‹ Des causes morales et physiques des maladies mentales et de quelques autres affections nerveuses, telles que l'hystérie, la nymphomanie et le satyriasisChapitre 32 sur 33 · RECHERCHES CADAVÉRIQUES · texte numérisé non relu

RECHERCHES CADAVÉRIQUES

Peut-on puiser dans les ouvertures des corps des aliénés de nouvelles preuves en faveur de mon opinion, ou en d’autres termes les altérations de rencéphale et de ses membranes peuvent-elles concourir à prouver que cet organe est le siège primitif des maladies mentales ?

Avant de parler des modifications organiques observées dans le, cerveau et ses membranes, fixons un instant notre attention sur les lésions que présentent le thorax, l’abdomen et la cavité pelvienne.

Commençons par les organes observés dans la poitrine.

Les plèvres sont souvent affectées de phlegmasie chronique , tantôt elles contiennent des hquides séro-purulents ou sanieux , tantôt on y remarqué des adhérences, tantôt des éruptions, et quelquefois même elles offrent de fausses membranes.

Les poumons sont raremer^t dans un état sain.

J’ai vu à la Salpêtrière beaucoup de femmes

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aliénées mourir par suite de la phthisie ; mais chez, elles cette affection était presque toujours latente; aucun symptôme ne l’indiquait; l’ouverture du corps en montrait seule tous les ravages. Des tubercules, des cavernes, des masses indurées, des abcès , des atrophies, des transformations graisseuses, telles étaient dans ces organes les modifications les plus générales et les mieux prononcées.

Le péricarde et le cœur n’offrent pas souvent chez les aliénés de lésions organiques.

Abdomen. La muqueuse gastro-intestinale , considérée dans toute la longueur du tube digestif , ne présente pas constamment d’altération dans son tissu ; cependant on la trouve encore assez fréquemment injectée, épaissie ou ulcérée dans un ou plusieurs points de sa surface. La phlegmasie de cette membrane est presque'toujours consécutive; elle est chronique, n’éveille point de sympathie, et elle survient ordinairement dans les derniers temps de l’existence des malades.

' Le péritoine est ordinairement dans l’état naturel , seulement ses replis sont souvent relâchés, et le paquet intestinal occupe alors la partie la plus déclive de l’abdomen. Je pense, avec le docteur Georget, que cette disposition est la cause

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de l’obliquité du colon, notée par M. Esquirol comme très fréquente chez les mélancoliques.

Malgré les progrès de l’anatomie et de la physiologie , le foie est encore si peu connu dans sa texture intime que l’on ne sait trop de quelle manière envisager les variétés qu’il présente , dans une foule de cas, à l’ouverture des cadavres , sous le rapport de son volume, de sa consistance ou de sa couleur ; il est souvent le siège d’une désorganisation graisseuse; on y trouve aussi quelquefois des tubercules ou des abcès; la vésicule biliaire renferme fréquemment des calculs ; les reins n’offrent presque jamais d’altération.

Cavité pelvienne. — L’utérus et ses annexes présentent rarement des lésions organiques ; des kystes séreux dans les ovaires,des tumeurs fibreuses et osseuses dans la matrice se remarquent parfois néanmoins, mais pendant la vie on n’en soupçonne même pas la présence.

Toutes ces altérations , dont nous avons fait rénumération rapide, peuvent tout à la fois être invoquées pour ou contre les diverses opinions émises sur le siège des maladies mentales, suivant qu’on les considère d’une manière isolée ou comparativement avec les causes de ces affections , les symptômes observés pendant la vie et qu’on a le soin d’apprécier ..les circonstances

dans lesquelles se sont trouvés placés les aliénés qui ont succombé : on est alors contraint par la force des choses de conclure, i" que l’action des causes s’est fait d’abord sentir dans le cerveau ; 2 ° que les seuls symptômes caractéristiques de la folie sont des dérangements des facultés , qui ont besoin de l’intégrité de cet organe pour leur manifestation régulière ; 5° que les circonstances hygiéniques dans lesquelles se trouvent placés les aliénés , et la lenteur de la marche de leurs affections, les exposent à toutes les altératious que nous avons remarquées , et dès lors qu’elles n’existent que comme complications ou comme effets de l’influence que le cerveau malade doit nécessairement exercer sur l’ensemble de l’économie , et plus particulièrement sur tel ou tel organe, à raison des dispositions natives et des rapports plus intimes qui les unissent à l’encéphale, ou par suite de dispositions natives qu’on ne saurait expliquer, mais que les faits les plus multipliés mettent hors de doute, etc.

En supposant d’ailleurs que les organes de la vie intérieure, ou d’assimilation, fussent quelquefois , par leurs altérations, la cause éloignée des maladies mentales , ils ne pourraient, dans aucun cas, être considérés comme le siège de ces affections.

Une maladie ne peut avoir son siège que dans l’organe qui préside à la fonction dont le trouLle caractérise l’espèce de maladie que l’on observe.

La cause prochaine organique de la folie ne peut donc exister que dans l’encéphale ou dans ses membranes.

Voyons quelles altérations ont été remarquées dans ces organes chez les aliénés.

État du cerveau et de ses membranes chez les aliénés. — Les observations qu’on a pu faire avant Morgagni sur le cerveau des aliénés sont trop incomplètes pour les consigner dans cet ouvrage; ce n’est vraiment qu’à dater de l’époque de ce grand homme que l’anatomie pathologique commença, surtout par les progrès qu’il lui fit faire, à jeter quelque lumière sur la nature et le siège des maladies. M. Georget, dans le Nouveau Dictionnaire de médecine ^ ayant fait un extrait plein d’exactitude de toutes les altérations que ce même Morgagni, Greding,Hasîam,Esquirol, Gall et Spurzeim, disent avoir constatées ou dans le crâné, ou dans le cerveau, ou dans ses membranes, je vais, pour éviter des longueurs, me borner à présenter avec lui le résumé de ce que l’observation la plus attentive a pu découvrir à ces hommes remarquables.

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Quoique Morgagni n’ait disséqué que fort peu de cerveaux d’aliénés ( sept ou huit, voyez sa 8® lettre'), cet excellent observateur note cependant plusieurs altérations morbides de cet organe. Il dit avoir trouvé presque toujours la substance des hémisphères cérébraux assez ferme, et celle du cervelet beaucoup plus molle ; il n’attache pas cependant une grande importance à cette augmentation de consistance de la substance cérébrale, attendu que ce même caractère s’est rencontré sur des individus qui n’avaient point été aliénés et que des aliénés ne l’ont pas présenté. Dans un cas, Morgagni a trouvé la substance blanche des hémisphères cérébraux ferme et brunâtre, et ses vaisseaux sanguins , ainsi que les plexus choroïdes, très engorgés; dans un autre, il note la dureté des hémisphères, le ramollissement de la voûte à trois piliers, l’engorgement des vaisseaux du cerveau, et l’adhérence de la pie-mère à la surface de cet organe, à celle du cervelet et de la moelle alongée; dans un troisième, il signale l’injection des méninges et des plexus , la fermeté du cerveau , la mollesse du cervelet. Il fait quelquefois mention de collections séreuses existant dans les réseaux de la pie-mère ou dans les ventricules ; il parle de lésions de la prétendue glande pinéale, etc.

