‹ Des causes morales et physiques des maladies mentales et de quelques autres affections nerveuses, telles que l'hystérie, la nymphomanie et le satyriasisChapitre 29 sur 33 · INFLUENCE DE L’HÉRÉDITÉ · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L’HÉRÉDITÉ

En cherchant à apprécier, au commencement de cet ouvrage, l’influence de l’éducation sur la production des maladies mentales, j’ai reproché à nos devanciers de n’avoir point assez pris en considération les prédispositions que par leur organisation singulière la plupart des individus frappés d’aliénation avaient présentées en quelque sorte dès la naissance, et j’ai cherché à faire sentir quelques uns des inconvénients attachés aux méthodes encore journellement employées; j’ai dit que chez la masse des individus on ne pouvait s’empêcher de reconnaître la puissance immense de l’éducation sur le développement, la mesure et la direction de nos facultés tant intellectuelles que morales, mais que chez les aliénés et les hommes extraordinaires on avait eu tort de tout subordonner à l’action des circonstances extérieures.

Les considérations dans, lesquelles nous allons entrer ici vont servir à compléter la solution de cette question; elle est très importante pour la thérapeutique.

De toutes les maladies qui affligent l’espèce humaine ^ il n’en est point qui, par voie d’hérédité , se transmettent avec plus de facilité que les affections cérébrales. Les observations particulières consignées dans les différents livres écrits sur l’aliénation mentale, les résumés généraux qu’ont présentés quelques auteurs , et l’expérience journalière , ne permettent . pas d’élever à ce sujet la moindre discussion. Par-. tons donc de cette vérité mathématique, et voyons si, par le secours de la physiologie, il ne serait pas possible d’indiquer quelques moyens de préserver des maladies mentales les sujets qui, ayant eu des parents aliénés, apportent en venant au monde des prédispositions plus ou moins prononcées à ces terribles affections : je place ici ces considérations pour éviter à l’article du traitement des répétitions aussi fastidieuses qu’inutiles.

Hippocrate, dont il faut à chaque instant citer le nom dans la science, revendique encore ici la gloire d’avoir donné un des meilleurs préceptes de la médecine pratique. Pour anéantir 1 effet des prédispositions aux maladies mentales, pour arracher à la fatalité les victimes qu’elle a marquées dès la naissance, ce grand homme veut que Von change la constitution des enfants.

JNFLUENCK

sSS

Heureuse et belle idée qui ue pouvait naître que dans le cerveau d’un homme supérieur, et qui ne tend à rien moins par ses applications rigoureuses qu’à donner pour ainsi dire à l’homme une nouvelle existence.

Pour arriver à cet important résultat, le père de la médecine conseille lès jeux et les fatigues de la gymnastique. Je n’ai point été à même de vérifier sur de jeunes, sujets les observations du vieillard de Cos; mais je puis assurer avoir obtenu les effets les plus avantageux de ce moyen thérapeutique chez les aliénés dans un établissement que je dirige conjointement avec le docteur Falret. Nous sommes tous les deux fortement convaincus que les exercices musculaires et les travaux champêtres, auxquels presque tous nos malades se livrent sous notre sur\^eilîance spéciale , doivent être considérés comme une des causes principales des guérisons que nous avons eu le bonheur d’opérer. Mon assertion n’ajoute aucun poids sans doute à l’autorité d’Hippocrate, mais si la bonne foi d’un auteur et le récit exact des faits' qu’il a observés peuvent inspirer quelque confiance et ne pas être tout -à-fait inutiles à la science , on me pardonnera sans doute d’avoir osé manifester ici mon opinion à côté de celle de ce grand homme.

Page 1