‹ Des cérémonies du Sacre ou recherches hist. s.l. moeursChapitre 21 sur 36 · DU BAISER DE L'ACCLAMATION · texte numérisé non relu

DU BAISER DE L'ACCLAMATION

M#us avons Vu, dans le précédent chapitre , qu^après la cérémonie de Pintronisation, Parchevêque officiant fait une profonde révérence au roi I Iç baise , et répète par trois fois : f^ivat rex in œternum ! Les pairs en font autant , et le sanctuaire retentit dû cri de vwe le roi! Cest la cérémonie de Tacclamalion proprement dite.

Quelques écrivains ont rapporté Torigine du baiser de Tacclamatioa-'à la pratique des anciens Perses, qui, suivant le témoignage de Xénophon et de Quinte-Curce, adoraient leurs rois, et dont les Romains auraient emprunté cet usage '• Ils citent , pour exemple , le couronnement de Char^ lemagne à Rome, où ce prince fut adoré selon Panciehne coutume, more cuUiquorum principum ado-

* Penasquidem nonpiésolum, sedeiiamprudcnier,r^esjuos int^dtùicol€r€,majestàtem enimimperiisalutù esse tuieïam,

4o4 <;fiREMONlBS DU SACR«.

ratusest *. Marlot, partisan de cette opinion, ajoute néanmoins que nos rois très-chrétiens rejettent Tadoration qui n^appartient qu'^à Dieu seul , et se contentent de la simple révérence *.

Il est vraisemblable que les deux cérémonies remontent à une source commune , qu^on découvrira peut-être dans les antiquités judaïques. Mais qu^^elles se soient confondues dans une même pratique , jusquVu neuvième siècle ; que le baiser de Tacclamation ail remplacé et qu^il représente encore une adoration réelle dont Charlemagne aurait été Pobjet , c'^est ce que nous croirons difficilement.

^autorité d'^Éginhard, qui rapporte le falt^ ne constate que Pacte matériel, sans en déterminer la valeur. Il reste à savoir quelle intention on y attachait; ce que signifie adoratus est, et comment il faut interpréter la circonstance more antiquorum principum.

En admettant qu^il soit ici question d^une pratique imitée des 6entils,il ne s- ensuivrait pas qu^elle eût été adoptée et observée dans le même esprit par des chrétiens. On peut d^ailleurs douter que les actes de révérence des anciens envers leurs princes fussent une véritable adoration, ditos le sens

* Eginb. y Vit, CaroL mag,

* Théàu i^hon. , p. 609

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