‹ Des circonstances actuelles qui peuvent terminer la Révolution et des principes qui doivent fonder la république de FranceChapitre 11 sur 28 · CHAPITRE II DES RÉPUBLICAINS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II DES RÉPUBLICAINS

Avant de parler des républicains, j'aibesoin, pour eux et pour moi, de refuser à jamais ce nom à tous ces êtres infâmes, fléaux de tous les partis auxquels successivement ils attachent leur avidité, que tous les vices rendent insatiables, par leur ambition qui ne peut se satisfaire que par le meurtre, ces êtres dont l'ig-norance, la grossièreté, l'incapacité totale ne laissent à leur vanité d'autre issue que le crime, à leur lâcheté d'autre carrière que l'assassinat de victimes désarmées. On a eu grand tort de donner à de tels hommes la dénomination d'une opinion politique, même la plus détestable de toutes^ de les supposer ralliés entre eux comme parti. Des rêveurs politiques peuvent croire que la Constitution de 1793 estbonne, quelaîoi agraire, que toutesles chimères de la métaphysique abstraite sont appHcables à l'ordre social. De tels hommes, s'ils sont de bonne foi dans cette opinion, doivent obtenir non du crédit mais de l'estime. Ils n'ont pas mérité, ces hommes, sincères, du moins, dans leur fanatisme, ils

n'ont pas mérité qu'on leur associe ces calculateurs spéculant sur les misères humaines, ces hommes qu'il faut condamner à leur nom propre et ne jamais appeler de celui d'un parti, ces hommes toujours sans opinion, parce qu'une opinion supposerait la possibilité d'un désintéressement quelconque, ces hommes que Voltaire a peints dans le récit du tremblement de terre de Lisbonne, volant sur les décombres, assassinant à côté des abîmes, appelant par leurs vœux le plus grand fléau de la nature, dans l'espoir de dérober quelques débris des ruines de leur patrie. Les restes précieux de l'infortunée Gironde, les proscrits du 31 mai, les défenseurs de l'humanité depuis le 9 thermidor, ces immortels guerriers vainqueurs de l'Europe entière, d'autres encore soupçonnés injustement parles républicains inquiets, voilà les hommes qui soutiennent en France les institutions et les espérances de la liberté. Voilà les hommes qui périront avant elle. Les républicains révolutionnaires sont en France une nation tout à fait à part. Ils n'ont aucun rapport avec les défauts qu'on reproche d'ordinaire aux Français. Rien ne les distrait de leur but. Leur opinion leur est plus chère que leur amour-propre. Vous les captivez davantage en pensant comme eux qu'en les louant. Ils se classent suivant leurs facultés ; ils acceptent le poste qui leur convient et ne demandent pas celui qui dépasse leurs talents, parce que l'intérêt personnel de chacun est le succès delà République. Us ont conspiré pour la fonder, pour la maintenir,

et des conjurés ne disputent point de rang- contre eux. Ils ont quelque chose de direct dans l'esprit qui exclut les nuances des idées et encore plus les délicatesses du sentiment. Ce sont, au premier degré, des hommes de parti que rien de difficile ne lasse, que rien de frivole n'occupe. Disciplinés moralement comme une phalange prussienne, agissant tous dans le même sens, se servant tous des mêmes moyens, répétant tous les mêmes arguments parce qu'ils sojit tous aux ordres d'un même chef, ces hommes sincères dans une même idée dominante, dans leur enthousiasme, sont complètement désintéressés. Ils laissent, comme je l'ai dit, s'introduire parmi eux des hommes corruptibles, mais les véritables républicains n'ont pas l'idée qu'on puisse mettre en balance un intérêt personnel quelconque et l'intérêt du parti. Ils disposent de la vie des hommes, de celle de leurs amis mêmes comme de leur propre existence, et toutes les pensées, toutes les affections iiumaines se sont par degrés confondues dans leur ûme en l'unique passion qui les fait mouvoir. Les républicains sont les premiers hommes du monde pour l'attaque, la conquête et la conservation par la force. Mais il leur manque l'art de captiver une nation. Habiles en révolution, ils ne savent point encore faire de l'opinion avec de la puissance, profiter du moment où ils gouvernent pour se saisir des moyens de gouverner sans révolution. Les royalistes se sont plu à répéter que les républicains n'avaient qu'un but, c'était de conserver le pouvoir

