ORNEMENS ROYAUX
tissus *. Le linge était même assez commun pour qvCon en fit des draps de lit. Cest ce que prouvé un inventaire d^eflFets mobiliers rédige en 11x94» où Ton fait mention de draps de toile , que Ton appelait autrefoi3 linceuls '. Les linceuls étaient donc en usage dès le treizième siècle. Nous lisons en effet , dans le ppëme de Hue de Taharie compagnon dVrmes de saint Louis, que, pressé par Saladin de le recevoir chevalier , il le fit mettre àfkx^s le bain , et ensuite coucher sur un lit garni de draps blancs de lin , suivant le cérémonial de la chevalerie '.
Nous savons enfin , à n'en pouvoir douter , que le papier de chiffes ou de linge fut fabriqué en Europe dès le commencement du quatorzième siècle *.
L'établissement des papeteries dltalie remonte à
' Mandatum Henrici quartL-^Dtï Gangue , Glos. ' * Linsolata de paleis ( linteum leeti ) fecensetur in ift ven** torio supeUeotilUy ann. iag4* » — 'Ib.
* • Quand el lit ot aa pcn geû ,
» Sus le dreche , si Ta vestu « » De dras blans qui erent de lin. »
{UOrdène de ckepalerie^f. ii8, édit. deBarbaz.) 4 P^id. Mab. y de Re diplom. Mabillon cite un passage de Pierre-le-Vénérable, qui fait remonter à un époque plus éloignée la première fabrication du papier , ex rtuurts veterum pannorum cùmpactL
Tan i34o *. Vers la même époque , on vît paraître eD Fraude les premiers moulins à papiers dans les environs d'Essonne et de Trojes • ; et s^il faut eu croire quelques bibliographes , les Allemands nous auraient devances de cent ans dans ce genre de fabrication.
La toile avait donc cesse d^étre rare dès le treizième siècle; il s''en consommait donc une quantité plus ou moins considérable en Allemagne , en Ita— lie et en France ; Tusage en était donc assez généralement répandu dans certaines classes, puisque les seuls déb|[is de ce tissu pouvaient suffire à Fali-» ment d'*importantes et nombreuses manufactures.
Mais à quoi bon raisonner par induction , quand robjet de nos recherches est la conséquence de faits positifs? L^existence des manufactures de toile dans le treizème siècle est uu fait quVn tie peut révoquer en doute. Plusieurs villes de Flandre ^ telles que Gand et Bruges , jetaient déjà les fondemens de la haute réputation qu^elles se sont acquise dans cette branche d'^îndustrie. Déjà des tisserands venus de Bruges élevaient en France de pa- ' reilles fabriques. La\;iil dut les siennes à la protec-
* J. Tifabosfclii , Storia délia letter. italiana.
*. An t. Fr. Delandinc , Mémoires hibliog. et littér.
L'abbé de Longuerue rapporte aussi Torigine de Tusage du papier de chiffes , en France , au règne de Philippe-dc> Valoir. ( Longueruana, )
ORKBIMENS ROYAUX. 320
tion éclairée de Béati^ix, comtesse' de Handre '. Cambrai imita, son exemple ' ; et Reims fabriqua aussi des toiles dWe telle beauté qu'yen! 878 on les jug'eaît dignes d'être offertes en présenta des têtes couronnées '. Sans doute Pusage n'en était pas si commun qu'il Test devenu depuis; mais il est constant qu'on eu faisait des chemises , et même en assez grand nombre , puisque de simples moines en portaient. Les religieux de Gisoing s'étant plaints , en i 266, que la toile dont on faisait leurs rochets et lei^rs chemises était trop grosse , on crut devoir fixer le prix de chaque espèce de toile. L'aune de toile , pour rochets , fut évaduée à 20 deniers tournois, et, pour chemises, à 16 deniers *. Ces prix ne peuvent doimer lieu de supposer ni une excessive cherté, ni une grande rareté. Suivant le calcul de M. Cliquot de Blervache ^ , 20 deniers du
* Hîst. de Lille, p. 3i i .'
*' Hùt.dé Cambrai et)lu jPamhrésis , t. i ^ p. agi. Lejdc.
^ L'empereur Charles dç Luiefi9>ourg passant à Reims, la ville lui fit agréer des toiles 3e ses fabriques pour une valeur de mille florins. « Oblatœ telct y seu manutetgia Remis » texta , valons mille fiorenorum, » ( Hist, Rem, , auct, Marlot , t. 2 , p. 658. ) Charles VII en reçut aussi un semblable présent. Si la reine , son éponse, n'avait que deux chemises , ce n'était assurément pas faute de toile.
♦ IJisL de Lille, p. i46 . Paris.