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Parmi les altérations encéphaliques indiquées par Greding, on distingue particulièrement les suivantes ; crâne épais, partiellement ou généralement, cent soixante-sept fois sur deux cent seize sujets maniaques, soixante-dix-huit sur cent cadavres de furieux , vingt-deux sur trente têtes d’imbéciles, sans compter les cas où les os étaient denses sans être épais ; plexus choroïdes contenant des vésicules hydatiformes, quatre-vingtseize fois sur des furieux , et vingt-quatre sur des mélancoliques; cerveau exhalant une odeur fétide , quoique sain, quatre fois sur vingt-neuf cas de fureur; cerveau ramolli {pultaceurn ), cinquante et une fois sur cent cas, surtout de manie compliquée d’épilepsie; couches optiques atrophiées, sur deux individus en démence. Cet auteur parle encore de diverses autres dispositions morbides de l’encéphale ou de ses membranes, telles que : dure-mère très adhérente au crâne, pie-mère épaissie et bleuâtre, ventricules dilatés ou rétrécis , desséchés ou remplis de sérosité, corps quadrijumeaux affaissés et mous, concrétions osseuses ou pierreuses dans le cervelet, etc.

Haslam assure que l’aliénation mentale, sous quelque forme qu’elle se présente, est toujours accompagnée d’altérations dans les organes encé-

phaliques, et pense que c’est dans ces altérations qu’il faut chercher la cause primitive du trouble de l’intelligence. Haslam a publié, avec détails, trente observations de folie avec l’ouverture du corps ; il signale les lésions suivantes ; péricrâne peu adhérent au crâne , neuf fois ; disposition contraire, quatorze fois ; os du crâne plus épais qu’à l’ordinaire, trois fois , moins épais trois fois, diploïques une fois, très injectés de sang une fois ; dure-mère très adhérente aux os, deux fois, peu adhérente deux fois ; substance cérébrale ferme, neuf fois, molle quatre fois, naturelle dix-sept fois ; collection séreuse entre les méninges, seize fois, dans les ventricules latéraux dix-huit fois. Cet auteur dit avoir vu souvent les téguments de la tête très relâchés à la suite des accès de fureur.

M. Esquirol trace ainsi les dispositions des organes encéphaliques observées sur un grand nombre de cadavres : crânes minces diploïques, sept, éburnés cinq, injectés trois; crânes épais diploïques, douze , éburnés dix, injectés vingtdeux; crânes irréguliers relativement aux divers diamètres et à la cavité des deux moitiés de la boîte osseuse, vingt-neuf ; méninges épaissies, onze, injectées dix-neuf; artères basilaires ossifiées , cinq ; cerveau dense , quinze ; cerveau

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mou, vingt-neuf ; cervelet dense, douze ; cervelet mou, dix-sept ; substance grise abondante, cinq ; substance grisé décplorée , quinze ; substance blanche injectée, dix-neuf ; adhérences de la membrane qui revêt les ventricules, cinquantequatre; collections séreuses fréquentes entre la pie-mère et l’arachnoïde, ainsi que dans les ventricules; plexus choroïdes offrant presque toujours des kystes séreux* Diverses autres altérations , telles que des tumeurs , des kystes, des ramollissements partiels , des ossifications de l’arachnoïde, etc., sont encore indiquées. Nous ajouterons que M. Esquirol, ayant fait une collection nombreuse de crânes et de bustes d’aliénés, pourra publier un jour des renseignements précieux sur les rapports de la forme de la tête avec les différents désordres de la pensée, et éclairer ainsi plusieurs points de la doctrine physiologique des fonctions du cerveau, enseignée par le docteur Gall. Nous avons cité dans notre travail sur l’encéphalite deux cas de folie aiguë observés par M. Esquirol, qui présentèrent à l’autopsie cadavérique les traces d’une phlegmasie intense du cerveau.

Le docteur Gall prétend que, dans la folie chronique, le cerveau s’amaigrit, les circonvolutions deviennent plus étroites , tout l’encéphale se

rapetisse ; que la lame interne des os du crâne suit l’affaissement du cerveau, et que ces os deviennent plus épais et en même temps plus denses, plus compactes, semblables à la matière de l’ivoire ; BI. Gall prétend surtout que les os du crâne sont denses , pesants, éburnés, épais, dans la mélancolie suicide chronique. BI. Spurzbeîm assure que dans les folies avec une très grande activité des facultés, chez les enfants précoces qui perdent les manifestations des facultés intellectuelles après les fièvres dites cérébrales , dans les démences qui ont succédé à la manie ou à la mélancolie , chez les aliénés qui sont morts d’apoplexie , il a toujours remarqué des altérations organiques dans la substance cérébrale, dans les vaisseaux encéphaliques , dans les méninges ou dans le crâne.

Voici les altérations que le docteur Georget a lui-même constatées dans le cerveau des aliénés. Je les rapporte ici avec d’autant plus de confiance que, condisciple et ami de ce médecin , j’ai, en 1817, 1818, 1819 et 1820, assisté à l’autopsie de la plupart des sujets dont il expose les lésions organiques, et que mes observations sont en tout point conformes à celles que je vais, d’après la rédaction qui lui appartient, mettre sous les yeux des lecteurs.

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«Quelques crânes comme contournés , une moitié étant plus en avant, et l’autre plus en arrière; quelques autres développés inégalement, plus bombés d’un côté, ordinairement à droite ; plusieurs ayant le diamètre latéral de même étendue que l’antéro-postérieur, et la voûte très élevée ; les cavités de la base offrant des inégalités, celles d’un côté étant plus grandes que celles de l’autre ; un vingtième environ de crânes épais , partiellement ou généralement, quelquefois seulement au coronal : certains crânes avaient près de cinq lignes d’épaisseur ; plus souvent les os ont été trouvés très durs , très blancs, sans diploé, ressemblant quelquefois à de l’ivoire ; on en voit, au contraire, qui sont presque entièrement diploïques et d’une extrême légèreté. Dure-mère rarement altérée, quelquefois très adhérente au crâne , dans plusieurs cas paraissant épaissie, dans trois autres offrant des ossifications dans son grand repli; arachnoïde laissant voir çà et là, dans certains cas, des plaques rouges pu grisâtres et inégales, des couches couenneuses. J’ajouterai que le plus souvent cette membrane est lisse et transparente, que quelquefois elle est épaissie, opaque et résistante, sans être dépolie à sa surface libre. Pie-mère injectée, ses vaisseaux rouges et durs;

