DES PRÉSERVATIFS CONTRE LINVASION DU VICE
oBssaTAvxov» vaÉuanMAmw.^ ,
Nature des maux décrits précédemment. — II» sont inhérens à tonte société* — Efforts dtslégi^lateorB et dès moi^liât^s pour préveair ces ma^^'-— lléao» tion corruptrice de la société et quelquefois de la famille. — Nécessité de cultiver le sens ihoraL >— Le Tice et le crime ne sont pas snsc'eptibles dfune guérison absolue. >- Impuissance des lois répressives pour parvenir à icette guérison. >— Le seul moyen an pouvoir de l'homme pour résister an mal moral est d*opposer nne forte barrière à ses progrès et d'en resserrer le siège de plus en pins. —Ressorti ^énésaux à employer*. •— Préservlatiis* — ^ Remèdes* (i)
Les maux déplorables que nous venons de décrire ne sont pas circonscrits dans un seul pays^ dans une seule cité; ils apparaissent avçc une intensité plus ou moins forte dans tçus les pays, dans toutes les cités qui sont le centre 4'un6 grande activité sociale et industrielle. Ils ne datent ni des temps anciens ni des temps mod^nes^ ils remontent à l'origine des sociétéshumaines. Ces maux n'ont donc rien d'acciden};el pi de transitoire. Ils sont inhérens à l'organisme social^ comme les passions qui les engendrent sont inhérentes à l'homme.
Toutefois les législateurs et les moralistes se sont efforcés dans tous les temps d'opposer i;me barrière
(i) Ce chapitre a été reiuaDié et augmenlé.
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puissante à l'influence des principes délétères qui dépravent et affligent les peuples. Les uns ont travaillé à cette œuvre immense et vitale en établissant des peines contre les, actes coupables qui nuisent à la 80ciéié| les autres en Ëôsant pénétrer dans l'esprit des masses les préceptes d'-uue saine morale et en essayant de leur dooner des habitudes d'ordre, d'économie et de vertu. Le prêtre et le moraliste chéent les bonnes moeurs par Tinstruction et l'exemple , et le législateur les maintient par la crainte ; mais la société et souvent la famille détruisent leur ouvrage par de pernicieuses^octrines et par le relâchement ou la licepce des mœurs. C'est cette réaction corruptrice et incessante, qui ébranle tant de sages résolutions, qui revtd stériles t'int de bon< nés semences. Malgré i'écueil que les mœurs des enfans rencontrent parfois dans le sein même de la famille, c'est encore elle qui est la meilleure école, car heureusement les familles lA)nnêtes et bien disciplinées sont les plus nombreuses dans toutes les classes, et le soin de leur propre réputatioti autant que l'intérêt de la morale tient constamment leur sollicitude en éveil, sur la conduite de ceux de leurs membres qui, par leur faiblesse ou leur inexpérience, sont les pjus sujets à faillir.
Les instincts moraux de l'homme ont besoin d a-
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limeut non moins gue aes appétits. Plus, le çen^ moral devient exqius-par lai culture, plus il se développe eî; se perfectionne. C'est ce développement qui engendre les délicatesses de l'honneur, les alar* mes naïves et quelquefois oiftrées de la conscience', et qui sous ce rapport rend lés exigences des mœurs beaucoup plus inflexibles que les prescriptions des lois* les plus sévères. "Quelle force les gouvernera^ns ne pui&eraient-ils pas dans le ressfort moral, s'ils savaient le diriger ou seulement s'ib voulaient encourager son action ! Alais ne sortons pas du sujet de ce chapitre. Après avoir' décrit les principales variétés du vice et du Crime, examinons s'ils sont l'un et l'autre susceptibles de gjuérison.
£st-il au pouvoir de l'homme d'extirper d'une manière absolue le vice dans le cœur de son semblable? !IÇst-il en son pouvoir de purger la terré du crime qui' l'épouvante et qui la désole ?
La question, ainsi ^osée, me paraîtrait insohible,
parce qu'elle est conçue. eix termes trop abstraits et incompatibles aveoles facultés bornées que Dieu a départies à l'homme. On a considéré, notre pèlerinage ici bas comme une épreuve; la vie humaine n'est, en effet, que cela; l'homme a été doué d'une liberté d'action qui le rend apte au bien comme au mal; le libre arbitre est une force, mais celte
forcé est scdjidtéè totu's^à fbur par les jpassious et par la- raison , et c'est en ce setis qu'on a dit aifec fondement que \A vie était' un combat. La misère et la «corruption sont lé géilie du mal^demème qae le bien-être,' Fëgalité des 'mauts, et la mesure éana les passions constituent le génie du bien. Éloigner la niisèrfe par le travail, et la corruption par je bonnes habitndes, telle est la tâche que l'homme doit slfnpbsèr* pour ne pas détoger à la dignité dé son espèce, telle est aussi Ja <firéction où la famille et le pouvdii^ soùial doirônt le maintenir, là première par ses exemples , et le second par ses institutions, ses doctrines et ses lois.
