‹ Des Cellulo-névrites aiguës primitivesChapitre 22 sur 27 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

. Etat méningé primitif intense; deux jours de paralysie des nerfs craniens symétriques (des VI° et VII paires), légère atteinte cellulo-névritique des membres infé-

rieurs; guérison rapide.

M"° Bel..., 15 ans, en excellente santé, sans le moinare antécédent; le 30 avril 1924, elle passe une mauvaise

nuit; le l‘ mai éclate une céphalée très intense et une température (40°) à 6 heures du matin; puis vomissements dans la matinée; le soir 40°4, nuit mauvaise, vive céphalée, pouls 125 à la minute; obnubilation marquée mais sans délire. | Ponction lombaire le deuxième jour, parce que la nuque est raide, douloureuse; il existe un signe de Kernig accentué; liquide louche, hypertendu (65 en position assise) renfermant 0 gr. 60 d’albumine, sans fibrine. Pandy et Nonne I positifs; cellules 350 (presque exclusivement des lymphocytes et des moyens monos). Bordet-Wassermann négatif; benjoin 1122; pas de germe à l'examen direct et à la culture; glucose, 0 gr. 70, Nael 6,95. La malade est immédiatement soulagée par la soustraction de 20 cm3 de liquide; l’obnubilation disparaît dans la matinée; le soir même (troisième jour de la maladie) double paralysie des moteurs oculaires” externes avec strabisme: tous les autres nerfs craniens sont indemnes. La malade éprouve quelques douleurs dans la plante des pieds, brûlures et fourmillements; les troisième et quatrième jours de la maladie sont caractérisés par une amélioration sensible de la céphalée et de l’état général; bien que la température soit toujours élevée, la malade demande à s’alimenter, se trouve « à peine fatiguée », maïs les fourmillements des membres inférieurs sont plus accusés et permanents; on vonstate d’ailleurs une douleur indiscutable au palper prolongé des membres, une très forte diminution des réflexes achilléens, sans trouble objectif des sensibilités; au cinquième jour de la maladie, la matinée est excel- . lente bien que la température soit encore à 39° et que la paralysie des oculomoteurs persiste; mais la situation s'aggrave dans la soirée, la température est alors à 40°8; la céphalée reprend et aussi la raïideur de la nuque; une double paralysie faciale périphérique est incontestable,

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surtout du côté gauche; ni myoclonie, ni hoquet, ni somnolescence, ni trouble confusionnel. Une ponction lombaire montre un liquide extrêmement hypertendu (45 en position assise) légèrement opalescent, renfermant 340 lymphocytes, 0,75 d’albumine; Pandy et Nonne I négatifs, sucre 0,75, Nacl 6 gr..8, Bordet-Wassermann négatif ; benjoin 1122. La ponction est suivie d’un soulagement immédiat.

Deux jours après, la température est de 38° et va redescendre encore au-dessous à partir de ce moment là; état général parfait, plus de céphalée ni de douleur; lophtalmoplégie et la diplégie faciale ont disparu en quelques jours; les fourmillements dans les pieds et dans les jambes ont disparu un mois après le début; les achilléens sont démeurés diminués. Une troisième ponction lombaire, le douzième jour a montré : albumine, 0,30, cellules 25 lymphos., Nacl 7 gr. 9, glycose 0,75, Bordet-Wassermann négatif, benjoin 0011; cette jeune fille, deux mois après le début de la maladie était com-

plètement guérie; revue en janvier 1933, santé parfaite.

IL faut remarquer ici le syndrome clinique de méningite très brutal et intense avec température très élevee pendant cinq jours, paralysie oculaire et faciale symétriques, en deux poussées à quelques jours d’intervalle, atteinte légère des nerfs périphériques des membres inféricurs; guérison complète. Absence certaine de causes efficientes locales ou vénérales, telle que otite, zona du ganglion géniculé, oreillons, etc... Une encéphalite ne

nous paraît pas probable,

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OBSERVATION VI | Fe : ;

Vive réaction méningée clinique et humorale, rapide. paralysie totale des III päires plus durable; mwyélite

très minime et passagère.

Georges Ab.…., 13 ans; en mai 1924, sans antécédents

ni prodromes, présente une céphalée extrêmement vive, avec quelques vomissements, de la raideur de la

nuque, de l’hyperesthésie cutanée, du Kernig, de la photophobie; température 39°5; ponction lombaire, le

soir même, qui montre un liquide trouble, très hyper-

tendu (65 assis) renfermant 400 éléments dont 75 % de

polynucléaires tous intacts, pas de germe à l'examen direct et aux cultures en différents milieux, Albumine

1 gr. Pandy et Weïichbrodt positife; benjoin 2222, Bor-

det-Wassermann négatif, sucre 0,60, chlorures 7 gr. Cette

méningite dure trois jours pendant lesquels la tempe-

- rature est élevée, oscillant entre 39° et 40; état général

satisfaisant, pas de torpeur ni de somnolence, pas de myoclonies ni algies des membres; céphalées vives et

quelques vomissements, malade en chien de fusil. Letroisième jour, liquide beaucoup moins louche: 200

éléments dont 75 % de lymphocytes; albumine 0,75, ben-

join 0.1.1.1. Bordet-Wassermann négatif, sucre 0,65,

sel 7 gr. Le quatrième jour la réaction méningée clinique

est beaucoup moins intense, mais une paralysie extrin-

sèque des TT paires D. et G. est survenue; ptosis, con-

vergescence impossible, léger strabisme divergent, élé-

vation et abaïissement très limités; les pupilles sont in-

demnes.

En même temps, les jambes sont lourdes, difficiles à élever au-dessus du plan du lit, les réflexes vifs et il

existe un signe de l'éventail indiscutable; pendant 4ÿ heures, il a fallu sonder le malade. ;

Le huitième jour, l’amélioration est considérable; les signes d'atteinte iméduliaire ont complètement disparu; il n’y a pas de céphalée, les paralysies oculaires régressent nettement. Mais le lendemain, petite poussée fébrile; la céphalée reprend un peu; le ptosis est plus accusé. Au dixième jour de la maladie, les phénomènes généraux ont complètement disparu; cliniquement, il n'y a plus de méningite bien que le liquide céphalorachidien soit encore modifié; aibumine, 0,50; lymphos 25, benjoin 00012222. L’ophtalmoplégie a été durable, environ deux mois, elle s’est améliorée spontanément et progressivement; le ptosis a disparu presque simultanément. |

A la fin du mois d’août 1924, guérison complète, qui, depuis, s’est maintenue. Le malade revue en 1933 est en excellente santé. Sr <

Commentaire. — On remarquera ici le caractère brutal de la réaction méningée primitive; les modifications humorales du liquide C. R., poussée fluxionnaire intense, aseptique, faisant rapidement place à des lymphocytes. Taux d’albumine peu augmenté; l'atteinte médullaire a été éxtrêémement fugace et minime, tandis que lophialmoplégie fut bien plus marquée et durable.

Pas de myoclonies, pas d’algies périphériques, ni hoquet, ni somnolence, ni parkinsonisme.

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