la même membrane épaissie, infiltrée de sérosité, ce qui forme une couche d’une ligne ou plus d’apparence gélatineuse ; mais cette couche n’est formée que d’eau limpide qui s’écoule lorsqu’on pratique une incision. Volume du cerveau quelquefois moindre que ne paraît le comporter la cavité du crâne ; quelques cerveaux sont très fermes, se coupent avec difficulté ; la substance blanche est comme glutineuse, élastique, et se laisse distendre avant de se rompre ; plus souvent le cerveau est mou, et quelquefois alors la substance grise est blafarde, jaunâtre, et l’autre substance est d’un blanc sale; en sorte qu’elles semblent se confondre par la couleur, et un peu par la consistance ; les circonvolutions sont quelquefois plus petites , écartées par de la sérosité et par la pie-mère épaissie; cavités intérieures du cerveau paraissant, sur des sujets, très grandes, et très petites sur d’autres, souvent remplies d’une sérosité ordinairement claire et limpide ; plexus choroïdes en général vides de sang, décolorés , souvent remplis de vésicules hydatiformes ; ramollissements partiels du cerveau ; érosions , ulcérations de la surface des ventricules ; tumeurs carcinomateuses ; cervelet ordinairement plus mou que le cerveau, quelquefois ramolli partiellement, et réduit en pu-

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trilage. Mésocéphale, moelle alongée et moelle épinière très rarement altérés. Nous avons eu l’occasion d’observer, avec M. Mitivié, plusieurs cas de folie aiguë terminée par la mort au bout de plusieurs mois, dans lesquels nous vîmes une injection sanguine considérable, avec augmentation de consistance manifeste du tissu cérébral ; et plusieurs autres de folie chronique avec paralysie générale et accès épileptiformes ou apoplectiformes, dans lesquels la surface des circonvolutions était ramollie et adhérente à la pie-mère. MM. Délayé , Foville et Pinel-Granchamp, internes de la Salpétrière, disent avoir observé des altérations manifestes de la sub~ stance grise extérieure du cerveau dans tous les cas où il y avait eu désordre intellectuel continué jusqu’à la mort. Ainsi, chez la plupart des aliénés, ils ont rencontré tantôt des marbrures d’un rouge plus ou moins vif dans la substance grise superficielle , tantôt comme une augmentation de consistance, ou bien une mollesse remarquable de la même partie , souvent des adhérences partielles de la méningine à la surface du cerveau, particulièrement en avant; d’autres fois de semblables adhérences si intimes dans toute l’étendue de la substance corticale, qu’en enlevant la membrane, on enlevait une

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épaisseur remarquable de la substance grise extérieure. La coloration rouge intense de la substance corticale correspondait aux symptômes aigus d’aliénation : dans la démence, au contraire, il n’existe le plus souvent que des marbrures légères disséminées ; et, dans leurs intervalles , la substance grise est très pâle , plus molle ou plus dense que dans l’état naturel; souvent aussi elle semble diminuée d’épaisseur; dans quelques cas, on ne voit plus distinctement les limites des deux substances du cerveau. »

( Ces faits sont consignés dans l’ouvrage de M. Rostan sur le ramollissement du cerveau, 2® édition. )

Croirait- on, d’après des observations aussi nombreuses et aussi positives, que l’anatomie pathologique est encore aujourd’hui regardée universellement comme stérile, relativement à la connaissance de la cause organique des maladies mentales ? c’est cependant ce qui résulté des aveux des médecins les plus compétents pour prononcer en pareille matière. Prouvons-ie par quelques extraits de leurs ouvrages.

« Ce serait faire un mauvais choix, dit M. Pinel, que de prendre l’aliénation mentale pour un objet particulier de ses recherches en se livrant à des discussions vagues sur le siège de l’entende-

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ment et la nature de ses lésions diverses; car rien n’est plus obscur et plus impénétrable. Mais si on se renferme dans de sages limites, qu’on s’en tienne à l’étude de ces caractères distinctifs, manifestés par des signes extérieurs , et qu’on n’adopte pour principe de traitement que des résultats d’une expérience éclairée, on rentre alors dans la marche qu’on doit suivre en général dans toutes les parties de l’histoire naturelle, et en procédant avec réserve dans les cas douteux, on n’a plus à craindre de s’égarer *. j)

cc Quoiqu’on doive parler avec éloge, continue le même auteur, des efforts de Greding pour répandre de nouvelles lumières sur les affections organiques des aliénés , établir quelque

liaison entre les apparences physiques manifestées après la mort, et les lésions des fonctions intellectuelles qu’on a observées pendant la vie ? Que de variétés analogues ne retrouve-t-on point sur le crâne et le cerveau des personnes qui n’ont jamais offert aucun caractère d’égarement de la raison ! et dès lors comment parvenir à fixer les limites qui séparent ce qui est dans l’ordre naturel, de ce qui peut tenir à un état de maladie ? » (Pinel, Introd., Traité de l’aliénation mentale.')

’ Pînel, Traité de la manie.

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c< Quant au siège du délire, il nous sera inconnu aussi long-temps que le siège de la faculté se présente et la manière dont son action se produit au dehors. L’ouverture des cadavres n’ayant rien appris ,à cet égard, nous n avons aucune donnée positive sur les conditions matérielles ou organiques du délire. » (Dict. des scienc. médic.y tom. VIII, p. 266, art. Délire. (Esquirol.)

cc A ces lésions générales, qui n’apprennent rien relativement à la cause et au siège de la démence, j’ajoute quelques altérations particulières, quoiqu’elles ne prouvent pas davantage, puisqu’elles se sont j'encontrées chez des individus affectés ou de paralysie ou de convulsions, etc. » {Dict. des scienc. médic. , tom. VIII, p. 290, art. Démence, par M. Esquirol. ) »

«î^ous voilà conduits naturellement à l’ouverture des corps des aliénés, dit encore, dans un autre article du Dictionnaire des sciences médicales, le professeur Esquirol ; à ce mot chacun espère que nous allons indiquer le siège de la folie. Nous sommes encore bien loin de ce but ; les ouvertures des corps faites jusqu’ici ont été stériles.. . . .

