DE LA NYMPHOMANIE ET DU SATYRIASIS
On place encore aujourd’hui le siège de la nymphomanie et du satyriasisdans l’appareil de la reproduction. M. le docteur Louyer-Villermay a sous ce rapport une telle conviction, qu’il pense que chez les nymphomanes on peut appliquer à lutérus ce que d’autres médecins non moins exclusifs ont dit de l’estomac : Prœses sjstematis nervosi. (Yoyez l’article que ce médecin distingué a publié sur ce sujet dans le grand Dictionnaire dès sciences médicales. ) Dans l’article Satyriasis du même ouvrage, que nous devons au docteur Rony, c’est aussi à l’ascendant des organes reproducteurs que l’on attribue les égarements et la lubricité des personnes affectées de cette dernière maladie.
Je vais chercher à prouver que ces vésanies n’ont ni leur origine ni leur siège dans les parties sexuelles. Je n’ai pas besoin de rappeler en cet endroit les faits que j’ai accumulés dans diffé-
ET DÜ SATTRIASIS. 2l^l
rents passages de ce livre et qui rendent incontestable la puissance du cerveau sur les organes génitaux; il doit me suffire d’entrer dans quelques considérations générales, et de remettre sous les yeux des lecteurs une partie des observations particulières sur lesquelles nos devanciers ont appuyé leur système pour démontrer que c’est dans le cerveau qu’il faut chercher tout ce qui a rapport à l’instinct de la reproduction tant dans l’état de santé que dans l’état de maladie, et que c’est en agissant sur cet organe que l’on peut espérer d’en modifier les diverses manifestations, et de fournir conséquemment à la thérapeutique des ressources plus nombreuses et mieux entendues.
Chez la masse des individus le penchant à la reproduction se manifeste à l’époque de la puberté. Comme tous les autres sentiments et penchants, il tient à l’organisation, et, indépendamment des circonstances extérieures qui d’ailleurs peuvent avoir sur son développement une prodigieuse influence, il est plus ou moins prononcé. Tous les degrés intermédiaires de son activité se trouvent entre ces infortunés qui , mutilés par la nature même, sont sortis eunuques du ventre de leur mère , et ces autres malheureux qui, non moins disgraciés par elle, offrent, pour
ainsi dire, avec des forces inépuisables le spectacle continuel et affligeant de l’animal en rut ».
Quand ce penchant n’est pas dans une mesure ordinaire , il imprime au caractère des deux sexes quelque chose de particulier, suivant sa faiblesse ou son activité désordonnée, ou suivant encore son association avec d’autres facultés dont l’action non moins énergique et persévérante que la sienne apporte à son exercice des modifications plus ou moins nombreuses.
Voyons les faits.
Tous les jours on observe des individus qui, par une organisation incomplète , restent dans l’indifférence relativement au rapprochement des sexes. Parmi les hommes qui ont figuré sur la scène du monde, et qui ont offert cette particularité , on peut citer Newton, Charles XII et Kant.
Au rapport de M. Gall, les portraits de ces hommes célèbres montrent, et certainement sans l’intention des artistes, que leur cou était peu large et par conséquent leur cervelet peu développé.
» M. Gall place le siège de l’amour physique dans le cervelet. C’est peut-être le point de la doctrine sur la pluralité des organes cérébraux et leurs fonctions particulières en faveur duquel ce médecin a réuni le plus de preuves (Georget). J’y renvoie mes lecteurs.