CHAPITRE IV
Diagnostic des Cellulo-névrites
L’allure générale de toutes les manifestations précédentes, cellulo-névrites totales, radiculo-méuingites aiguës et subaiguës, paralysie isolée des nerfs craniens, ne trompe pas la plupart du temps : chez des sujets jeunes, en bonne santé, sans antécédents pathologiques, le plus souvent apparaissent brusquement de petits symptômes d'infection générale, avec des paralysies parcellaires ou plus étendues, ou massives, réaction méningée appréciable, allure franche, évolution vers la guérison, le plus souvent complète, quelquefois avec séquelles, ou plus rarement vers la mort par bulbite ou encéphalite. |
L’anatomie pathologique, évidemment incomplète puisque la plupart des malades guérissent, confirme cette impression. :
Les données étiologiques précises manquent, et dans ces conditions, on ne saurait faire que des rapprochements nosographiques aléatoires.
Une règle fondamentale de pratique doit être en tous cas observée : ne parler de cellulo-névrite pri-
mitive qu'après des éliminations Bee dont
voici les plus importantes : :
A)lly a des phénomènes généraux nets,
a) On pense tout naturellement à la maladie poliomyélitique de Heine-Médin, avec ses paralysies
ne - 0 flasques et ses douleurs plus fréquentes qu'on ne
le dit. Dans la très grande majorité des cas, les phénomènes généraux sont beaucoup plus intenses que dans les cellulo-névrites. De plus, caractère essentiel, les paralysies sont d’emblée plus totales, l’atteinte des troncs périphériques est infiniment moindre, même dans les formes névritiques de Schreiter, Marinesco. Une confusion n’est pas possible avec les cellulo-névrites locales. U
Au cours des épidémies récentes de poliomyélite, on a signalé l’atteinte isolée de plusieurs nerfs craniens :.le facial, l’hypoglosse, les moteurs oculaires (surtout VI° paire), le glosso-pharyngien, le
‘pneumo-spinal, le trijumeau. Leur forme habi-
tuelle procède de caractères généraux de l’affection : le début est brutal, fébrile:; en 48 heures ont apparu des paralysies rapides, d’emblée à leur maximum, puis certains muscles récupèrent rapidement leur mobilité, alors que d’autres s’atrophient. La mort, ici, est fréquente et le sérum des malades neutralise le virus poliomyélitique: il y a donc une différence très nette entre ces observations et les nôtres. Cependant, en cas de doute, la sérothérapie n’est nullement contre-indiquée.