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» Tous les travaux sur l’anatomie du cerveau n’ont eu, n’ont d’autres résultats qu’une description plus exacte de cet organe, et la certitude désespérante de ne pouvoir jamais assigner à ces parties des usages d’où l’on puisse tirer des connaissances applicables à l’exercice de la faculté pensante, soit dans l’état de santé, soit dans l’état de maladie. »

M. Georget dit, à la page 419 de son ouvrage sur la folie : « L’altération organique supposée, la cause d’une maladie doit se présenter constamment dans les memes circonstances, et rarement dans d’autres, une même cause devant toujours produire les mêmes effets. C’est pour cela que nous ne trouvons point dans le cerveau des insensés de preuves directes du siège de la folie. En effet, les désordres physiques que nous offre cet organe ne sont pas constants chez tous ces malades ou même chez la plupart, et se rencontrent chez d’autres individus qui n’ont pas été fous ; nous pourrons tout au plus les considérer comme des suites de la lésion première que nous n’avons pu apprécier, et comme des causes des affections nerveuses chroniques secondaires, si fréquentes chez les aliénés. »

A la p. 425, il représente la même idée : « On ne trouve point dans le cerveau de preuves posi-

tives qui indiquent le siège de la folie, si ce n’est dans l’idiotie. Chez les autres aliénés les altérations qu’ilprésente sont postérieures au développement de cette maladie^ dont elles paraissent être une conséquence. »

Enfin le même auteur, dans le résumé général qu’il donne à ce sujet à la fin de son ouvrage, page 504 , s’exprime de manière à ne laisser aucun doute sur son opinion dans l’esprit des lecteurs. Ecoutons-le parler : « Il faut bien distinguer le siège d’une lésion de la nature de l’altération qui constitue la cause prochaine. Le premier est suffisamment indiqué par les troubles de l’action organique, sans qu’il soit d’une indispensable né cessité d’en avoir la preuve matérielle. La seconde n’est pas toujours facile à apprécier, nos sens n’étant point assez pénétrants pour saisir tous les changements que peut offrir l’organisation, et cela surtout dans le système nerveux, d’où il résulte qu’il est des maladies dont nous ne connaissons que les symptômes.

» î^ous ne pouvons point découvrir la cause prochaine de la folie, qui a nécessairement son siège dans le cerveau, organe des fonctions essentiellement lésées.

» Toutes les altérations que nous avons obser vées sur les aliénées de la Salpêtrière sont con-

recherches

sécutives au développement de la folie, excepté celles des cerveaux d’idiotes, qui sont primitives et liées à l’état intellectuel. »

Telle était aussi l’opinion de M. Falret lorsqu’il publia, en 1821, son ouvrage sur le suicide et rhypochondrie ; mais depuis cette époque ce médecin s attacha d’une manière toute spéciale à approfondir la nature des maladies mentales. Il voulut faire pour le cerveau ce qu’on avait fait pour tous les autres organes, et quelque imposante que fût d’ailleurs dans son esprit l’autorité de nos deux grands maîtres, Pinel et Esquirol, fort de sa conviction, secouant le joug de l’école et des petites considérations, digne en tout de marcher sur leurs traces, il dépassa la limite qu’ils s’étaient peut-être trop hâtés déposer dans la science, et il chercha la corrélation que jusqu’à lui on avait à peine soupçonnée entre les symptômes de l’aliénation et les altérations de l’encéphale ou de ses membranes. Voici, dans quels termes il fit connaître sa nouvelle manière de voir, le 6 décembre 1823,à l’Athénée de médecine, sous le titre ^Inductions tirées de Vouverture des corps des aliénés.

« Je viens aujourd’hui montrer le but que je m’efforcerai un jour d’atteindre : toutefois il ne faudrait pas que ; le titre donné à mon tra-

vail réveillât l’idée de la découverte d’une lésion cérébrale inaperçue par mes prédécesseurs. Je n’agrandis pas le domaine des faits, j’en tire des règles de conduite en les interrogeant par l’induction ; je ne répudie pas l’héritage du passé, je cherche à le mettre en valeur. . . . . .

J) Je crois être à même de prouver que les lésions méningiennes et cérébrales observées chez les aliénés sont suffisantes pour expliquer les symptômes des maladies mentales, et dès lors , contradictoirement à . l’opinion des plus grands maîtres, la nature de ces affections n’estelle pas connue ? Cette cause n’est pas unique ; les maladies mentales sont produites par des modifications très variées des méninges et de l’encéphale. En rapprochant les [symptômes et les altérations pathologiques, j’espère parvenir de cette manière à suivre dans un grand nombre de cas l’enchaînement des causes et des effets. Poussant un peu plus loin les inductions, j’essaierai de préciser les signes auxquels on peut distinguer pendant la vie si une folie est due primitivement à la lésion de l’encéphale ou de ses membranes , ou bien encore, à l’existence

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successive ou simultanée de ces lésions ; enfin je tenterai de remonter des phénomènes observés pendant la vie aux diverses altérations qui les produisent.

» Si je ne parviens pas à indiquer des signes positifs, un autre sera plus heureux ; mais si l’opinion que je viens de manifester n’est pas dénuée de fondement, on cessera de faire à l’anatomie pathologique le reproche d’être frappée • de sté^ riiité, et la connaissance des maladies mentales reposera sur une base solide.

» Il restera à expliquer les cas où il n’existe pas de lésion perceptible à nos sens ; mais le nombre de ces cas n’a-t-il pas beaucoup diminué depuis qu’on observe plus attentivement le cerveau des aliénés, et n’est-il pas facile de prévoir des résultats plus satisfaisants d’un examen encore plus approfondi ? Je pense néanmoins qu’il existe des aliénés chez lesquels on cherchera en vain des modifications cérébrales ; mais j’espère donner quelques éclaircissements à cet égard ( folies par habitudes intellectuelles vicieuses, etc., etc.), et fortifier mon opinion de faits analogues dans les lésions des autres fonctions. »

Un peu plus tard, M. Falret , pénétré de l’importance de la solution d’une telle question, re-

produisit avec une nouvelle force ses idées dans Y Encyclopédie moderne.

«£ A l’article folie, dit ce médecin, j’examinerai l’influence de l’action immodérée du cerveau comme cause des maladies mentales, et l’influence des autres organes malades sur la production des mêmes affections. L’exposé des causes présenté de cette manière me paraît plus convenable que la méthode reçue,pour démontrer que très certainement il y a des folies sympathiques ; mais que, dans la généralité des cas, la fohe est une maladie idiopathique de l’encéphale. Je m’efforcerai aussi de prouver que l’anatomie pathologique n’est pas stérile pour la connaissance des maladies mentales. En rapprochant les symptômes et les altérations pathologiques, j’espère parvenir de cette manière à suivre, dans un grand nombre de cas, l’enchaînement des causes et des effets. Poussant un peu plus loin les inductions, j’essaierai de préciser les signes auxquels on peut distinguer pendant la vie si une folie est due primitivement à la lésion des membranes ou à la lésion de l’encéphale, ou bien encore à l’existence successive ou simultanée de ces deux lésions : résultat d’une utilité majeure, s’il peut être obtenu, et pour la justesse du pronostic ou pour l’appréciation de l’influence de l’hérédité,

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en même temps que cette connaissance rendrait les indications thérapeutiques beaucoup plus positives.