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entre leurs mains. Aucune calomnie n'est plusfausse. Sans doute, les républicains ne veulent ni le renversement de la République, ni la mort qui les attendrait après sa chute, mais il n'y apoint dans l'histoire de fondateurs d'un gouvernement qui aient été plus pressés d'en confier les rênes à de nouveaux législateurs. Les élections renouvelées tous les ans, le tirage au sort dans le Directoire et dans les Conseils, tout prouve à qui veut regarder impartialement que dans ceshorames-là, l'amour du principe démocratique est plus fort que l'ambition particulière. L'on a vu, l'on verra peut-être encore le parti patriote se ressaisira tout (ce) qui a de la puissance, si elle passait dans les mains d'hommes indifférents au maintien de la République, mais jamais un individu, quel qu'il soit, de ce parti patriote ne pourra se proroger dans sa place au delà du terme prescrit par la loi. Il est plus absurde encore de donner aux républicains le nom d'une faction royaliste. Les ennemis de la République en France ont toujours voulu persuader que les républicains étaient Orléanistes parce qu'en réduisant la question à savoir qui serait roi, on allait jusqu'à l'idée de république. On supposait à ses défenseurs mêmes une intention cachée. Ce qui est vrai, ce que saura l'histoire, c'est que la masse du parti républicain ne veut que la Ré|3ublique, n'a pas une arrière-pensée, pas un projet dont un homme soit le but, et que la philosophie dans les uns, la passion dans les autres, l'intérêt dans tous les attache uniquement à vouloir

un g-ouvernement fondé sur la représentation nationale et l'égalité des droits.

D'abord, ils sont condamnables par le choix de ceux qu'ils laissent s'introduire dans leurs rangs. Sans doute, à l'attaque d'un fort, on ne se fait pas rendre compte de la moralité des housards qui montent à l'assaut. Mais c'est que dans cette entreprise, on n'a nul besoin du secours de l'opinion, c'est surtout parce que les soldats ne font qu'obéir et n'ont aucun moyen d'influence. Dans un parti politique, au contraire, il est des noms qui, à eux seuls, font perdre à la cause beaucoup d'hommes. En eux, la réflexion n'est pas assez généreuse. Ces hommes méprisés même du parti qui les souffre agissent toujours sur lui. Ils n'obtiennent pas les atrocités qu'ils demandent, mais ils rendent impossible le bien qu'on aurait fait sans eux. Ils déplacent l'idée de justice, d'humanité, de générosité. Depuis l'exécrable règne delà Terreur, une nouvelle gradation s'est établie, des degrés inconnus de malheur ayant été découverts, on a admis cette proportion de plus dans le calcul des possibles, et lorsqu'une déportation a été substituée à la peine de mort, les républicains, entendant les vociférations des monstres, ont pu se croire généreux. Justement, c'est insulter à l'opinion républicaine que de la supposer à de tels êtres. Leur réputation affaiblit bien plus que leur nombre ne fortifie. Leur teinte salit au loin ce qui serait resté pur ; oui, lorsque l'âme est exallée par tous les souvenirs de l'antiquité,

quand ce beau nom de République, quand les chants •|ui le célèbrent font battre le cœur d'un mouvement passionné, quand les hauts faits de nos guerriers, la mort courageuse des victimes de la tyrannie produit dans l'âme cet ébranlement, présage certain de l'éloquence, on voudrait monter à la tribune, haranguer une assemblée, demander aux Français comment ils restent insensibles à tant de gloire nationale, à cette patrie devenue l'honneur et l'espoir de tous, on croirait certain de rouvrir dans toutes les âmes les sources de l'émotion. Mais si, tout à coup, un homme vertueux se présente, s'il reproche au nom d'ombres illustres et de victimes immolées, s'il reproche à la République les infâmes qu'elle admet encore dans les rangs de ses défenseurs, la raison continuera sans doute de soutenir une cause invincible, mais l'éloquence sera tarie dans son abandon, dans son enthousiasme, mais le souffle divin, retiré de l'orateur, n'inspirera plus ses discours.

Les républicains, à leur coupable facilité que j'accuse, unissent encore et de certaines craintes et de certaines défiances, tout à fait nuisibles à l'établissement de la République, dans un pays où l'on n'admet ni la considération du rang, ni celle de la naissance, ni celle même de la richesse. Il semble que, pour motiver d'une manière sensible la subordination des citoyens, il faut que l'on élise, que l'on appelle à toutes les places les hommes les plus distingués par leurs lumières. Eh bien,

indépendamment de la jalousie dont les républicains, comme tous les hommes, sont extrêmement susceptibles, dès que le danger de tous ne force pas à la juste appréciation de chacun, indépendamment de ce misérable sentiment, beaucoup de républicains ont une absurde crainte des esprits supérieurs. Tous les dévots ont peur de l'esprit, mais c'est parce que leur dogme ne supporte pas son examen. Les républicains, dont toute la doctrine est fondée sur l'évidence, dont le système est favorable à toutes les distinctions qui naissent du seul mérite personnel, comment peuvent-ils craindre les lumières ? Comment ne les appellent-ils pas ?

