‹ Des causes morales et physiques des maladies mentales et de quelques autres affections nerveuses, telles que l'hystérie, la nymphomanie et le satyriasisChapitre 26 sur 33 · ET DU SATYRIASIS · texte numérisé non relu

ET DU SATYRIASIS

poque de la plus grande salacité s’étendait du commencement à la fin du printemps, et pendant toute cette période la malade répandait une odeur de bouc. Cette lubricité était en quelque sorte héréditaire.» (^Ephém. des cur.')

M. Louyer-Viliermay a également vu une habitude hideuse, l’onanisme, chez des petites filles de trois et quatre ans, portée à un degré révoltant. Deux autres, un peu plus âgées, s’agitaient et se roidissaient contre tous les meubles qu’elles pouvaient embrasser.

Buchan, que nous citions tout à l’heure , a observé la nymphomanie chez une femme septuagénaire.

Je connais, dit encore dans l’article nymphomanie le praticien célèbre que nous avons déjà nommé tant de fois, une dame très respectable et plus qu’octogénaire, mais dont la raison est affaiblie, et qui trompe fréquemment la surveillance des personnes qui l’entourent pour se livrer à des attouchements répréhensibles.

La nymphomanie se manifeste donc encore après la cessation de la vie particulière à l’utérus.

Une jeune veuve se trouva attaquée, peu après la mort de son mari, de mélancohe et de violentes convulsions. Ces accès étaient précédés

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par une tension et un sentiment de chaleur très désagréable dans la nuque. Quelques instants après, elle tombait par terre dans un état de roideur, jusqu’à ce qu’enfin la nuque et la colonne vertébrale fussent violemment retirées en arrière. La crise ne manquait jamais de se terminer par une évacuation qui avait lieu avec les tressaillements de la volupté, et dans une véritable extase : après quoi elle restait sans attaque pendant'quelque temps.

Plusieurs fois je lui soutins avec le plat de la main la nuque durant ses accès , et j’y sentis une forte chaleur. Mais j’y remarquai surtoutune proéminence bombée très considérable. Plus tard,, cette dame m’avoua que depuis son enfance il lui avait été impossible de résister à un besoin impérieux, et que dans le moment où ses désirs étaient les plus pressants , la tension et la sensation de chaleur brûlante dans la nuque l’incommodaient le plus. (Gall, t. 2 , p. 245- )

Une dame très spirituelle était tourmentée également depuis son enfance par les désirs les plus désordonnés ; l’éducation très soignée qu’elle avait reçue fut seule capable de la sauver des démarches les plus inconsidérées auxquelles la portait la violence de son tempérament. Lorsque, dans un âge plus mûr, elle sé trouva abandonnée

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à elle-même, elle essaya tout pour satisfaire ses désirs brûlants; mais la jouissance ne paraissait que les irriter. Souvent elle se vit sur le point de tomber dans la manie. Réduite au désespoir, elle abandonna sa maison , quitta la ville, et se réfugia chez sa mère, dans une campagne isolée , où le défaut d’objets , la plus grande sévérité de mœurs, et les soins du jardinage, prévinrent l’éclat du mal. Après avoir habité de nouveau, pendant quelque temps , une grande ville , elle se trouva menacée d’une rechute , et elle se réfugia une seconde fois auprès de sa mère; à son retour, elle vint me trouver à Paris, et se plaignit à moi comme une femme au désespoir.

Partout, me dit-elle, je ne vois que les images les plus lubriques, le démon de la luxure me poursuit sans relâche en tous lieux, à table, dans mon sommeil même; je suis un objet de dégoût pour moi-même ; oui, je le sens, je ne puis échapper à la manie ou à la mort.

Je lui fis en abrégé Thistoire naturelle de l’instinct de la propagation ; je la rendis attentive à la forme de sa nuque ; quoique sa tête soit très grande, le diamètre de sa nuque surpasse la distance d’une oreille à l’autre. Elle conçut la cause de son état ; je lui conseillai de continuer son voyage pour aller rejoindre sa mère, de varier ses

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occupations pour diminuer l’activité de son cervelet; de se faire souvent appliquer des sangsues à la nuque, pour modérer l’état d’irritation de cet organe, d’éviter tous les mets échauffants et toutes les boissons irritantes, etc. \

Une jeune personne, âgée de vingt ans, grande, forte et bien constituée, joignait à une physionomie expressive un coloris vif et animé, de grands yeux noirs, et un embonpoint plus musculaire que graisseux.