» Est-il nécessaire de prévenir qu’en cherchant à rattacher les symptômes de la folie aux altérations que présentent les organes après la mort , nous ne prétendons pas chercher à expliquer l’essence du délire ? Il faudrait, pour arriver à la solution de ce problème, connaître le mode d’action de l’encéphale pour l’accomplissement des hautes fonctions qui lui sont dévolues ; or, Féssence de cette action est impénétrable, comme l’essence de tout autre phénomène naturel. Mais, en n’attribuant pas le délire aux modifications organiques appréciables par les sens, n’est-ce point faire de l’aliénation mentale un être abstrait, existant par lui-même, faire enfin un pas rétrograde, et admettre des maladies de l’âme, des affections mentales essentielles? C’est s’exposer aux,contradictions les plus absurdes, c’est supposer mille changements dans un être spirituel qui est immuable de sa nature, c’est reconnaître que les facultés intellectuelles et morales sont le produit exclusif de l’âme, et nier, en présence des faits les plus nombreux et les plus concluants^, que l’encéphale est la condition physique indispensable pour leur manifestation. »

Quel n’a donc pas dû être l’étonnement des hommes qui suivent la marche et les progrès de la science, lorsqu’en 1825 ils virent paraître, sous le titre de Nouvelle doctrine des maladies mentales, une brochure dans laquelle l’auteur, qui assistait en 1823 à la lecture que fit M. Falret devant la société de l’Athénée de médecine, parut étranger à la communication donnée par son confrère, et ne fit aucune mention de l’opinion qu’il avait si clairement et si positivement énoncée ? Si ces idées fondamentales lui appartenaient pourquoi ne pas en avoir alors réclamé la priorité ? Pourquoi, lorsque le docteur Falret, non satisfait d’en avoir donné connaissance dans des séances publiques, les fit insérer dans les ouvrages que nous avons cités, pourquoi, dis-je, M. Bayle observa-t-il encore le plus profond silence?

Si la discussion dans laquelle je vais m’engager à ce sujet ne servait que les intérêts et ne satisfaisait que l’amour-propre de mon confrère et de mon amiM. Falret, je me garderais, par respect pour lui, d’appeler sur elle l’attention des lecteurs; le caractère bien connu de M. Falret le met d’ailleurs au-dessus de ces faiblesses; mais comme par les détails que je vais donner je crois servir à la fois la science et la vérité, j’aime à penser

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qu’on ne la trouvera point.déplacée. J’ai encore, en mon particulier, une autre raison à donner. Quand un homme, par ses études, ses recherches et ses méditations, s’efforce de faire de nouvelles découvertes, et qu’il ne demande, pour pris de ses pénibles travaux, que l’estime et le suffrage de ses contemporains , on doit trouver bien naturelles les récriminations qui tendent à lui conserver ou à lui faire obtenir ces distinctions honorables.

Lorsque M. Bayle fit paraître sa nouvelle doctrine des maladies mentales, MM. Bricheteau, Joly, Miquel, animés par un sentiment de justice, réclamèrent en faveur de M. Falret la priorité du principe fécond qui porte à considérer les lésions observées dans le cerveau et ses membranes chez les aliénés comme causes et non comme effets des maladies mentales.

Voici comment s’exprime r ce sujet le docteur Miquel, dont lé nom est si honorablement connu dans la science :

« Tout le monde sait que les maladies mentales laissent peu de traces sur les organes après la mort, ou du moins telle était, il n’y a pas long-temps, l’opinion généralement adoptée.

Cependant, au commencement de l’année dernière , M. Falret annonça qu’il se croyait à même

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de prouver que les lésions cérébrales et méningiennes, observées chez les aliénés, étaient suffisantes pour expliquer les symptômes des maladies mentales. Et M. Bayle publie aujourd’hui une nouvelle doctrine de ces maladies, dans laquelle il se propose de les rattacher toutes à des lésions déterminées du cerveau et des méninges. La publication de ce dernier opuscule a déjà donné lieu à beaucoup de réclamations. D’abord il a été vivement critiqué dans les Archives par M. Georget ; et eii même temps que M. Broussais en réclame l’idée mère comme sa propriété, M. Bricheteau l’attribue à plus juste raison à M. Falret, dans le Bulletin de la Société médU cale d’émulation. » Gazette de santé , n” XX , i 5 juillet 1825 :

Le même auteur fait d’ailleurs remarquer dans un des numéros suivants des différences notables dans les opinions de MM. Falret et Bayle. « En effet, dit-il, M. Bayle, dans sa thèse publiée en 1822, a voulu seulement établir « que Varachnitis chronique est la cause d’une aliénation mentale symptomatique, » tandis que M. Falret, dans.sa note publiée en 1824, s’engage à prouver que les lésions méningiennes et cérébrales observées chez les aliénés sont suffisantes pour expliquer les symptômes des ma-

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ladies mentales. M. Bayle, ajoute le docteur Miquel , cherche la cause d une espèce de folie dans l’inflammation chronique de l’arachnoïde, tandis que M. Falret attribue toutes les folies aux diverses lésions des méninges et àncerveau^ telles que l’inflammation , la dureté , le ramollissement, etc. M. Bayle ne donne à la lésion de l’arachnoïde le privilège de produire la folie que dans quelques cas de folie symptomatique, tandis que la phrase de M. Falret, n’offrant aucune restriction, établit que la folie est toujours produite par la lésion de l’arachnoïde du cerveau et de la pie-mère. »

M. Joly, qui s’est toujours fait remarquer par une grande impartialité et un excellent esprit de critique, établit en ces termes les rapports et les différences d’opinion entre MM. Falret et Bayle, en parlant des mémoires sur l’anatomie pathologique des aliénés, lus à la Société médicale d’émulation :

« Nos lecteurs se rappelleront sans doute que, dans un premier travail communiqué à l’Athénée de médecine en iSsS, et publié dans la iVoMce/Ze bibliothèque médicale^ sous le titre àèinducfions tirées de Vouverture des corps des aliénés, M. Falret a jeté les bases d’un traité ex professe des maladies mentales, qu’il se propose de publier

» Ce médecin vient encore tout récemment de lire à la Société médicale d’émulation unmémoire sur le même sujet, dans lequel, reproduisant les diverses opinions qu’il avait émises précédemment, il établit de nouveau que les lésions du cerveau et des méninges, que beaucoup de médecins regardent aujourd’hui comme les effets des maladies mentales , en sont les véritables causes ; qu’elles sont dues tantôt à une conformation vicieuse native ou acquise du crâne ou du cerveau , tantôt à une lésion des méninges. On voit que les idées de M-Falret offrent, sous ce dernier point de vue , une conformité remarquable avec celles de M. Bayle,/mais d’un autre côté ces deux médecins diffèrent essentiellement d’opinion, en ce que M. Falret, au lieu de limiter pour ainsi , dire la cause de la folie à . une inflammation chronique des méninges, admet que souvent aussi le cerveau et le cervelet peuvent être le point de départ de la maladie ; que dans certains cas les affections mentales doivent être attribuées à la dureté du cerveau , et dans d’autres au ramollissement partiel ou général de cet organe ; néanmoins il se croit autorisé par l’observation à annoncer que l’engorgement de la pie-mère et du cerveau est la plus fréquente des altérations que l’on rencontre chez les aliénés. »

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Cependant M. Bayle réclama contre la décision de MM. Joly et Miquel, et ces médecins n’en persistèrent pas moins à accorder la priorité à M. Falrèt. •