^ Mémoire sur l'état du commerce de la France, depuis
la première Croisade jusqu^â Louis XII , couronné par TAca-
33o GB8EM01«I£S DU SAC1(E«
treizième siècle représentaient , valeur intrinsèque, environ 3o sous de notre lemps , et 5 fr. 4 sous valeur relative , d'après l'ancien prix du blé comparé avec les mercuriales de 1 789. Ainsi ,* lé coût d'une aune de la plus belle toile , mesure de Flandre , n^était pour les consommateurs du treizième siècle, dans Tordre des valeurs relatives, que ce que serait pour nous une dépense de 6 fr. 4 sous ou de 8 fr. 1 5 sous , en supposant la toile achetée à l'aune de Paris, qui contient 12/7 de l'aune de Flandre. On ne dépense pas moins aujourd'hui pour le même objet.
Or, on se persuadera difficilement qu'une veine. de France du quinzième siècle n'ait pu se procurer autant de linge qu'elle en aurait désiré ; ou que deux chemises aient été pour elle une chose rare et précieuse ; ou qu'elle fût la seule personne de la cour de Charles VII qui possédât un objet de commodité aussi utile , aussi commun , aussi peu dispendieux, si l'on reconnaît d'ailleurs que le linge était déjà et depuis longtemps employé à an grand nombre d'usages, et que la France en recelait tous les élémens et tous les moyens de reproduction dans son agriculture et ses fabriques.
U se peut qu'entre autres chemises , l'épouse de Charles VII en eût deux d'une beamté ou d'une fm-
démic des Belle^Lettres en 1789; par M. Cliquot de Blervache.
OhKEMEKS ROYAUX. 33 1
çon extraordinaire, et qu^onait parlé quelque part âe ces chefs- d^œuvre ; mais il est hors de vAisemblance que des auteurs contemporains aient signalé ces vêtemens comme une rareté par cela sçul qu^ils étaient de linge.
Nous en conclurons que, si les rois de France ont porté des chemises de soie à leur sacre jusqu^à Charles VIII inclusivement, c^cst par respect pour une ancienne tradition dont ils nVvaient point encore jugé à propos de s^écarter , et non par PefFet de la prétendue rareté de la toile dans le quinzième siècle.
333 CÉREMÔNjOKS DU SACRE.
DE LA SAINTE AMPOULE CONSIDÉRÉE COMME MATIÈRE HISTORIQUE, ET DE LA CONSÉCRATION ROYALE.
L^ sainte ampoule a fourni matière à de doctes et nombreuses dissertations. De pieux critiques ont ose en rejeter Fauthenticité. De savans académiciens n''ont pas dédaigné de la défendre. Ce sujet pcM^étre considéré comme épuisé. Esl^il bien nécessaire d'^en parler encore ? Je nç sais qtfun genre dVcrit où sa place soit marquée de telle socte-qu^on ne puisse éviter de la repiplir, et c^est celui dont je m^occupe. On peut supprimer une particularité indifférente de Tacte du sacre, sans dénaturer Facte ; mais on ne saurait retrancher un fait mémorable et certain de son histoire , sans en altérer rhistoire. La sainte ampoule est dans ce cas; elle a imprimé à Tinauguration des rois de France un caractère particulier, unique, merveilleux. Elle
se présente en première ligne dans Tordre chronologique des faits qui constituent Thistoire du sacre. Elle se lie inséparablement à la matière de cette histoire.
On n^aura point à objecter Pin vraisemblance de révénement primordial. Quelqu^en soit le principe, Feflfel en est vrai , et la tracé rçcente. Il est avéré qu^une fie putée céleste , et
précieyse abbaye de Saint-
Remi , sei s. L'antique exis-
tence et l et constante de
cette reli( certains ; la cause .
peut en p iteusç ; mais en-
core éSl-il t et pourquoi.
On se ( igine de la sainte
ampoule ^ ^ ^ pendant des siè-
cles. De grades historiens Tont attribuée à Tintervention divine. Comme miracle, la chose est.possible,. parce que rien n'est au-dessus de la puissance de Dieu. Les philosophes les plus difficiles, en matière de croyance , m'accorderont ce point.
Noua 'examinerons donc , non pas si la chose se peiU'Viiiais'si elle est ou doit être réputée vraie en fait. •
Les incrédules nar svstème sont iséquence, e sont moir de révénea , parce que la possibilité
334 CRRKMONIE8 DU SACRB.
d^un miraole n^est pas contestable. Nous pou— vons juger de la possibilité d^'un fait naturel, par ses rapports avec les lois de la nature et Tordre des choses humaines ; mais nous n'^aurions aucune raison de contredire la possibilité d''un fait surna* turel j parce qu'il est hors du cercle des connaissances où nops puisons nos moyens de contradiction. Juger quhm fait n'est pas possible, parce qu'il n'est pas selon l'ordre de la nature et des choses humaines , c'est ne juger rien, sinon que ce fait, s'il existe , est surnaturel. C'est revenir au point d'où l'on est parti après une discussion inutile.