Si Montesquieu eût vécu de nos jours, peut-être aurait-il pensé que le principe de la République française, c'était la philosophie. Mais ce principe de la République, c'est par la guerre à tous les préjugés, c'est par l'établissement d'institutions sociales fondées, pour ainsi dire, sur les éléments d'un calcul positif [qu'il s'établit (1)]. Enfin un gouvernement qui combat toutes les habitudes n'a pour allié naturel que les lumières, et cependant le talent fait outrage aux républicains. La cause de cette erreur c'est que la Révolution a été souillée par beaucoup de barbaries, a proscrit et révolté un grand nombre d'hommes éclairés. Mais, comme rien ne doit différer plus que la République et les

(1) La pensée est claire, mais la phrase n'est pas terpiinée.

moyens qui l'ont amenée, c'est tout à fait se méprendre que de voir l'événement à la place du principe, que d'établir un gouvernement d'après l'histoire de sa fondation et non la véritable source de son existence. Il faut, avant tout, encourager en France et l'esprit et les lumières et le talent, dès qu'ils s'attachent à la République. Sans doute, si ces moyens servent à la combattre, ils doivent en être bannis, mais il est insensé de croire que des hommes inconnus et des facultés communes puissent établir la République en France. Pour se battre avec les royalistes le courage est seul nécessaire, mais, pour fondre la nation dans la République, pour donner de la considération à la force de l'esprit public, pour faire concourir à la formation de la loi 23 millions d'hommes et les y rendre soumis, pour créer une société nouvelle dans une vieille nation, il faut une supériorité de lumières égale à celle des anciens législateurs de la Grèce. Depuis leurs siècles, toutes les sociétés se sont formées par le hasard, par les événements et non par les combinaisons de la pensée. En France, il faut donner de la grandeur au gouvernement de la République. Les succès des armées ont fondé la gloire de la nation, ont fait respecter sa force. Mais les institutions dans l'intérieur n'ont point encore acquis de dignité. L'ancienne considération est détruite, mais non pas remplacée. La crainte a soumis, le respect n'a point contenu, et les vaincus ne se croyant asservis que par la force.

ont toujours compté sur de nouvelles cnances.

Si les Républicains honoraient davantage les talents distingués, s'ils se recrutaient souvent d'hommes éclairés, ils seraient dans l'opinion ce qu'ils sont dans le fait, le parti des lumières et de la philosophie. Mais ces défenseurs de la pensée admettent facilement sous sa bannière des hommes tout à fait étrang'ers à sa cause, et le contraste des mots avec ceux qui les prononcent suffit à lui seul pour égarer les opinions. La défiance, véritable défaut des républicains, source éternelle des divisions en France, la défiance qui crée les caractères qu'elle suppose, resserre malheureusement le cercle dans lequel les républicains veulent reconnaître d'utiles défenseurs. Ils jugent en masse, ils n'observent point les caractères, les situations, les intérêts. Il semble que la République se raffermit quand elle exclut, et s'affaiblit quand elle admet. Ils sont dans leur parti comme les aristocrates dans le leur. Ils ne veulent point recevoir ni ceux qui reviennent, ni ceux qui se modifient, ni ceux dont l'opinion, d'accord avec eux sur le but, diffère sur les moyens.

Rien sans doute ne serait plus mal vu, pour un parti, que d'embrasser les opinions d'un autre, mais il est insensé de ne pas recevoir tous les individus qui se rejoignent à lui. On ne fait pas marcher l'armée vers un camp étranger, mais on en reçoit les mécontents et, comme le temps, la fatigue, la mort diminuent le nombre des premiers républi-

cains, il importe de toutes manières d'attirer à la cause tous les hommes nouveaux qui veulent la défendre.

Mais, diia-t-on, où sera la garantie de la sincérité de leurs opinions? Il en est une qui ne peut guère tromper : la haine des mêmes ennemis. On a vu des royalistes prononcer de mille manières leur attachement à la République. Mais il n'en est qu'une qu'ils évitaient toujours, celle que les royalistes détestent et tout homme qui, dans son cœur, a l'amour de la République, est certain de faire tressaillir de haine tous les ennemis de la liberté, sans souiller ses lèvres d'un seul mot ni cruel, ni persécuteur.