« Ainsi donc, dit M. Joly en terminant sa réponse , si M. Bayle invoque sa thèse comme un titre de priorité sur M. Falret, elle prouvera assez qu’il n’y a aucune parité dans les opinions de ces deux auteurs ; si, au contraire, M. Falret oppose ses inductions à la nouvelle doctrine de M. Bayle, il aura sur ce dernier la priorité, et, sous quelques rapports, le droit de revendication. »

Enfin M. Bricheteau, qui avait entendu la lecture des deux mémoires de M. Falret, destinés à développer et à prouver son opinion émise en 1823, en rendit compte dans les numéros de mars et avril des bulletins de la Société médicale d’émulation. Cette analyse de deux mémoires lus devant une société savante avant l’apparition de la Nouvelle doctrine des maladies mentales , par M. Bayle, représente très en abrégé, mais avec fidélité, les opinions principales de M. Falret, et il suffit, conjointement avec la note de ce médecin, lue en 1823 à l’Athénée demédecine, pour démontrer qu’on ne peut sans mauvaise foi contester à M. Falret d’avoir le

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premier émis et cherclié à prouver le principe subversif des idées universellement accréditées, qui consiste à rattacher les symptômes des ma*ladies mentales aux altérations du cerveau et de ses membranes comme les effets à leurs causes.

Mettons sous les yeux du lecteur cette analyse faite par M. Bricheteau, que recommande à l’estime publique et son caractère et son instruction profonde, si bien appréciée par notre vénérable Pinel, lorsqu’il l’associa à tous les travaux dont il a enrichi le Dictionnaire des sciences médicales.

« Dans le travail dont il s’agit, dit ce médecin, le docteur Falret s’est attaché à développer diverses opinions qu’il avait déjà annoncées en 1822 et 1823, comme les bases d’un ouvrage qu’il était sur le point de pubher, et qui va en effet bientôt paraître.

»I1 pense que les lésions variées du cerveau et de ses membranes, que les médecins de l’époque actuelle regardent comme les effets des maladies mentales, en sont les véritables causes. Il a comparé les lésions trouvées dans le cerveau et les méninges des aliénés, avec les lésions observées dans les poumons, le cœur et l’estomac d’individus affectés de diverses maladies de ces organes, et a établi que ces lésions étaient de meme na-

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ture, et difïéraient seulement par leur siège. Selon lui , c’est une grande inconséquence de considérer, d’un côté, les altérations organiques des viscères comme la cause du trouble de leurs fonctions, et de l’autre , de reculer devant la même induction , lorsqu’il s’agit de prononcer sur les mêmes altérations trouvées dans le cerveau et les méninges des aliénés. M. Falret s’est élevé avec force contre l’opinion de certains médecins, comme MM. Gall et Spurzheim par exemple, qui ont prétendu que, dans les maladies mentales, une lésion vitale précède toujours un dérangement organique ; et il a ajouté qu’il n’était pas plus possible de concevoir d’isolement, dans l’état de santé , entre les propriétés vitales et les tissus organiques , qu’une succession dans l’altération des uns et des autres; enfin, que les tissus organiques et leurs propriétés devaient être simultanément affectés.

? Il a placé au premier rang des fausses interprétations admises par ses prédécesseurs dans le sujet en question, cette disposition des esprits plus ou moins générale, suivant les diverses époques, à isoler de l’organisme les facultés intellectuelles et affectives ; disposition attestée par les dénominations'scientifiques des maladies de l’ame, maladies de l’esprit, aliénations mentales, etc.

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» Parmi les causes d’erreur particulières aux contemporains, M. Falret a signalé le scepticisme, dont, suivant lui, on a beaucoup trop exagéré les avantages; il soutient qu’on a porté l’esprit de doute beaucoup trop loin dans une matière où il fallait, au contraire, introduire l’esprit de recherche et d’investigation.

» Ce médecin pense qu’on a été souvent trompé par l’acception donnée aux mots lésions organiques, dénomination trop restreinte, à la désorganisation presque complète des tissus, et qui doit s’étendre à toutes les modifications pathologiques des organes. Il croit que détourner ainsi le sens naturel des mots c’est s’exposer aux plus vicieuses interprétations, et à prendre pour des lésions diverses différents degrés d’une même maladie , en reconnaissant une subordination vicieuse de cause à effet.

»Une autre cause d’erreur dans l’interprétation des lésions de l’encéphale et des méninges, notée par M. Falret, dérive de ce qu’on a cherché à établir une ligne de démarcation rigoureuse entre le délire produit par les affections aiguës de ces parties, et les maladies mentales, dont la nature lui paraît la même, mais dont la marche est beaucoup plus lente.

» L’auteur signale aussi comme très nuisible

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aux progrès de la science cette tendance générale des esprits à supposer que les maladies mentales doivent reconnaître pour cause une lésion spéciale toujours la même, comme si les fonctions du cerveau ne pouvaient pas être troublées, perverties par des lésions diverses, ainsi qu’il arrive aux fonctions remplies par d’autres organes. Des hommes recommandables, suivant notre auteur, tels que Morgagni, Dumas et Stoll, sont tombés dans cette erreur : le premier, en voulant que la dureté du cerveau hit la cause unique de la folie, à l’exclusion de toute autre altération ; et les deux autres, en accordant cette sorte de privilège à la frénésie chronique. C’est cette même tendance à limiter la cause prochaine de cette maladie à une seule lésion , qui a entraîné M. Lallemand, professeur à Montpellier, à établir que le délire est spécialement produit par l’inflammation de l’arachnoïde

i>M. Falret avait aussi, dès l’année 1822,établi dans son Traité de Thypochondrie et du suicide^ que les méninges étaient souvent lésées dans la folie ; mais il est loin de croire que ces membranes soient le siège exclusif de cette maladie.

* Deuxième Lettre anatomico-patliologîque; sur Tencéphale et ses dépendances, page 246.

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Le cerveau et le cervelet lui paraissent également être, dans un grand nombre de cas, le point de départ de l’état maladif.

» L’opinion de ce médecin est donc opposée à celles qui sont aujourd’hui les plus accréditées, puisqu’il regarde comme cause organique des maladies mentales les mêmes altérations que MM. Pinel, Esquirol, Gall, Fodéré, Dubuisson , Georget, etc., considèrent comme les effets de ces affections. Il se trouve pareillement en opposition avec Morgagni, Stoll, Dumas et autres, qui tendent évidemment à substituer leurs observations particulières à l’universalité des observations.