Si l'homme réduit à sa seule individualité ne sait pas ife défendre contre les séductions du vice et les
tentations du Crime, si d'an autre côté l'action morale et conservatrice de la famille, si l'action réprimante de l'autorité publique sont également impuissantes pour l'affermir dans le droit chemin ou pour l'y faire rentrer, par quel moyen espérerait* on réussir à l'empêcher d'être vicieux ou criminel ! la société ne peut que subir les chances de son institution ; ces chances ne sont pas toutes favorables à son développement régulier , à sa prospérité , il en est qui sont nuisibles , il faut qu'elle les supporte comme on se soumet à une charge onéreuse, à une
A EMPIiOTBlt 009TIUB U HAh MOBAL. a^i
semtude; L'Sfieriiel lK>nDem'| de la civilisaticm Mt d'être indulgente envers Fhomme Ticieux.enmépri* sant le vice, juste envers ceiut qui par un s^atûÉiaftt foreené de cupidité et de dépravation portent at^ teinte à lâ propriété, à la vie d'àutrai, et de se défiai d^eUe-meme^pourne pas substituer la vengeancie à la justiee/YolIà la loi des peuples intelKgens,nopailk ^ libres e^bten policés; Cette loi exdut laguétison ra» dîcale du vice et du crime, puisque le vice qui n'at» tente point k la morale publique n'est )i»ticiaMa que de l'opinion, dont le blâme est impuissant Joriik cpi'il £n^>pe sur un indtvtdu qui n'en, resseat pas le déshonneur^ et que la justice pénale^ malgré ses iv gueurs , ne se lasse pas d'espérer la réfdrme du dé* linquant et dttcrimtEiel^ lors même que le £aiit ijnpu^ tàÀ€y est accompagné d'une réâdive opiniâtre*
Des écrivains moralistes-, navrés d;it spectacle de nos misères et de nos vices, ont prédit que la société serait conduîrte,.par la force dumal moral qffi .l'agite^ k porter un jour dea lois contre le vice«:.Ges loiaoïiet existé, et malgré t^excès de leur sévérité, elles n'ont pu déraciner le vice. £n effet, sous nos anciens rcûs# les maisoi^squi servaient d'asUe aux prostitués étsâent démolies ; les prostituées étafetit assujetties à mt costume particulier, que l'on considérait comiùe une flétrissure , e^eHes étaient reléguées, parquées'dana
^f^ 1IKS3ÛRTS GàrÉRAUX
des mes qui n'étaient habitées que par elles.- Malgré cet appareil de sévérité et d'avanie , le mal qiiVm s'était flatté de détruire dans son germe, ne oassa (>as de se mqntrer ; il acquit même plus d'intensité et de danger^ puisque la prostitution clan-
destine prit la place de la prostitution publique^ ettroropa, de la sorte, la vigilance de l'autorité qui toléra-plùs tard ce qu'elle n'avait pu empêcher. Les tribus . de sectaires qui ont jeté les fondemens de FAinérique du nord déployèrent, dans l'origine de leur établisséînent, une sévérité implacable contre ït vice. Les premiers actes de leur législation attestent la ferveur de leur piété, la pureté de leur vie; mais ils restèrent pour la plupart dans l'état de théiMries inapplicables, et aujourd'hui ils expliquent comme monumens historiques , l'ascendant soutenu des idées 'religieuses, dans un pays si peu fait en apparence poqr les admettre et pour les respecter à cause de la forme de son gouvernement. U existe encore dans ce pays, des dispositions législatives contre l'ivresse ; les sociétés de tempérance ont agi àvçc pliis d'efficacité par* le seul empire de la persuasion , contre l'abus du vin et des liqueurs fortes, que ces dispositions tombées en désuétude, et maintenues pour l'honneur de la morale, plutôt que comme moyens effectifs de répression.
