une personne de vingt-sept ans, et d’un caractère très sensible, vient à éprouver des chu’grins profonds et une suppression brusque de Vécoulement périodique; les deux époques suivantes furent marquées par un léger délire; mais au troisième mois, désordre extréma dans les idées, et conviction intime de l’aliénée que certains penchants pervers qui la subjuguent ne peuvent être attribués qu’à la suggestion du démon ; elle se croit dès lors possédée, se rend successivement dans plusieurs maisons, demande à grands cris dëtre exorcisée, et ne cesse de répéter les mots de diable, d’exorcisme, des sept anges de l’apocalypse, etc. Son visage est rouge, sa voix forte, les yeux brillants et éga-?

^ Esquirol, Journal général de médecine.

SUPPRESSION DES RÈGLES. IsS

rés ; elle attribue un resserrement spasmodique quelle sent à la gorge aux efforts que fait l’esprit malin pour l’étrangler. Des chapelets, des images mystiques, sont suspendus à son cou pour éloigner tous les malheurs qui la menacent, et c’est dans cet état qu’elle fut conduite à la Salpêtrière. Le directeur de l’hospice, lors de l’admission de cette aliénée, lui parle d’un ton ferme et énergique. Il l’assure que jamais le démon n’a osé entrer dans cet asile qu’elle vient habiter; il la prend lui-même sous sa protection immédiate et lui fait donner des habits qui, suivant lui, ont la vertu de dissiper-toute espèce de sortilège : ses chapelets et ses images sont soigneusement éloignés de sa vue, et on l’exhorte d’être dans une pleine et entière sécurité; Valiénée ne fait aucune résistance, se couche et dort d’un sommeil tranquille. Le lendemain, dixième jour du délire maniaque, il ne lui reste qu’une sorte d’étonnement dans la tête. Elle ne connaît plus comment elle avait pu croire être possédée, et reconnaît alors son erreur. Le onzième jour, sommeil tranquille une partie de la nuit; excrétions libres; le quatorzième jour, un peu d insomnie, soif, sueur ; \usage des bains tièdes seconda le retour de Vécoulement périodi- ,que, qui eut lieu le vingt-huitième jour. Depuis

cette époque, les idées tristes et mélancoliques et les retours irréguliers d’un délire fugace se dissipèrent par degrés, et ce ne fut que vers le troisième mois que la raison fut entièrement rétablie

Page 1