‹ Des Cavernes Tuberculeuses de la Base du Poumon Chez l'Adulte et de leur Diagnostic Clinique en ParticulierChapitre 16 sur 25 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Mile P.., 19 ans, couturière. Entrée à Longchêne-le 15 avril.1919.

Rien à signaler au point de vue antécédents, héréditaires. A 7 ans, pneumonie, dont elle a bien guéri. Jusqu'à l'âge de 18 ans, s'est assez bien portée ; pas de bronchite, pas de ganglions.

Réglée à 14 ans, régulièrement.

En septembre 1918, elle prend la grippe, qui débute par une angine, avec température à 39° pendant un mois. Dès ce moment, elle commence à tousser, souvent par quintes, toutes les dix minutes. Elle expectore un crachoir de crachats purulents, jaunâtres. Jamais d'hémoptysie. Sueurs nocturnes, vers trois où quatre heures du matin. surtout. Elle avait perdu à peu près totalement l'appétit, digérait cependant assez bien. Points de côté bilatéraux. Règles supprimées de septembre à décembre. Soignée chez elle.

Elle entre dans le service, à Longchêne, le 15 avril. A.ce moment là, malade pâle, mais avec légère teinte brunâtre, elle à maigri de cinq kilogs depuis septembre. La toux est moins fréquente, survenant toutes les demi-heures, l’expectoration, toujours purulente, a diminué (1/4 de crachoir par 24 heures). La malade se plaint d’un point de côté à la base droite. La température est à 3893 le soir, 3704 le matin. Les sueurs nocturnes ont disparu depuis un mois. La malade se 1 toujours faible. Légère dyspnée. L'appétit est meilleur, les digestions sont bonnes, les selles régulières.

Les His sont revenues depuis décembre, régulières, peu

1hendantes, indolores.

Les bruits du cœur affectent le rythme pendulaire,

La tension, au Potain, est à 9.0 - 4 £

Rien cans les urines. |

Laryngite avec pâleur marquée du voile du palais.

leints légerement brunâtre de Ia peau.

A lPeramen des poumons

Atrophie musculaire.

En arrière, à gauche, submatité de la fosse sus-épineuse, avec inspiration rude, expiration granuleuse ; matité à lextrême base, expiration prolongée.

A droite, matité de la fosse sus-épineuse avec exagération des vibrations vocales, râles crépitants après la toux, peu nombreux. Dans la fosse sous-épineuse et à la base râles crépitants plus nombreux.

3 mai. On ne trouve rien de plus à l'auscultation, mais l'examen des crachats ou point de vue bacilles de Koch est positif.

18 juin. L'expectoration est toujours d'environ un quart de crachoir de crachats purulents, la toux est évaluable à six quintes par heure. On note une légère dyspnée. Un point de côté, à gauche, un léger retour des forces. La tension n'a pas bougé. Les règles sont supprimées, la laryngite n’est pas améliorée.

On note dans la fosse sus-épineuse gauche de la submatité, une inspiration rude, sans bruits surajoutés. Il en est de même pour tout le poumon gauche. A droite, dans la fosse sus-épineuse, matité, craquements, pas de souffle. Dans la fosse sous-épineuse, .de la matité, des râles humides, de la bronchophonie. A la base, on a un bruit de pôt fêlé très net, des vibrations vocales exagérées. Un souffle amphorique et des râles à timbre légèrement métallique, de la bronchophonie. Dans la fosse sus-claviculaire droite, pas de matité, auscultation gênée par les bruits du cœur qui sont propagés à ce niveau d’une façon particulièrement intense. Fosse sousclaviculaire, quelques craquements.

En somme, il s'agit d’une spélonque de la base, siégeant en plein centre du lobe inférieur, évolution avec signes généraux pas très marqués, marchant plutôt d'une facon imsidieuse. À souligner que la bacillose a évolué à la suite d’une grippe et que son processus, sans grand fracas, à été méconnu jusqu'à l'entrée de la malade à Longchêne. Il est intéressant de noter un bruit de pôt fêlé très net à la percussion. Le diagnostic de bacillose s'est fait par l'évolution bacillaire d'un sommet et le diagnostic différentiel d'avec le pneumothorax

(3) —— ,) it

s'est fait par le pôt fêlé, l'exagération des vibrations vocales, confirmé par l'examen radioscopique, quoique l'on ait cependant un souffle amphorique et des râles à timbre légèrement métallique pouvant en imposer pour un pneumothorax.

Page 1