XVIII
Règles générales, mais avec quelques exceptions .
On ne peut apprécier, à la première vue, la qualité d’un Champignon que l’on rencontre, sans consulter les caractères botaniques, et faire intervenir les sens du goût et de l’odorat. Ces sens guident jusqu’à un certain point dans les recherches , et l’on en a une^preuve par les animaux qui recherchent les Champignons pour leur nourriture , et ne s’empoisonnent que très-rarement. En général le Champignon qui flatte le goût et l’odorat, est rarement vénéneux , mais on doit l’éviter s’il aune odeur nauséabonde et fétide, et s’il a une saveur amère, astringente , styptique, ou laisse un goût désagréable qui se développe quelque temps après l’avoir goûté.
C’est à tort qu’on annonce comme innocentes dans leurs résultats les espèces suivantes : l’Hydne de Normandie (qui m’a empoisonné); l’Agaric âcre, l’Agaric engainé, l’Agaric rougeâtre, et tant d’autres, même quand ils ont subi une coction. Cependant le Bolet orangé, le Bolet rude, le Bolet hépatique* quoique d’une saveur acide, se mangent sans inconvénient.
On a cru pouvoir indiquer pour couleurs rassurantes, le jaune pur ou doré, le bleuâtre ou pâle, le brun mat ou le bistre , le rouge vineux ou le violet, qu’on prétend appartenir à des Champignons alimentaires. Néanmoins flne faudrait pas prononcer d’après une seule inspection. L’expérience avant tout.
On regarde aussi comme couleurs suspectes, le jaune pale ou soufre , le rouge vif ou sanguin , le verdâtre.