Nous admettrons donc , sans exaiïïlto , que l'événement de la sainte ampoule est chose pcisîble; mais nous chercherons à. nous a5surer si cet événement est réel ou supposé. ïcî la foi est muette , et la critique reprend tous ses droits.
Entre autres conditions admises par la saine critique pour qu'un événement éloigné de nous puisse être réputé réel , il faut que le fait soit vraisemblable en lui-même; que les contemporaias en aient parlé, qu'il j ait accord entre eu^^ qae leur témoignage soit digne de confiance; qu'il n'ait point été -démenti par des autorités plus graves et d'un plus grand poids. S'il s'agit d'un miracle, il faut encore que le fait .ne puisse se concevoir dans l'ordre naturel destshoees qui lui sont analogues.
Or, le fait de l'envoi miraculeux de la sainte
ampoule ne remplit exactement aucune de ces conditions;-
On prétend qu'au moment de baptiser Clovis , rhuile sainte venant à manquer , le ciel daigna y suppléer par Tenvoi d'une fiole remplie d'une liqueur divine dont 4e parfum embauma toute l'église.
Ce fait n'a pas le caractère de la vraisemblance.
On croira difficilement que l'huile qui devait servir au baptême d'un monarque n'ait pas été préparée ou apportée d'avance dans le sanctuaire, ou qu'il ne s'en so r accom-
plir la Qçrçmonîe. it pas sur
un prodi|fe, on a écautions
nécessaires. Le ch ré , non-
seulement* pour le ille sujets
qui furent baptisés aVec lui, ou, selon saint Grégoire^ trois miUe soldats et plus, non compris les femmes et les enfans '. La négligence qu'on suppose ici ne se concevrait point. Le fait n'est pas vraisemblable en soi.
On réconnaît ensuite que les historiens du temps n'en parlent point.
Grégoire de Tours, le père de notre histoire, n'omet aucune circonstance essentielle du baptême de Clovis, excepté celle de la sainte ampoule. FVç-
* « De exerfdtu verô ejus baptisati sunt ampliùs tria mil- » lia. » (rreg. Turon.,1. ii.
dégaire, son continuateur, garde aussi le silence sur le même fait \ LMvêque Avitus rappelle toutes les particularités de la cérémonie comme un sujet éternel de louanges et d'actions de grâces; il ne* dit pas un mot de la sainte ampoule '• Cest saint Rémi qui a baptisé ClovisJ" Le miracle cju^'on suppose opéré par son intercession, serait la'tîirconstance la plus remarquable de son épîscopat; et nous en chercherions vainement les traces dans sa vie abrégée par un écrivain du sixième siècle '. Il y a plus; saint Rémi lui-même n'en parle pas , ou plutôt on ne lui en fait rien dire dans son testament ; car on peut douter , si c^ n'est de l'authenticité, du moins de l'exactitude de cette pièce décisive. Floard en donna une version dans son Histoire manuscrite dé l'église de Reims , qui a été traduite en français par Nicolas Chesoeau ♦. Il prévient qu'entre trois copies qui ne se ressemblent point, il a eu beaucoup de peine à faire un choix *. Sur trois textes différens d'un mêipe acte,
^'Undec. Lib,, swe append. HisLjr. , adjebL Greg. Tur,
* Epis t. apud Sirmond.
3 Fortunat, qui' écrivait environ 5o ans après la mort de saint Rémi. . ••
* Hist, de l* Eglise métropolitaine ée Reims, i58i , in-4*-
* « Quelque peine qu^aions peu prendre, nous ne Ta^vons,
• toutefois , jsceu si dextrement remettre (le testament) qu'il
• sembloii estre de besoin; «mr bes t^ois ïxeI&plai^i^.que nous
il en est deux qui sont nécessairement faux ou altérés '. Rien ne prouve que Floard ait choisi le plus fidèle; mais il est présumable que cet écrivain aura donné la préférence à celui qui s^accordait le mieux avec les traditions et Tintérêt de Téglise de Reims ^ dont il était chanoine. Or^ le testament rapporté par Floard est muet sur la sainte ampoule. On se demandera comment Fauteur, ren-r
» avons leuz et releuz sont corrompus... les uns ont plus, les » autres raoinâ, et les autres sont pleins de transpositions. « ( W.i sup.y p. 33- )
' Saint Rémi dit lui-même qu'il a fait deux autres testamens; le premier, «4 ans, l'autre, 7 ans avant celui dont il s'agit. « Primum quidem quod ante quatuordecîm , et alie-
• rum quod sep tem condidi annos. » Mais il ajoute qu'il a compris dans le dernier toute la substance des autres, plus ce qu'il y avait omis d'essentiel. « Eo quidquid in ipsis continebatur
• in prœsentiâfratrum meorum, hic insertOy et quce deerdnt ad' » juncta , etc., » ÇB, Rem. Test. ) Ainsi le testament qui nous est parvenu n'a pas été fait lég^èrement , et l'on doit croire qu'étant la copie revue , corrigée et augmentée d'un ouvrage médité pendant plus de i4 ans ^ il renferme tout ce que saint Rémi avait à dire sur son sujet. Il s'ensuit aussi que les trois manuscrits de Floard n'étaient que des copies dif^ férentes du même acte ; car si l'auteur j eût vu une copie de chacun des testamcns *dont parle saint Rémi , il ne l'aurait pas laissé ignorer ; il n'aurait point qualifié la différence de corruption; il n'aurait pu , enfin, hésiter sur le choiz^ puisque celui qu'il cherchait se serait distingué des autres par une plus grande abondance de détails et la mention d'événemens postérieurs aux deux premiers.