Soutenue par des principes religieux, elle ne connut point l’influence funeste des lectures érotiques et des conversations lascives ; mais l’empire de l’exemple contribua sans doute au développement de sa maladie, une de ses amies les plus intimes l’ayant souvent entretenue de son affection pour un jeune homme, et du retour dont elle était payée. A seize ans, trouble léger et momentané dans les fonctions de l’entendement. A dix-sept ans, les règles s’annoncent, mais ne coulent que pendant quatre jours, et peu abondamment. Au retour de chaque époque, aberration plus prononcée des facultés intellectuelles : dans son délire, elle s’abandonne aux mouvements convulsifs les plus désordonnés,

* Gall, tom. a, p. 3 19.

et du satyriasis.

parlant d’un beau jeune homme , et se roidissant avec force contre tout ce qu’elle pouvait saisir. Elle prend des attitudes lascives, et tient les propos les plus obscènes. Sa conversation sans suite ne roule que sur des objets lubriques, ses regards sont égarés , et sa bouche est brûlante.

La maladie n’était point continue, mais sujette à des retours irréguliers, qui cependant coïncidaient le plus souvent avec les époques de la menstruation *.

Une dame, âgée de quarante-neuf ans, d’un tempérament sanguin et surtout nerveux, éprouva dès Vâge le plus tendre les sensations les plus vives et un penchant extraordinaire pour les plaisirs vénériens , auquel sa volonté fut toujours étrangère. A huit ans, l’accouplement des animaux l’irritait et l’entraînait irrésistiblement à des attouchements illicites ; réglée à onze ans, dès sa treizième année elle avait acquis son entier développement ; avec la puberté les mêmes dispositions se maintiennent, mais sans accroissement sensible ; à dix-sept ans, elle épouse un homme de trente-six ans, vigoureux et très porté aux plaisirs de l’hymen. Elle recevait plu-

• Louyer-Villermay. Dict. des sciences méd ., art. Nymphomanie.

sieurs fois de suite ses embrassements sans être satisfaite, lassa, sed non satiata; souvent même après trois approches^ sortant de ses bras encore plus ardente, elle s’abandonnait aux habitudes lesbiennes afin d’assouvir ses sens. Une statue, un tableau, la vue d’un homme, le contact le plus simple, un mot, suffisaient pour exciter des désirs violents : la nuit, dans ses songes, son imagination lui retraçait des tableaux lascifs, qui agissaient sur ses sens avec une force surprenante. Du reste, dans la société cette dame s’imposait une telle réserve que rien ne transpirait de ces dispositions qui la désolaient amèrement.

A quarante ans elle devint mère de son huitième enfant; sept ans après elle cessa d’être réglée , et fut veuve à quarante-neuf ans. Deux mois d’une continence absolue sont à peine écoulés qu’elle ressent les désirs les plus violents, une chaleur vive, un spasme continuel vers les organes génitaux. La nuit était l’épôque de là plus grande agitation , pendant les veilles, les pensées les plus libertines, pendant le sommeil les rêves les plus érotiques, obsédaient son esprit. Vaincue par la force de ses penchants, deux ou trois fois elle succombe, mais ne retire de ces attouchements qu’un soulagement éphémère.

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Cette clame- chez laquelle le tempérament seul entraînait le désordre, ne proférait, même durant ses accès, aucune parole déplacée, de sorte que sa conversation offrait un contraste parfait avec l’état de ses sens , et, par suite, de son imagination; elle était, il est vrai, singulièrement retenue par la présence de deux jeunes demoiselles, cjui n’ont jamais connu ni même soupçonné la maladie véritable de leur mère »

Des penchants vivement irrités et non satisfaits peuvent aussi jeter dans un égarement complet de la raison.

