DE LA COMMUNION ET DU BAISBR DE PAIX
haiser aux fidèles de son temps', ce qui ne veut pas dire, pourtant, que le baiser réel fût déjà défendu ou généralement négligé \
Il est certain que cet usage s^est maintenu parmi les clercs long-temps après avoir été in-^ terdit aux laïques , et qu^il n^a cessé dVtre commun à toutes les classes de la société, qu^au commen-^ cément du treizième siècle , époque à laquelle les cérémonies du sacre étaient déjà réglées^. Nous avons aussi des preuves que les personnes royales se faisaient un devoir de leur soumission à cette pieuse coutume , et qu^elles y persévérèrent au milieu du plus grand relâchement des fidèles. Je nVn rappellerai qu^un exemple. Du Gange rapporte que la reine Blanche, épouse de Louis YIII, don-
ceyoir le pain de Teuclianstie , qui , n'étant autre que du pain commun, formait un volume plus ou moins considérable. C'étaient de yéritables plats , au milieu desquels s'élevait ui^ petite croix, pour empêcher que le voile dont on les recouvrait ne s'affaissât sur le pain consacré. — PaulY interdit aux laïques le baiser de la patène, mais cette défense n'a pas été maintenue.
' La première moitié du troisième siècle.
* « Circuroferatur patena pacis inter fidèles , praeterquam
• tamen iriter aulicos , quos unanimes esse et pacificos non
• sinit ambitio. » (Terlul. L. de Ora^.) Pensée véritablement belle, parce qu'elle est parfaitement juste.
' L'interdiction du baiser de paix (^osculum pacis^ par divers synodes et constitutions provinciales de i a3o à i a5o,prouve que ce baiser était encore d'un usage commun dans le trei- »ème siècle.
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nant le baiser de paix, selon Tusage, embrassa une concubine qu^elle prit poiu- la femme légitime de Tun des assistans : ayant reconnu son erreur» elle se plaignit au roi de runiformitc d'^habillemens et de parure qui Tavait trompée; el c^est alors quHl fut fait défense aux femmes de mauvaise vie de porter le manteau , signe distinctif des femmes mariées.
Nous regarderons donc le baiser de paix comme une des cérémonies puisées dans les communes pratiques du temps où' la solennité de Tinauguration fut soumise à des formes régulières el constantes.
DU TOUCHER DES ËCROUELLES. 44