338 cànéMOiiiES du sacre.
dant grâces à Dieu des prodiges opérés pour la conversion des Français, aurait omis de signaler le plus grand de tous , qui fut 9 pour ainsi dire ,
son ouvrage* « Deus plurima signa ad salutem
n prasfatœgentis FraneorumoperarifeciV. b Cest à ce peu.de mots que saint Rémi borne ses ré-~ flexions sur les miracles de son temps. SMl eût eu en vue le prodige de la sainte ampoule ^ on ne concevrait pas ce qui aurait pu Tempêcher de le désigner ici nominativement ; car le souvenir de ce fait était inséparable de celui du baptême de Qovis, que le saint évéque rappelle quelques lignes plus haut, n est naturel de penser que le témoin qui n^en a pas parlé , dans une pareille conjoncture , n^en avait rien à dire.
Aussi n^est-il point question de baume céleste dans les historiens qui ont rendu compte du sacre des princes de la seconde race, et des premiers rois de la troisième. Oleo penutxit \ « Uncti faerunt )» in reges '. » « Unxit ad imperatorem *. » Tels sont les termes dont usent ces écrivains pour quae lifier Pacte du sacre , sans caractériser la matière de Fonction par aucune épithète qui indique une
* B. Rem, Testant,
• Vnctîo Pipîni et fiL , ap. Duchesne , T. i , p. 796.
' Sacre des fils de Pépin à Nojon et à Soissons ; Armai, dm 708 à 800. Cerém.jr, Tom. 1 , p. 88.
4 Sacre de Louis-le -Débonnaire , selon Thégan.
DE LA SAINTR AMPOULE. 33g
Morce divine- Si Ton excepte le chrismata cœiiius dont il est fait mention dans Tordre de Charles-le- Chauve, et nous verrons pourquoi, ce n'est que depuis Louis VII que les chroniques et les formu-^ laires commencent à désigner clairement Thuile du sacré comme un baume envoyé du ciel *• Encore est-il bon d'observer que la qualification de cœli-tus ne signifie pas , selon les écrivains sacrés , une liqueur venue du ciel , mais simplement la qualité de la chose consacrée par l^glise. Cest ainsi que lé concile de Laodicée , tenu dans le quatrième siècle, désigne le chrême de la confirmation. K Oportet eos qui illuminantur post baptismum » inxingi super cœlesti chrismate et esse regni » particeps \ »
Qui donc nous a révélé Forigine miraculeuse du baume de saint Rémi ? Hincmar , archevêque de Reims , qui écrivait trois cents ans après Févénement.
Comment Hincmar a-t-il eu connaissance d'un fait arrivé trois siècles avant lui, que les historiens Contemporains auraient ignoré, et dont il n'aurait pas été question depuis Clovis jusqu'à Charles* lë-Chauve? L'aruteur prétend l'avoir puisé dans les
' Voj. dans Duchesne et D. Bouquet , les chroniques antérieures au i a' siècle , et le Recueil des Rois de France par du Tillet.
* D. Chardon y Hist. des sacremens , T. i , p. 4^6.
aa'
chroniques les plus anciennes. Mais personne n^a vu ces chroniques; elles ne peuvent faire autorité, ou du moins leur autorité se confond dans celle d'^Hincmar, puisqu'elles n'existent pour nous que dans ses assertions, Hincra^r est-il lui-même une autorité ? Non , dans le cas actuel. Ici le prélat , quelque droit qu'il ait d'ailleurs à nos respects, repousse la confiance comme historien , soit parce qu'il se trouve en opposition avec des écrivains qu'il est raisonnable de supposer mieux instruits que lui de ce qui s'était passé sous Clovis; soit parce que la vérité de ses allégations entraînerait cette conséquence inadmissible^ qu*un miracle des plus iéclatans, qui intéressait la croyance et les affections d'un grand peuple, qui aurait dû en quelques jours retentir à toutes les extrémités de la France , et se perpétuer dans toutes les bouches ; qu'un tel prodige serait resté ignoré et son souvenir comme enseveli pendant trois siècles dans la poudre d'un cloître , d'où l'église de Reims n'aurait pas même songé à l'exhumer avant ce terme^
A la vérité , Hincmar n'est pas le seul qui en ait fait mention ; mais il est le premier ; et d'autres , 4;els qu'Aimoin et Antonin , n'en ont parlé que d'à* près lui. '
Enfin, il n'y a point accord entre les chroniqueurs qui ont rapporté le fait d'après des autorités qu'on pourrait supposer autres que celle d'Hincmar.