« Une mélancolie tendre et des inquiétudes vagues, dont l’objet n’était ni méconnu ni dissimulé , distinguèrent à vingt ans une personne douée d’une constitution forte et d’une vive sensibilité ; tout concourait à enflammer son imagination : lecture assidue des romans les plus galants, sorte de passion pour toutes les productions des arts dans le genre érotique, fréquentation habituelle des jeunes gens des deux sexes, dont les uns la charment par des agréments personnels et toute la séduction de la galanterie, les autres par des exemples dangereux et des confidences indiscrètes. La coquetterie la plus

* Louyer-Villerniay, art. cit.4.

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raffinée est érigée alors en principe, et devient une occupation sérieuse ; son orgueil, flatté des moindres prévenances, les lui fait regarder comme un triomphe assuré, dont elle ne cessait de s’entretenir ou de faire l’objet de ses rêveries, jusqu’à ce qu’une nouvelle aventure fît oublier la première. Une faute paraissait inévitable, ou du moins très à craindre, et les parents se hâtent de conclure un mariage fondé sur certaines convenances. L’époux choisi était d’un âge mûr, et malgré les avantages de sa stature et d’une complexion forte, peut-être moins propre à satisfaire qu’à irriter ses désirs. La mélancolie de la jeune dame dégénère en une sombre jalousie, et elle attribue à des infidélités ce qui n’était que l’effet de la débilité des organes. Une sorte de dépérissement succède, les traits s’altèrent, et il se déclare un babil intarissable, avec le plus grand désordre dans les idées, prélude ou plutôt signe manifeste d’une manie déclarée »

De tous les désordres auxquels l’organisation humaine est exposée, il n’en est peut-être aucun, disent encore les auteurs, qui ait un rapport plus direct avec la. nymphomanie que le vice herpétique ; et, à les en croire, il renforce l’ac-

’ De Valiénation mentale, deuxième édition , pag. 4? et 48 , parag. 58.

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tion du système utérin et décide l’invasion de la maladie.

L’observation suivante est une de celles qui ont paru les plus fortes à nos adversaires pour soutenir cette opinion : je vais fixer sur elle Fattention de’mes lecteurs.

a Une demoiselle d’un tempérament biliososanguin était depuis long-temps en proie au chagrin d’un amour malheureux. Fuyant avec un soin égal la société des hommes et celle de ses compagnes, elle était triste et rêveuse, A l’âge de trente ans, elle devint plus sombre ét sujette à des accidents hystériques, ne sortant que pour se rendre à l’église, dont le prêtre, avancé en âge et d’une bonne réputation, formait toute sa société.

» Peu après elle éprouva sur tout le corps un prurit, plus pron«)ncé au visage, depuis longtemps couvert de pustules : pour guérir cette couperose elle fit usage de douce-amère, de lait, de petit-lait et de bains tièdes.

» Bientôt elle perd l’appétit et ressent une grande; révolution au physique comme au moral. Ses yeux sont plus brillants que de coutume : jusqu’alors elle s’était exprimée sensément et en termes choisis ; mais un jour de fête, elle se rend de grand matin chez le pasteur, et se fait

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remarquer par des actes indécents, des propos honteux et lascifs. Celui-ci la reconduit chez ses parents, qui voulurent lui donner une garde; mais elle la refusa, disant qu’elle avait toujours détesté les personnes de son sexe. A midi on la trouva la face contre terre , les cheveux hérissés.

«Plus"tard, elle était assise sur une chaise, le visage rouge, les yeux étincelants; le pouls battait inégalement et avec fréquence, l’hypogastre était légèrement gonflé et douloureux. Pour réponse aux questions qu’on lui adressait, elle jeta au visage des assistants une tasse pleine de limonade.

«Une demi-heure après elle pousse un grand cri, puis récité la troisième strophe d’une ode érotique. En ma présence, dit le m.édeein M. Jausion , elle se précipite sur son gardien, l’engageant , dans les termes les plus expressifs, à satisfaire de suite l’ardeur qui la consumait, menaçant, en cas de refus, de lui arracher la vie.

«Elle fit saignée largement, mais non sans peine, et refusa les médicaments.

» Sur ces entrefaites, le pasteur faisant tous ses efforts pour la calmer, elle s’élance hors du lit, nue comme une bacchante, et le prie, avec une voix effrayante, d’assouvir ses sens , prétendant

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