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OPÉRATION PAR LE CAUSTIQUE. GUÉRISON

Le 14 janvier 1881, P..., 26 ans, célibataire, de

bonne constitution, de tempérament nerveux, nous consulte pour une tumeur du sein droit qui la fait beaucoup souffrir depuis six mois et qui a atteint le volume d’un œuf de dinde. Les douleurs lancinantes et nocturnes deviennent intolérables, surtout la nuit et la santé commence è s’altérer.

A l’examen : tumeur volumineuse, dure, bosselée, en partie mobile mais dont la base semble adhérente aux côtes, pas de ganglions axillaires indurés. Opération par le caustique le 15 janvier 1881 jusqu’au 21 janvier, sept applications de caustique ont été faites; le 18 janvier après la troisième cautérisation, nous découvrons au centre de la tumeur un vaste kyste rempli de matière colloïde et un peu de sang, l’examen microscopique nous donne des cellules épithéliales abondantes plus

ou moins déformées, des cellules rondes, des corpuscules de graisse; ce qui nous autorise à diagnostiquer un cijsto-sarcome encéphaloide (lii sein.

Le 21 avril 1881 la malade est parfaitement guérie, la cicatrisation est complète et la santé ne laisse rien à désirer. En 1886 nous'avons revu la malade qui jouissait d’une parfaite santé sans la moindre trace de récidive.

30 AFFECTIONS UTERINES.

Xlll. SQÜIURHE lUJ COL UTÉRIN.

M""‘ v^* H..., de Jodoigne, 82 ans, ayant eu deux enfants, d’un tempérament lymphatique vient me consulter en mars 1874. Elle souffre depuis huit mois de douleurs dans le ventre, surtout dans les hypochondres. La menstruation n’est plus régulière, les douleurs sont lancinantes et exaspérées, pendant la nuit elles s’irradient dans les cuisses et produisent parfois une miction pénible, sans que les urines présentent cependant atiam caractère pathologique spécial. Douleurs dans tes reins et dans les aînés, quand elle se fatigue et plus encore quand elle voyage en chemin de fer et surtout en voiture (signes palhognomoniques d’une affection du col utérin) .

La malade s’est beaucoup affaiblie et a maigri considérablement, anémie, dyspepsie gastro-intestinale, bruit de souille artériel, vapeurs, ‘dispositions fréquentes à la syncope. La malarle nous dit avoir consulté bien des médecins dont les divers traitements n’ont amené aucune amélioration. M. le docteur Hubert, père, professeur de gynécologie è l’üniversité de Louvain, la croit, nous dit la malade, atteinte de cancer au col de la matrice et

pense qu’une opération doit être pratiquée sans tarder.

Un chirurgien de Bruxelles qu’elle a consulté depuis et à qui elle a confié l’opinion du professeur Hubert refuse de l’opérer.

L’examen an spéculum nous montre :

Col utérin hypertrophié, surtout dans sa moitié gauche, dont la lèvre est considérablement augmentée de volume, tissu dur, lardacé, sans ulcération.

Le toucher vaginal donne les renseignements suivants :

Col utérin allongé, dur, bosselé ; sa lèvre gauche est noueuse, hypertrophiée. La lèvre droite est presque normale.

Le toucher rectal nous révèle un utérus non douloureux, de volume normal, sans dureté, ni nodosité.

Pas d’adénites inguinales, ni de ganglions mésentériques engorgés; pas non plus de traces de ganglions durs, dans le cul-de-sac rétro-vaginal, que le docteur Tillot Émile, médecin-inspecteur des eaux minérales de Luxeuil, a signalé comme un signe caractéristicjue des affections organiques du corps de rulérus, aiguës ou chroniques; ce signe clinique nous paraît de la plus haute importance dans le diagnostic diljérentiel des affections de l’utérus (1).

I^a sensation au toucher de l’irrégularité des bosselures du col, qu’a signalé le professeur .1. IL Bennet, comme signe pathognomonique du cancer du col, alors que dans la métrite simple ou l’hypertrophie du col, les tissures qui sillonnent le col rayonnent régulièrement de son ouverture vers le centre, tous ces signes cliniques nous font diagnostiquer un cancer sguirrlieux du col utérin.

(1) De l’adénite périutérine chronirtue en petits noyaucc, par le docteur Emile Tillot, médeciii-iiispecteur à Luxeuil ; Laris, 1S85.

Nous proposons à la malade l’opération par le caustique qu’elle accepte. Le 2 avril 1874, première application de pâte caustique sur le col utérin; le 3 avril, excision de l’escharre par des ciseaux que nous avons fait confectionner pour cet usage; deuxième cautérisation ; le 4 avril, troisième application du caustique.

Le 5 avril, bains, irrigations émollientes.

Le 29 mai, la malade retourne chez elle parfaitement guérie.

Depuis lors M'*’® H... ne manque jamais de venir me voir une ou deux fois par année. Je l’ai revue et visitée en janvier 1888, elle jouit d’une sanlé parfaite et depuis quatorze ans elle n’a plus souffert du tout de la matrice.

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