DÉ LA SAINTS AMPOULE. S^t
Les traditions reçues veulent que là sainte ampoule ait été envoyée, ou même apportée par le Saint --Esprit sotis la forme d^une colombe; et, néanmoins 5 elle est annoncée pour la première fois dans le formulaire de Louis-le-Jeune , comme un présent de là divinité transmis par un ange, ^apparition de Pânge est attestée par Godefroy de Viterbe * et Guillaume-le-Breton ". On la re-» trouve encore dans la chronique de Morigny ', et dans i*ne'apitfip:he deClovis que Ton conserva long-tjBçrtps àSaînèe-^Geneviève de Paris, comme un m0piifif]ièfit/de laplus haute antiquité *. Mais la descente *dte te colombe est plus conforme au rituel du sacre et à Popihîpn dominante *, qui parait se
f ' '*• ••'.'•• ' « Dum baipttsfiiur Clodovams in urbe Remensi , j4n^
• gelas è cœlo oleum dédit omnipotentis gratia baptismi qno
* celebrata fuit. » ( Gode/, de Viterb, ap. Marlot , p. 255. )
* ' « ' Cum sacro vase liquorem ,
» È cœlo missus , quem dctulit Angélus ipsî. » (^Philipp. in coi, Pitkai.) ^ Oleo quo Sanctus Remigius per angelicain manum sibi
jpraésentato Ck>dovaî^m unxérat. (^Chron. Moriniancense y
an ii47« ^P* Quercetanum. — Ducbesne , t. 4» )
* Voy. la Cosmographie de Belforest , 1. i . Clovis passe ponr le fbndateur de Téglisc Sainte-Geneviève , qu'il dédia aux apôtres.
* Voj. l'antienne : Gentem Francorum incfytam , où il esk dit du baume : qui donc singularis gratiot in CoLiniBA appa-^ ruit. ( Rit, du sac, )
34^ CBRBVONIE8 DU 8ACRB.
fonder sur les leçons d^AimoiD ' et d'Antonio ' , diaprés le texte d^Hincmar '.
Nous remarquerons que le grand sceau le plus ancien de Tabbaye de Saint-Remi portait pour effigie une colombe tenant en son bec une am-poule * , ce qui prouverait que la version suivie dans le rituel est d^aocord avec les premières traditions.
Mais comment se fait-il que la tradition la plus ancienne de ce prodige ne se concilie point avec le plus ancien des réglemens qui Vont consacrée? Pourquoi le sceau de Saint-Remi nous indique-t-il
* m Eccesubitb non alius sine dubio quàm sanctus apparaît » Spiritiu j in Columbae visibili figurât» specie ; qui rutilanti » rostro sanctum deferens chrisma j inter manus deposuit S9i- 9 cerdotis , etc. » ( Aim. , p. Sg » în-8®. ) .
* « Cum sanctum cbrisma deesset, subitb Columba nivea è » cœlo lapsa ampullam cum cbrismate attulit. » ( Ant. , tit. 1 1 , c. a.)
' « Dieu permît fpie le clerc qui portait le saint cbrème » pour )a cérémonie du baptême ne pût entrer dans Téglise j è à cause de la foule du peuple , et comme saint Rémi levait • les jeux au ciel pour prier que cette sainte entreprise ne » demeurât point sans effet , une colombe , plus blancbe que m la neige , parut aussitôt portant en son bec une fiole rem- 9 plie d'un baume céleste, etc..... » {Hinc, ap, Surius^ d'après la trad. de Mar. )
4 Théâtre d'Hon. , p. a5 1 . ^* Le petit sceau figure une main ouverte pour recevoir Tampoule. La légende est: Régis Fran^ ciœ haptismus. — ( U6i sup, )
DR LA SAINTB AMPOULB. 34?
une colombe 9 et le formulaire de Louis VII un aoge?D^où vient cette diffeience essentielle entre des témoignages du même temps, qui ont dû dériver d'aune même source ? Cette contradictiondans les écrivains qui ont parlé de la sainte ampoule plusieurs siècles après son apparition, ne serait pas moins inexplicable que le silence absolu des contemporains.
Le mode d^exbtence physique de ce chrême ne répondrait pas dérailleurs à Pidée qu^on s^est formée de- sa nature et de son origine.
Le baume de la sainte ampoule avait tout. le caractère d'un corps terrestre ; il a subi le sort des choses humaines. Il a éprouvé les altérations du temps , et tous les accidens communs aux substances terrestres analogues. Ou il a changé de nature , s^il est dWigine divine; ou il nV rien de divin, s'il a conservé sa première essence , puisqu'elle est d'une nature corruptible.