A [côté de] ce caractère général qui peut aider à reconnaître les hommes qui prennent des engagements sans retour, il [en] est un autre auquel il faut apprendre à se fier, c'est la moralité, c'est l'amour de gloire des individus qui professent une opinion quelconque. Certes, si La Faijetleqiii, du fond des cachots de l'Autriche, n'a pas voulu souscrire un engagement qui portait atteinte à son patriotisme, si La Fayette qui a refusé des serments, mais n'en a jamais trahi, La Fayette qui ne peut être ami des rois, prononçait son adhésion à la République française, rien ne pourrait faire qu'un instant de défiance s'élevât dans mon âme. Sa promesse serait sa garantie, et son honneur le plus indissoluble des liens. Les rivalités et les soupçons réduisent et dégradent le parti républicain. Des opinions qui

doivent rallier tous les hommes sont resserrées dans plusieurs qui, prétendant tous aux mêmes places, veulent écarter les concurrents et sacrifient à cette petite pensée l'immense avantage de rallier assez d'opinions diverses à la République pour la rendre nationale.

On l'a tenté, dira-t-on, après le 13 vendémiaire, «t la République a failli périr entre les mains de ses ■ennemis. C'est, je le répète, qu'il faut appeler à soi les individus, maisnon se confier à un parti différent. Que des individus détachés prennent un à un la •couleur et les intérêts des hommes qui les appellent, et fondent par degrés tous les partis dans la République; mais la représentation nationale livrée à des élections mal combinées devait nécessairement amener le renversement de la République. C'était un parti élu contre le gouvernement et rallié pour l'attaquer, luttant d'influence avec le parti républicain et n'attendant rien de lui. Tandis que des hommes, successivement reçus dans les rangs des républicains toutpuissants,auraientrompu d'avance avec toute autre ambition et, fusssent-ils des convertis, ils n'en feraient que plus de bien à la cause. Mais il en est beaucoup qui ne sont pas des convertis, qui de tout temps, ont servi, ont aimé la liberté, qui souhaitent avec sincérité l'établissement de la République, mais dont la tête seulement n'est point révolutionnaire, repoussés par les soupçons, aigris par les injustices, le monde nouveau qu'on appelle un pays en Révolution, leur est totalement

élrang-er. Mais ils sont conservateurs, raais ils ont l'esprit de durée, et il faut les admettre à la consolidation de la République, comme il fallait la conquérir sans eux. Enfin, il est une qualité, jadis nationale, que l'esprit démocratique voulut bannir avec les castes privilégiées ; il est une qualité que les républicains doivent rappeler au milieu d'eux, c'est la générosité. Comme souvent les vaincus l'ont invoquée, on a fini par soupçonner ce sentiment comme une ruse aristocratique. Néanmoins, il faut le reprendre dans sa nature, le séparer de toutes les idées factices que l'orgueil des rangs y avait ajoutées, mais se hâter de retrouver cette vertu sans laquelle jamais les vaincus ne se seraient soumis au triomphe des vainqueurs, sans laquelle les haines se seraient transmises d'âge en âge, sans trouver jamais un terme, sans laquelle le repos ne serait jamais descendu sur la terre, sans laquelle enfin il n'est pas de milieu entre la générosité et le massacre de ses adversaires et de leurs enfants et de leurs amis et de leur race et de leurs vengeurs toujours renaissants. Car si vous persistez à rendre l'existence des vaincus intolérable, la puissance du désespoir troublera du moins l'Etat, si elle ne peut le renverser, et jamais une guerre intestine ne finit que par l'équité des vainqueurs envers les vaincus. La générosité n'est que la justice au moment de la toute-puissance.

Si vous devenez plus doux lorsque vous êtes moins forts, vos ennemis s'enhardiront à chaque

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concession que vous leur ferez. INIais le lendemain du jour où votre pouvoir est sans bornes, posezvous des limilcs, et celles-là ne seront jamais renversées. Dans le cours des événements d'une révolution, les réactions se succèdent. Une persécution injuste amène une indulgence dangereuse. La générosité est donc le plus profond calcul de la politique. Elle seule prévient les réactions. En Révolution, la victoire subjug'ue les vainqueurs ; la générosité seule dirige les circonstances, marque au torrent son cours et donne aux vainqueurs sur les vaincus un ascendant d'opinion que rien ne peut plus détruire.

On dira longtemps peut-être encore : ce n'est pas le moment de la g'énérosité. Mais la Révolution ne sera faite que lorsqu'on se dira que ce moment est arrivé ! C'est le servage des vaincus que la générosité des vainqueurs. Jusqu'à cette époque, ils traiteront toujours de puissance à puissance, car il n'y aura de différence entre eux que le hasard.

J'appellerais folie et non pas générosité de rendre aux vaincus leurs moyens de nuire. Mais il y a quelques biens nécessaires aux hommes de toutes les classes que vous ne pouvez ravir sans intéresser la confraternité humaine. L'org-ueil, la vanité ne répondent point au cœurdela plupart des hommes; mais la privation de ces jouissances communes à tous les raners, mais la nature en souffrance soulève toutes les âmes et, quand les hommes veulent mépriser ces vieux sentiments de l'espèce humaine, ils... [La phrase n'est pas terminée].

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