» M. Falret croit,en définitive,que les maladies mentales sont dues tantôt à une conformation vicieuse, native; ou acquise, du crâne ou du cerveau ; tantôt à une lésion des méninges. Il admet aussi que, dans certains cas, les affections mentales doivent être attribuées à la dureté du cerveau, et, dans d’autres, au ramollissement partiel ou général de cet organe; en un mot, que chacune des lésions de l’encéphale et de ses enveloppés, mentionnées par ses prédécesseurs comme effet, peut être considérée comme la cause organique de quelques maladies mentales. Néanmoins, il se croit autorisé par l’observation à avancer que

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l’engorgement des vaisseaux de la pie-mère et du cerveau est la plus fréquente des altérations qu’on trouve dans l’encéphale et les méninges chez les aliénés. ’

» Le plus faible degré d’engorgement offre une simple distension des vaisseaux, et le plus fort se manifeste lorsqu’on incise le cerveau par une multitude de gouttelettes de sang, qui se reproduisent aussitôt qu’on les essuie. .Quelquefois les points sanguinolents qu’on voit de toutes parts en divisant l’encéphale, donnent à cet organe une teinte rouge, et à ses divisions l’aspect sablé de certains granits ou porphyres rouges. L’auteur avait déjà noté cet état de la pie-mère et du cerveau dans son ouvrage sur Yhjpochon-

* Peut-on croire qu’ün langage si clair, si positif, n ait pas été compris par tous les esprits, et que M. Bayle ait pu avancer que M. Falret n’indique point de quelle nature sont les lésions du cerveau et de ses membranes, qui produisent les maladies nàentales? Peut-on imaginer que cet auteur ait pu ajouter que jusqu’à ce jour l’opinion de M. Falret était une assertion sans preuves, puisque deux séances entières ont été consacrées par M. Falret à la lecture des faits et dès raisonnements qui l’étayent antérieurement à la publication de la Nouvelle doctrine de M. Bayle, et qu’un compte en a été rendu dans les bulletins de la Société médicale d’émulation.

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drie et le suicide, pages 179 et 233 ; ouvrage si remarquable, que même les Anglais et les Allemands l’ont mis au rang des classiques.

» M. Falret, dans la suite de son travail, soumet à une analyse rigoureuse un grand nombre d’observations de folies recueillies avec soin, et cherche à établir le diagnostic de cette maladie. L’adjectif médical lui paraît essentiel pour caractériser l’espèce de diagnostic dont il parle, parceque , selon lui, ce n’est pas connaître une espèce de folie que de savoir la rapporter à la manie, à la mélancolie, ou à la démence ; c’est là le diagnostic des psychologistes. Il pense qu’on ne peut établir le diagnostic d’une maladie , si on ne donne aux phénomènes extérieurs une valeur représentative de l’état intérieur de la lésion de l’organe qui en est le siège, si on ne transforme les symptômes en signes, si les effets ne sont pas liés par la pensée à leurs causes organiques , etc. »

Le travail de M. Falret nous conduit naturellement à parler de l’opuscule que vient de publier M. Bayle, sous le titre ambitieux de Nouvelle doctrine des maladies mentales. Non seulement cette brochure ne contient rien de nouveau, mais encore l’auteur y présente, comme siennes, des opinions , dont les unes ont été

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émises il y a déjà bien long-temps, et dont les autres ont été annoncées, il y a deux ans, par le docteur Falret, exclusivement livré, comme on sait, à l’étude des maladies mentales. Il y a deux idées fondamentales dans la dissertation de M. Bayle. La première a pour objet d’établir que la folie consiste le plus souvent dans une inflammation chronique des méninges {arachnoïde et pie-mère') , et quelquefois dans une irritation spécifique ou sympathique du cerveau. Or, cette idée n’est pas nouvelle, puisqu’elle a été celle de plusieurs auteurs, et notamment de M. Lallemand de Montpellier, qui dit ( lettre 2®, pag. 246 ) qu’on n’observe jamais le délire dans les inflammations du cerveau ; que ce symptôme appartient spécialement aux inflammations de Farachnoïde; et ilajoute que M. Boyer-Collard, médecin à l’hospice de Gharenton , l’a confirmé dans cette opinion , en lui assurant que, chez presque tous les aliénés qu’il avait ouverts depuis plusieurs années , il avait remarqué les mêmes altérations de Farachnoïde. La date de la lettre de M. Lallemand est de 1820. M. Falret , dans son Traité de Vhypochôndrie et du suicide, indique aussi très positivement les lésions des méninges comme cause de l’aliénation mentale. En général, dit-il, je trouvequ’on ne faitpas assez

d’attention aux lésions des méninges dans l’aliénation mentale. Dans beaucoup de circonstances, elles offrent des traces d’irritation plus ou moins intenses; et, plus loin, il cite des faits de ce genre. Dans un travail imprimé plus tard dans la Bibliothèque médicale * , M. Falret s’exprime ainsi : « Depuis la publication de mon livre sur Yhypochondrie et le suicide, je fais de cette question (la nature de la folie) l’objet habituel de mes réflexions ; et je crois être à même de prouver que les lésions méningiennes et cérébrales observées chez les aliénés sont suffisantes pour expliquer les symptômes des maladies mentales; et dès lors, contradictoirement à l’opinion des plus grands maîtres, la nature de cette affection n’est-elle pas connue ? » L’auteur reproduisit, à peu près à la même époque, les mêmes idées , dans l’article Aliénation de l’Encyclopédie moderne de M. Courtin, où il annonce évidemment qu’il s’occupe depuis long-temps d’un ouvrage étendu et ex professo sur cette matière, objet de la méditation de tous ses instants dans un grand établissement d’aliénés.

* Inductions des ouvertures des corps des aliénés , lues^ à TAthénée de médecme le 6 décembre 1823, et publiées dans la Bibliothèque médicale de janvier 1824.

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Le second point capital traité dans la dissertation de M. Bayle consiste à établir des rapports de cause à effet entre les altérations de l’encéphale et de Ses membranes, et les symptômes des maladies mentales. Sous ce rapport encore , la priorité appartient à M. Falret, et ses droits sont consignés dans l’article de la Bibliothèque médicale , dont il a été question plus haut.

Gette importante corrélation entre les signes de la folie et les altérations cérébrales et ménim giennes qui la produisent, a donc été, comme on le voit , proclamée par le docteur Falret. 11 est tellement pénétré de la vérité et de l’importancë de son opinion, qu’il l’a reproduite sous diverses formes dans les écrits qu’il a publiés, comme on- peut le voir à la page 233 de son Traité du suicide et de Vhypochondrie \ et dans son article de l’Encyclopédie moderne.