Le peuple , toujours porté à grossir le merveilleux et à se faire une idée exagérée des choses secrètes ^ croyait que la sainte ampoule n'éprouvait aucune diminution.
C'est un préjugé dont quelques historiens n'ont pas su se défendre * , mais qui est reconnu et avoué
* NoUmment Froùsari, qui dit, en parlant du sacre de Charles VI, que la sainte ampoule n'éprouvait aucune diminution. EUê décTQU à mesuré qu'on en prend, TtUes sont
344 CBRÉVON1B5 DU SAGRfi.
depuis loag-^temps par les dépositaires mêmes de la relique. La liqueur de Saint-Remi nVvait pas conservé son ancienne fluidité. Elle était, en grande partie, desséchée ou fortement congelée , d'^un f ouge obscur , presque entièrement opaque , et réduite à la moitié de la capacité de la fiole qui était de la grosseur d^une figue verte \ Le benjoin de Siam f
les propres paroles de Marlot , docteur en théologie , et grand prieur de l'abbajc de Saint-Nicaise de Reims.
* Voici la description qu'en donne Marlot :
« Il semble que cette divine fiole soit de verre ou de cristal, » laquelle , pour être remplie d*une liqueur tannée , est peu » transparente à la vue. Sa grosseur est comme une figue de
• moyenne grandeur: elle a le col blancLatre y pour ce qu'il » est vide. Son bouchon est d*un taffetas rouge; et si vous j » appliquez l'odorat, elle sent tout-à-fait le baume le plus
» exquis La liqueur qu'elle contient n'est pas entière-
» ment liquide, mais un peu desséchée, semblable à du fin
• baume congelé. Il y a bien diminution d'un tiers « et non » plus.»
Largeur de l'ampoule i pouce 7 lignes
Largeur du col » 7 lig. i^a
Largeur du fond i pouce» i lig.
Longueur de la colombe , sans
la tète 2 pouces 8 lig.
Elle est posée sur un cadre d'argent doré, à l'exception de la plaque où elle est assise, qui est d'or semé de pierreries.
Longueur du cadre 3 pouces 10 lig. i/*^
Largeur du cadre. . . .^ . . , . 3 pouces
DU LA SÀINtE AMPOULE. 345
que Linnee le fils nomme terminalia benzoin , ne donne que très -peu d'^huile volatile à cause de sa solidité , et répand une odeur des plus suaves lorsqu^on le pique avec une aiguille chaude qui le met en fusion ". Cest aussi le moyen qu^on employait pour extraire'le baume rémigien , qui n^était peut-être qu^iine préparation de benjoin ou d^huile de tolu '. L^archevéque officiant en tirait ,
Longueur de Taiguille '.d'or avec quoi on prend l'onction . . .'..'.•. .• . '.'...•.'; 2pouces 11 lig. Le cadre est sur.une, as^iictte; d'argent; . d oré , semée de pierreries, dont la bordure . est d'ory' où/ est 'attachée une chaîne d'argent , que i*abbé met en- son col , lorsqu'on la porte en la grande "^église pour le sacre Ç Théât,, d'Hon.,
* Fourcroj, E/érn! de'chim."'* '"'•*
^ L'Eglise emploie ordinairement dans la préparation des huiles sacrées , le baume de Judée et de Syrie, qui est d'une couleur blanchâtre tirant sur le jaune, et beaucoup moins obscure que le benjoin. Nos pères attribuaient à ces différens baumes lu propriété* de guérir des maladies réputées incurables par les mojens ordinaires , et , entre autres , les humeurs scrophulcuses (voy.'Pénicher, Trait, des Emb,^ p. it). C'était aussi en .vertu 'de l'oint de. la. sainte ampoule que nos rois étaient répiu tés ^guérir' Içs. écrouellés. . Le baume de . tolu est d'une couleur brune, tirant sur le jaune, d*un goût agréable , que les autres baumes n'ont pas , et à peu près semblable à la saveur du citron. Il est fort gluant , s'atlachant facilement à ce qui le touche. Dans la suite des temps , il se dessèche en forme de résine. Et, en eflPet, l'arbre d'où on le tire tient de la nature du pin. (Pénich. , ubisupJ)
346 CBftEMONlfiS DU SACRE.
à Faide d^une aiguille d^or, une goutte ou parcelle de la grosseur d'un grain de froment , qu'il mêlait avec une plus forte partie de chrême ordinaire , et ce mélange servait à Fonction royale.
D'après ces données 9 si , repoussant toute sup— position de supercherie et de renouvellement périodique , on calcule ce qu'il a fallu de baume pour Fonction des vingt-sept rois sacres à Reims depub Louis VIII, on trouvera que cette consommation n'a pas dû absorber entièrement la matière primitive ; et qu'enCn la longue durée d'une substance essentiellement consei^vatrice, et réduite à des proportions qui s'expliquent par des causes physiques , n'a rien qui tienne du prodige , ou qui puisse fortifier l'idée d'une source divine.