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Parlerai-jq xles peines portées contre le crime, par les lois de la Vieflle Europe. ? La torture avec soa^ freux cortège ^tait écrite dans tçutes ces« lois; non-seulement, elle était appliquée^ à titre de siqn plice, aui^ mal^ureux frappés d'une condamnation capitale; mais eUe était employée comme expédient et dans une oertaiûe mesure, coAtr^ les accusés euxi-meines pour leur, arracher de prétendus avei^x.
Certes, s'il était possible d'attendi:^dela terreur.dt^s peines la guérison absolue 4u crime, nul doute qiie
cette guérisgn n'eût été opérée par cette législation barbare , mais non! le crime^ pas plus: que le vice , ne s'est jamais lassé et ne- se lassera . jam^ d'affliger l'humanité. ^ ,
Quand on porte ses regards daps les profondeurs du* passé et qu^an les arrête sur les ^eux derniers siècle^ , .oqi est frappé des efiPor^.qui ont été i^its par la religion et par la saine pl^sophie pour corriger les vices delà nation; le dix-septième siècle surtout se recommande à l'adiiûration dç la pçstérité par l'ajliance sacrée dé la morale religieuse et dçs lumières coatrè l'invasion du vice. Les efforts de ce dernier siècle, comparés à ceux des âges qui l'ont précédé et qui l'ont suivi, ont quelque chose d'héroïque et.de majestueux, et pourtant ce siècle si grave, si discipliné, ne put que restreindre,
9^4 Rcèsoân ùtBisAvx .
qtt'iaoindrnr le foyer desi maux qui ternissent notre chfijtoation ^omtire ils ternissaient là sienne.
S le Siècle «iJù la civilisation des mœurs etlt eon^ tttHilielit lê pas sur la êiTiliâation des lumières , où te^^êttiê'iet la vertu ènfantèreiit tatlt de. prodiges , d% pas i^ussi à cicatricer la pkie ^sodale qui nous ^MMCUpie^ c'est qu'elle est incnrUble. L'histoire iittnS -àpplrend , qn*en e£Pet dans tons les temps et dMà t6Us les lieux, eette plâié à résisté à tous les Mtttôfeé $ que les peuples les plus sages et les plus môMUt sont ceux qui, dans Timpuissance de détruire eonàpi^tement le mal dans son principe, ont opposé tme forte digue à ses progrès , ou Msserré son siège dans des limites plus étroites.
"Cftett Wtts ce point de vue ptiremènt pratique, que nous avons cru devoir envisager la question de ràtaélîoration morale de la classe vicieuse , dépravée et dangereuse. Diminuer le nombre* des vicieux etf dés méchans pour augmenter la masse des bons, dan§ son sens le plus 'large', tel est* le but que doit se proposer l'homme d'état aussi bien que le moraliste. Cette manière de poser les termes du problème n*est ni ambitieuse ni tranchante ; elle ne tend pas sans doute à détruire le mal dans sa racine , chose moralemenr impossible et digne tout au plus de trouver place dans quelque utopie , mais elle tend à
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lui dépoter le terrain pied è pied, à pfH^6nNN»4ili bons de sa maligile influencé^ et. & Im arrackév ]pit des efforts contiliuels ceux qu'im égarement: fêê* sager ou une profonde dépravation a ^épsd^ délit société régulière. Que peut-on demander de pitfe' à la puissance publique et è la tnorale? que pent-^ demander dé plus à la religion elle^ênié?
Les sciences politiques et les sciences morale^ né peuvent espérer de régler 1(^ pencfaans dé llicnftÀhè et de le rendre apte à la vie ^d^e, par kt connèAN sançe et la pratique des devoirs qu'elle inf^tcM^^ qu'en multipliant Tes moyens de travail, en unisfiant, par les liens d'une bienveillànce^ et d'une solitfâHité commune, tous les ^igens de la production, &t/&k donnant à l'emploi du salaire une dîrecticm sage et éclairée , c'est-à-dîre conforme ausf intérêts 'bfeii entendus de roùtrier à qui ce salâîre' doit profiter. Toutes ces choses spAt, en effet, lafiii etlacoAsoMii màtion dé Téconomie politique et de la Ttiùtsi($'\ niais les'ùpplicfsttions uti)ëi$ et fécobdés de cetté-£I sont beaucoup plus* dîfficSes à <ef éer et à rehoutveler que lestnoyens dé travaS:- L'ordre et la paix Sont une source infaill3)le et intarissable de fraVail, outre que r^mour du bien-être Fe conseille, le soutient et l'alimente sans cesse.' La morale ti'a pour elle qiie la raison et la conscience; il faut (|ne l'un^ %1f làtttre
aj6 BB9SORTS GisiRkVK
iMttent 'COAtre les appétits, co.ntre la violence des passions; it faut; qu'elles les surveUlent, les combattit; pour les régler, et lorsque les passions sont trop eflf^vesceqtesy il ne leur est^donné de les surmonter, qu'en les maîtrisant comme des rebelles. Le travail est un élément de moralisation ; mais il est aussi, ou. du moins il pe^t devenir par l'abus des rttsoorçes qu'il procure, un élément de désordre. L'influence de la morale est donc indispensable ftjûar assurer le bonheur de Thomme considéré dans toutes les positions de la vie; et cette influence est d'autant plus précieuse , qu'elle est compatible tùême avec le plaisir où elle ne se mêle que pour l'épurer et l'ennoblir. La reli^on elle-même, quand elle vient au $«cour^ de là n^prale, ne se propose pas d'autre but.
