OBSERVATION
Mime D., 34 ans, ménagère.
Entrée le 7 mars 1919, à Longchène.
A. H. Rien à signaler.
A. P. Mariée à 16 ans. Typhoïde à 19 ans. Diphtérie à 28 ans. Deux enfants vivants, bien portants, un autre mort de diphtérie. En novembre 1917, douleurs dans la région Ilombaire très vives, beaucoup plus vives qu'auparavant, car la malade dit avoir souffert dans cette région, depuis sa première grossesse. En novembre 1917, elle est soignée ‘à la Croix-Rousse, pour sciatique gauche. Elle né s'est jamais remise. Sortie de l'hôpital, elle travaille à nouveau, mais doit bientôt s'arrêter, pour être hospitalisée à nouveau (service Delore), où on la traite pour une coxalgie gauche. Elle sort le 11 octobre, convalescente. Elle ne toussait pas encore. Elle rentre chez elle, où elle est seule. À partir de ce moment, elle perd le sommeil et l'appétit. Ses forces déclinent. En novembre 1918, elle commence à tousser une vingtaine de quintes par jour, elle crache peu, ce qui domine encore au point de vue signes fonctionnels, ce sont les troubles digestifs.
A partir du 14 décembre 1918, la malade doit garder le lit, ells tousse beaugoup, expectore beaucoup également, pas d'hémoptysies cependant, la température ne dépasse pas 38°5 le soir. Un médecin appelé donne de la créosote et du goudron qui provoquent des vomissements et de la diarrhée, affaiblissant encore la malade.
En janvier et février, une légère amélioration, la malade remarque une légère boursoufflure de la face.
A l'entrée, le 7 mars, hanche gauche douloureuse. Malade au facies très pâle. Tlle tousse peu dans la journée, davantage la nuit et le matin. Son expectoration (1/4 de crachoir par 24 heures) est nummulaire. Pas d'hémoptisie. Un point de côté, à la base gauche, assez violent. Cœur : bruits voilés. Tension, 9.0 - 5.0. Albumine dans les urines.
A l'examen, dans la fosse sus-épineuse gauche, on note du tympanisme, de l'exagération des vibrations vocales, à l'auscultation des râles cavorneux nombreux et de la bronchophonie.
Dans la fosse sous-épineuse, et surtout à la base gauche, on à également du tympanisme avec de la douleur à là per-
cussion à la base, des gros râles caverneux et de la bronchophonie.
A droite, de la matité de la fosse sus-épineuse, avec quelques craquements. Rien dans la fosse sous épineuse ct à la base.
En avant, très forte matité des fosses sus et sous-claviculaires gauches et à l'auscultation des râles caverneux. En somme, prédominance très forte des signes à gauche.
Le 6 avril, l'état général s'aggrave, la malade se cachectise. La température a monté brusquement à 39° et se maintient en plateau. Les signes d'auscultation, ainsi que le tympanisme ont augmenté à la base gauche. Les signes sthétoscopiques sont mal explicables. S'agit-il d'une spélonque énorme, unilatérale allant jusqu'en bas ou d’un pneumothorax ? Il semblerait que ce soit plutôt un pneumothorax, ayant évolué sans bruit.
Le 42 avril. Les signes de pneumotarax de la base gauche se confirment, pas de signe du sou, pas de succusion, mais en un point très linité on a du retentissement métallique de la voix, de la toux et du murmure. En somme, c’est bien un pneumothorax. |
A noter la particulière fétidité de l'expectoration, qui atteint un crachoir ét demi par jour.
Le 3 mui. L'état général est plus grave, l’expectoration très fétide ; œdème des jambes. Les signes de pneumothorax ont certainement disparu à la base gauche à l'examen d’aujourd'hui. Il n’y a plus de pneumothorax, mais sulement des signes de géodes.
Décès le 22 mai.
AutopSie le 23 mai. On fait l'épreuve de la ponction en reliant le trocart à un flacon plein d'eau. Epreuve négative.
On trouve aux poumons, à gauche, une assez grosse caverne du sommet, deux autres à la région moyenne, mais ce qui fait la particularité de ces lésions, c’est l'existence à la base gauche d’une énorme spélonque ayant détruit le lobe inférieur, tout entier, sans aucune ouverture, ni cicatrice d'ouverture de la paroi, pouvant faire soupçonner l'existence d’un pneumothorax, à un moment donné.
Il faut ajouter qu'il ne reste plus de trace de parenchyme entre la paroi et la plévre qui sont soudées, c'est là, sans doute la raison qui explique la présence des signes ‘de pneumothorax.
À droite, une caverne juxta hilaire.
Ici donc, à l'examen clinique, une caverne de la base avait
été soupçonnée, bien que l'on ait cru pendant longtemps à un pneumothorax, mais la géode diagnostiquée, on était loin de penser à cetto énorme perte de substance, à cette fonte de tout le lobe inférieur, qui a été une surprise d’autopsie, de par sa dimension. Nous reparlerons d’ailleurs de cette observation, quand nous étudierons le diagnostic des géodes baciliaires de la base, avec le pneumothorax; mais dès maintenant nous tenons à signaler combien lexamen clinique aussi approfondi et serré fût-il, est loin de nous donner une idée exacte de la dimension d'une caverne tuberculeuse de la base. Et l’on sait d’ailleurs parfaitement qu’il est d’obser: vation courante que les lésions vues à l'écran, aux rayons X, sont plus étendues que ne laissait soupçonner l'examen clinique aussi serré fuüt-il.