Ainsi donc , la saine critique trouverait dans les circonstances et l'époque du fait en question , la matière d'un doute qu'il lui serait plus facile de justifier que le sentiment contraire.
Pluche n'admet point le fait rapporté au baptême de Clovis ; mais il prétend que l'origine de la sainte ampoule n'en est pas moins divine , et qu'Hincmar , en la faisant remonter au sacre du premier roi chrétien, ne s'est trompé que sur le temps et la circonstance. Suivant cet écrivain , l'ampoule conservée à Reims serait un don du ciel accordé à la prière de saint Rémi , non pour le sacre de Clovis , mais pour le baptême d'un grand qui était en danger de mort , et que le saint évêque ne pouvait
admioistrer , parce que les vases où était déposé le clù'éme se trouvaient alors vides. Ce miracle est rapporté dans une préface de la messe de saint Rémi , antérieure à Charlemagne , dont Pluche dit avoir lu Toriginal conservé à la bibliothèque de Reims. Voici le texte latin :
« Dum autem cuidam segroto baptisando chrisma 0 quaereretur, et nihil inveniretur, sic ampullas » vacuas super altaré jussit mitti, ut ipse se intérim » in oratione prosterneret ; tum cœlesti rore chris- M matis benedictio prçfunditur. ))
u Comme on cherchait le chrême pour baptiser un malade , et qu^on n'^en trouvait point , il fit mettre sur Fautel les ampoules vides , de manière que s^é^ tant en mésie temps rprosierné pour prier, alors une céleste^ toiée répstiidît le don béni du saint chrême*. ».*/•..... ,
Quoi quUl en soit, la profanation de la sainte ampoule brisée par des ïnains impies , nVn fut pas moins un véritable scandale aux yeux des gens de bien. La sainteté du dépôt , le souvenir de sa destination , Tespèce de culte que lui vouèrent une longue suite de rois , cette auréole divine dont la ceignit la pieuse croyance de nos pères ; tous ces antiques et religieux prestiges qui la rattachaient à la conversion du premier roi chrétien , n'ont pu
* Lettre sur la sai'nie ampoulé et sur le Sacre , écrite de Laon le 3 février 1719 , par Tabbé Pluche , p. 44ft*
la soustraire aux fureurs du régicide. Un peu plus^ tard, peut-être, ils Tauraient protégée contre les atteintes de Tincrédulité , en faveur d^un nouveau pouvoir, et la France monarchique y aurait encore et long-temps respecté Tobjet de la vénération de ses princes *.
* 'J'apprends à l'instant , d'une manière certaine , que la sainte ampoule a échappé , en partie , à une destruction qu'on croyait entièrement consommée. Voici ce que me fkît l'honneur de m'écrire à ce sujet un fonctionnaire de Reims aussi obligeant que bien informé :
« Monsieur ,
« Je regrette bien de ne pouvoir satisfaire que très-imparfaitement aux y renseignemens que vous me demandez sur la sainte ampoule.
n 11 est bien vrai, monsieur, que cette relique, conservée depuis sî n long-temps à Reims, et employée aux sacres de nos rois, a été brisée M sur le piédestal de la statue de Louis XY, Place-Royale de notre ville ; » cette profanation a été consommée par le représentant du peuple Ruhl, » en missiçn dans le département de la Marne , et près des armées. Mais » il est également vrai que des débris de la fiole et partie du précieux » baume qu'elle contenait, ont été recueillis et conservés par plusieurs » habitans de cette ville.
» Pignore, monsieur, s'il existe un procès-verbal qui constate l'action » du représentant Ruhl ; je me plais à penser que prévoyant et redou- » tant à l'avance , le jugement de la postérité , il n'aura pas cherché à » en conserver le souvenir ; mais il existe un acte authentique qui cens* » tate la conservation des différentes portions de la sainte ampoule , et » qui ne laisse aucun doute sur leur identité.
» Je ne sache pas , monsieur, qu'il ait jamais existé de dessin gravé » ou manuscrit de cette relique : ce que je me rappelle , c'est que U » fiole avait environ deux pouces de hauteur, et qu'elle était enchâssée M dans un reliquaire de forme ronde, de neuf pouces environ, enrichi » de pierres précieuses. »
Ce n^est pas que la sainte ampoule fût considérée comme Pélément nécessaire de Tonction d'^un roi de France. On a plusieurs exemples de sacres où elle n^a point été employée , et Toccupation du pays rémois par les ligueurs n'a pas empêché Henri IV de se faire sacrer , quoiqu^on n^ait pu disposer alors que du baume de saint Martin de Tours *. Mais ce fut une exception à la règle ; d'^où Ton peut conclure que Taulorité de Tusage fondée sur Topiniou d^un principe miraculeux , avait con-- .sacré le choix de la sainte, ampoule , sans en faire néanmoins une condition nécessaire du sacre de nos rois.