Disons, en terminant, qu’il paraît difficile que M. Bayle ignorât les travaux de M. Falret, puisque, dans sa thèse , il cite cet auteur distingué à Siège des maladies mentales ^ et qu’il est en oîitre collaborateur Bibliothèque médicale (6 décembre iSaS), où ce dernier avait consigné son opinion sur les inductions à tirer des ouvertures des corps des aliénés, et dont il est venu présenter le développement à la Société

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médicale d’émulation, dans une de ses séances du mois de février 1825. »

11 résulte de tout ce qui précède , que M. Falret est le premier qui ait proclamé, sous forme de principe général, l’importante corrélation des symptômes de la folie et des altérations cérébrales et méningiennes. La note insérée dans la Bibliothèque médicale , l’article Aliénation mentale de l’Encyclopédie moderne, la lecture de deux mémoires à la Société médicale d’émulation , et le compte rendu de ces mémoires dans les bulletins de cette société avant l’apparition de la. Nouvelle doctrine par M. Bayle, toüt prouve incontestablement que le principe fécond dont M. Bayle réclame la priorité a été énoncé avant lui par le docteur Falret: Toutefois M. Falret ne dit pas qu’il soit le premier qui ait attribué les maladies mentales à une lésion du physique, à une altération du cerveau ; il n’ignore pas les travaux des Bonnel, des Morgagni, des Meckel,etc. ; mais ce médecin peut soutenir avec juste raison que le premier il s’est élevé contre cette spécialité de lésion de l’encéphale à laquelle ces grands médecins semblaient attribuer toutes ces affections, et qu’il a accordé à chacune des lésions nombreuses observées par lui ou ses prédécesseurs, dans le cerveau et ses membranes chez les alié-

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nés, une influence plus ou moins grande sur la production des maladies mentales, au lieu de les regarder comme des effets, conformément à l’opinion généralement accréditée. M. Falret a le droit de revendiquer la priorité relativement à l’énoncé de ce principe, et aux premiers développements dans lesquels il est entré pour en démontrer la justesse i elle a été reconnue par mm. Briclieteau, Joly et Miquel; elle sera recon*^ nue par tout homme de bonne foi qui voudra prendre le soin d’examiner les faits, qui, selon nous, la lui assurent de la manière la plus positive. Quant aux applications que l’on, fait main« tenant de ce principe, ou qu’on peut en faire, plus tard, le public jugera , lorsque M. Falret aura publié son travail, si elles sont aussi nombreuses et aussi justes dans les ouvrages des médecins qui l’auront adopté, que dans celui de M. Falret, qui l’a conçu, proclamé , et qui déjà a cherché à en démontrer l’excellence dans deux séances de la Société médicale d’émulation.

. S’il entrait dans notre plan d’examiner les idées émises par M, Bayle, relativement à l’influence qu’il accorde à l’inflammation des méninges , et particulièrement de l’arachnoïde, sur la production des maladies mentales, nous

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ferions voir que les faits mêmes dont il croit étayer son opinion fortifient au contraire celle de M. Falret, savoir que la véritable cause prochaine ou du moins la plus fréquente réside dans l’engorgement des vaisseaux de la pie-mère et dans ceux du cerveau; nous montrerions les étranges contradictions dans lesquelles il est tombé; nous signalerions surtout le défaut de con-; cordance entre les idées générales de cet auteur et ses observations particulières. Comment concilier , par exemple, la phrase suivante , insérée page i 3 de la Nouvelle doctrine des maladies mentales^ avec celle que nous lisons, page 49 » du même opuscule.

« Dans le plus grand nombre des cas , l’alié« nation est produite par une lésion physique, qui consiste presque toujours dans une phlegmasie chronique des méninges (arachnoïde et pie-mère), et quelquefois dans une irritation spécifique ou sympathique du cerveau. »

« La méningite chronique est la cause prochaine d’w/z cinquième environ des maladies mentales chez les hommes, et àiun trentième à un trente-cinquième Noeot les femmes. »

Que M. Bayle se flatte d’avoir le premier considéré les maladies d’orgueil comme produites par l’inflammafion chronique des membrane du

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cerveau, M. Falret ne viendra pas certainement lui disputer la priorité de cette singulière opi-; nion ; mais lorsque M. Bayle se félicite d’avoir contribué à conduire M. Falret à la véritable doctrine de l’aliénation mentale, n’est-on pas en droit, de rechercher sur quel fondement s’appuie une semblable prétention? Est-ce par sa Nouvelle doctrine ou par son ouvrage sur les maladies du cerveau que M. Bayle pense avoir éclairé l’opinion de ce médecin? Il a donc oublié, et la note insérée dans la Bibliothèque médicale en janvier, 1822, et la lecture de deux mémoires sur l’anatomie pathologique, faite à la Société médicale, d’émulation avant la publication de ces travaux. - En un mot, on oppose à M. Bayle un fait bien simple et un argument invincible : qu’il consulte l’ordre des dates. Croit-il avoir gain de cause en citant sa thèse soutenue en 1822, contre les publications de M. Falret, faites en 1824 et en 1825? On répond que dans ce cas il n’existe aucune parité entre les opinions de ces médecins, comme l’ont très bien reconnu MM. Bricheteau, Joly et Miquel.

Bornons-nous enfin à rappeler qu’à chaque page de sa thèse, M. Bayle émet et partage l’opinion de nos devanciers sur l’aliénation essentielle. *

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En effet, M. Bayle considère sous le meme point de vue, et comme cause de l’aliénation mentale, l’araclmitis chronique, la goutte, la gastrite et la gastro-entérite chronique, affections qui ne peuvent pas être confondues par un esprit judicieux, et qui réellement ne sauraient constituer les causes organiques des maladies mentales, puisque le siège d’une maladie ne peut résider que dans l’organe dont les fonctions sont dérangées , ce qui fait que M. Bayle prend évidemment un effet, ou une complication, ou une cause éloignée, pour la cause organique. Une nouvelle preuve que M. Bayle était loin de chercher la corrélation dont nous parlons, c’est que dans cette thèse il ne cherche à faire connaître l’arachnitis , la goutte, la gastrite, etc. j que comme cause d’une aliénation symptomatique, confondue jusqu’à lui avec ^aliénation essentielle {y ojqz page 39). Et comment d’ailleurs M. Bayle aurait-il eu l’idée de chercher la corrélation des faits que M. Falret établit entre les symptômes de l’aliénation et les altérations de l’encéphale, lui qui prétend, pi^e 6 de cette même thèse, que les nombreuses recherches anatomiques faites sur les cadavres des aliénés ont prouvé d ’une manière incontestable que dans le plus grand nombre des cg^ il ny a aucune lésion orga-

3^0 RECHERCHES CAHAt'^ÊRIQUES.

nique appréciable aux sens, soit dans le cerveau, soit dans ses dépendances ?

La discussion dans laquelle nous nous sommes engagé, et la franchise avec laquelle nous l’avons traitée , ne nous empêchent pas d’avoir pour M. Bayle la considération que méritent ses talents; et si nous sommes entré dans des développements qui pourront peut-être ne pas offrir le même intérêt à tous nos lecteurs, nous l’avons jugé nécessaire, autant par respect pour la vérité que pour indiquer l’état actuel delà science et fortifier par ces nouveaux aperçus de notre confrère Falret les idées que, dans le cours de cet ouvrage,nous avons manifestées sûr la nature et le siégé des maladies mentales : passons maintenant au traitement de cés affections.

TRAITEM. DE l’aLÏÉN. MENTALE. Sgi

TRAITEMENT

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