Prévenir la misère par le travail , la corruption par renseignement et la pratique des préceptes de la saine morale, tel est le principal devoir des gouvernemens et des moralistes. Néanmoins les efforts tentjés par cei\x-ci pour préserver l'homme des atteintes du vice ne sont pas toujours heureux; il est des individus qui cèdent sans résistance et sans mesure à ces atteintes, soit que dès l'origine leur éducation ait été négligée , soit qu'ils aient étouffé par de mauvaises habitudes les bons sentin^ens qui leur
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avaient été inspirés. Il est l'are, que le vicie loarehe seul j il donne, quelquefois naissance à rimâ3û|i£té^ .et celle«ci engendre le crime. Ces conséquentes -ft^ taies se manifestent dans tous les rangs de la société) sans distinction de rang, d'âge, ni de sexe. L'adolescent^^-l'enfaiit lui-même deviennent dangereui( pour elle, dis que la corruption les a touchési •
Lorsqu un individu est condamné à- expier cbios une maison de force, f>ar un .emprisonnement pUi$ ou' moins long, les mé&its dont il s'est rendu xxmpiir ble ; lorsque l'enfant convaiïiou de vâgalxHidage ou de petits vois, nlai^^rotégé par son inexpérience^ son dé&ut de discernement, a été envoyé dans i«te maison de correction, à titre de discipline? seuIentaiH; et pour apprendre quelles maximes de la morale. Dte sont pas un vain mot, il ne s's^it plus de maintenir chez run et chez l'autre par des conseils ou d« «a- ^es préçaiitions, le sens moral dans -son iiMîégrité , dans sa pureté, mais d'une mission bien autrement difficile. Il s'slgir de vaincre les mauvaises passions du détenu adulte par l'intimjidation, de purifier wo cœur paf des instructions morales et bienveillantes, et de tenter lés mêmes efforts à l'égard de l'en^nt en se servant de moyens appropriés à ces coiinatssances et à son âge. Or, ici, tout est obstacle et em* barras pour le prêtre oi| le moraliste ; ce n'est plus
n gO M à Ja oB et'jhi hratatitéqall loi est réservé de MMMMre dans f adhika,. «"ekt . le vîoe x>pi]iiâtre. et Jipratéyrfjflfct le erimq il-»e Ikttt pM leoleiiieiit qu'il MMlîfie da tnal^' mais qu'il lerdière li tes {propres Mkrot qu^iLle rende à k vie Morale. Quant à Fen-
hà le vice ett.inoûËfr endura et que son esprit ^est ■rfÉar wiMuipu' qii9-' MS bdbitudeSt Illid suffît le plÉH a w iten t de^ésapprendre le mal pour connaître 6»pMtiv*fo prix inestiinÉUe de- la fertn.- . -AjaMHM ^ là tmftSl peut, être employé, à FégMMèPenfiuit omnme à l'égai^ dfr l'adulte, à tiCre BÉtt^^Mdement demoyens^d'ezistence pour Eaveniiv mÊÊÊWÊmiii »tftre d'amendement et de r^énératico, «V^llANi'est^pasnKmis efficace potir réprimer que pour prévenir W mauvaises passions.
Cette double .théorie que nous venons:d'indiquer et qi|i divise naturellement les modes de curationà employer contre le vice en Tpréêervatifê et en remè* 490^ constitue le fond de cet ouvrage et sera l'objet de» *défeldppemens; contenus dans la troisième et la-^puîtrième partie destinées ^ l'une comme l'autre , à 90tt exposition approfondie.
TITRE I
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