Quant à Tonction, on se rappellera ce quej^ai dit précédemment de Forîgine et du caractère de cette cérémonie. Les courtes observations qui me resient à faire ne porteront donc que sur les formes matérielles de- la consécration proprement dit^.
Dans Torigine , Fhuile sainte était appliquée dV bord à Toreille droite , ensuite au front jusqu^à Foreille gauche , et puis sur la tête. Cest dans cette' forme que Charles - le - Chauve reçut Fonction
.* Autre ampoule qui était gardée à l'abbaye de Marmoutier a Tours. Suivant Sévère, Fortunat et Alcuin, celte fiole avait été apporté;^ par un ange à saint Martin, pour le rétablir d'une cbute dont il avait le corps tout froissé. ( Mén. Hist. des S. p* i48.)
35o ckrémonibs du sacrk.
de la aiam d^Hincmar, à Saint^É tienne de Metz *.
Maintenant, et depuis le sacre de Philippe * Au— guste j réglé par Louis*le-Jeune, Fonction se fait :
I'. Sur le sommet de la tête,
2*". Sur la poitrine ,
3*. Entre les deux épaules ,
4*. Sur répaule droite ,
5*. Sur répaule gauche ,
6*. Aux plis et jointures du bras droit ,
7*. Aux plis et jointures du bras gauche.
La chemise qui a touché Thuile saiflde , ainsi que les gants de satin blanc du roi, qui ont été béDÎs par Parchevêque', sont , après la cérémonie , livrés au premier aumônier de Sa Majesté pour être brûlés; et Ton en conserve ordinairement les cendres qui sont distribuées à la cour le mercredi ^aint *.
Cest ainsi que , dans les premiers siècles de ITEglise , on brûlait les restes dû pain eucharistique , qui n^avaient pu être distribués aux fidèles , ou
' « Inunxit eu m Hincmar archiepiscopus de cbrisinate , ad » dexteram aurîculam et in fronte usque ad sinistram aurica- » lam , et in capite. » (Consécrat, Carol. Calvi.)
Après la consécration de Charles et de Carloman , le pape Etienne prononça Tanathéme contre toutFrançais qui tenterait ' de se soustraire à T obéissance du monarque et de ses descendans.
* Voj. U procês-^erbal du sacre de Louis XIÏI, Cette fois, les gants furent épargnés à la demande de la reine , qui les garda avec vénération.
DE LA SAINTE AMPOULE^ 35 i
achevés par le clergé au lieu de la distribution. Alors , oh ne connaissait pas Fusage des ciboires , . qui parait ne remonter qu^au commencement du treizième siècle '.
Je terminerai ce chapiti^e par la relation d^une circonstance assez curieuse, et toute particulière, de Fonction de Philippe-Auguste , qui peint bien les mœurs et Tesprit de ce temps ; ou plutôt , je vais mettre sous les yeux du lecteur le texte naïf et fidèlement extrait de la chronique qui rapporte le fait :
u En Tan de Tincarnation M. C. LXXX en la )» quarte Kal. de juin , droitement le jor de Pas- » cension , ala li rois à Saint-Denis en France ; la » se fist coroner de rechief devant le maistre auiel » de réglise , par le conseil dVucunz preuzdomes )» et sages qui entor lui étoient. Tant i ot assem- » blée dou pople des chastiaus et des villes voi- » sines pour veoir la feste et la solempnité , et » pour ce qu^ils veissent le roy et la roine coronez » ensemble 9 que trop i estoit granz la presse et la » temoute dou pople. Pour cèle noise apaisier, » pour là murmure de la gente refréner , se leva » un chevalier de Postel le roi ; il commença à » tournoier parmie Pair une verge que il tenoit ; v^ ensi comme il la demenoit desporveument a » mont et a val , il assena trois des lampes d^uile
* Trait, des ancien, cérém.
353 CEREMONIJBS DC SACRF.
n d'^olive qui pendent devant Fautel , à un seul )i cop les brisa toutes trois , et respendi Tuile droi- » tement sur le chief le roy et la roine qui estoient » dessouz à genouz. Si ne doit on pas cuider <pie • ceste chose avenist dVventure, mais aussi comme » par divine ordenance en signe de plante de dons M dou Saint Esperit qui li fu d^amout transmis à » espandre et à multiplier la gloire de son nom et
» la renommée de ses faiz par toutes terres
9 Car, par Tuile nous sont ces trois choses sénë— » fiées , renommée , gloire et sapience, et de ces » trois grâces fut-il enluminez en sa vie , etc. ".
* Grandes Chron. de France , dites de Saint-'DcmSy l. i . Le même fait est aussi rapporté par Rigord,</e Gest. Ph(L Aug.