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sanfes non-senlement au soutien de son existence , mais à Ini procurer les ÎBi^ydBU d» Hen^étrci l«f plna i^sdns. -r- ^'at«|l, fenâflwntl dg.l Wm p fo indiydi^ç|Ie et de toutes les |oui^ances sociales. — Travail, nécessité imposée à* I*konâne, et moy^Ai de ecmsolatioii. ->- Rappcirr du tnryàâ at«o liBv'Atm a|;Qns 4f rH^dnstrie^rr lofllVAce da la d^x)[iaud^ du travail et ^ la oç^qui;' rence,snr le sort de l'ouvrier. — De l'ordre, de Féconomie et des autre» Tet» tus nécessaires an travailleur. — - Obstacles qpi s'opposent à l'eamyeî^ i^ pfs vertus. — Comment il serai^ possible de les yai|icre. (i)
L'honuDe e$t soumis^ par les lois dç soiir oygaBk»tion , à dea besoins auxquels il est obligé de ssytiii- £Eiir6 poup le soutien de son enaftesoe : ises bes(aus sont simple» et de^i^nt l'être f po^r qtie rtioiimie pût jouir du bieufait de k rie^ sans s'impoaei» des efforts trop, péuîbles qt trop^ disproportionnés avec sa faiblesse naturelle» La satisfaction complète et r^ gulière. des besoins physiques, constitue ce qu'on
a8b DU TRAVAIL» COXME FOVDSXEirT DE l'eXIST£J!CGE>
appelle le bien-être matériel, état qui représente biep pliû les CQitditibns néceasairés'et vitales de l'inditidoy réqiiil3>re bu la possession sitfSsante des forces indispensables à la vie , que les commodités et les douceurs de oeUe-ci. Le créateur , en nous appelant à la vie , devait nous doter de facultes propres à l'entretenir et à la prolonger, potu* ne pas feiire . une peuvre inutile ; mais là pouymt se borner le lot qu'il a départi à chacun de noos/quoique dans sa toute-puissance , et dans sa bonté, il se s<nt montré, beaucoup "plus libéral enrees r-faumanité, et qu'il lui ^t fourni les moyens d'attçindre à une somme dé bien-être infiniment 9upérienre à ses besoins les plus variés et les plus étendus.
La divinité, en distribuant, d'une manière inégale en apparence, le trésor de ses dons, parmi le nombre infini de ses créatures, a compensé cette inégalité par d'autres avantages. EHe a placé la force dans l'bumble fortune, à côté de la frugalité et de la tem^rance , tandis qu'elle a placé le éoiici et les maladies à côté delà richesse, quand celui qui en est possesseur ne l'a pas acquise légitimement ou l'a fait servir follement à ses dissipations et à ses désordres. Le bien-être dans son acception rigoureuse et normale est donc, en définitive, ht possession des moyens
ET COMMM MOYEK D£ GOlT^eiiATIOir. %S I
d'exbteace , que comporte h .condition social? de chaque individu. Envisagé soqs ce point de Vue^ les joirissâncés quHI procure sont ornées errelatiA^es^ et elles peuvent se réduire au simple nécessaire sans cesser pour cela^ d'être des jouissances.
Quelque restreiiltç que soit la médire du i>ien« être, rhômme, considérée isolément dans sa' nudité et spn indigence, ne peut s^empécher de le conquérir par un labeu^ continuel. Dieu Ta voulu ^ûAj et il a fait du travail , non-seulement une des lois fondamentales de notre existence , mais kr base ^e la fortune, qui est un développement plus oq*moiiiS étendu dû bién*étre. ILe rôle du travail dans la des* tinèe de l'homme , n'est pas celui d'un agent pure^ment matériel, le dréateur l'a élevé, au rang- de vertu. C'est en effet, à titre de vertu, que le travail préserve la volonté' humaine de l'infloenoef des mauvais penchanls et que, suivant une des pensées les plus profondes et le^ plus salutaires du dhMsttà* nisme , il renferme em lui toute la. force eti'effîcaeité de la prière. Si l'on pouvait placer quelque- chose au-dessus de la vertu, je dirais, que ie travail est plus^encôré, cpr il est le consolateur de nos afSic-* tions , le charme tout puissant'de nos peines.
Le travail est une des sources principales de la ri* chesse dans les divers domaines de l'industrie; il
9^8a siunpoBn ob tbàtail
rançl avec usure à chacun dis agens^qui CQBOourent k kprodttOtiaA, l'équiiralèikt du tribuY de son oeuvre: o'etteoinm^ tels que le cbaf dr'iado^ie ^ J^ capitaliste et;4'i>uvri€Hr, reç(ÛYe|nt Ism pari du profit de l'entreprise à laqu^lk ils M sont asaociés. Celle qui relient à Touviier pour pri&'^dé 4a naain-^l œoyre s'appelle salaire : ce salaire augme&te ou diminue , en raison de la^ quantité de tMvail demandé et de la ûôncuiveiioe des travailleurs. Ceux'^, étant en très grand nombre dans touarles centres d'activité industrielicf^ et tendant à s'aocroitre sans cesse , <ï'après la fÔMe reproductive inhérente au principe de la population , leur profit s'abaisse d'autant' plus que leur coaeurrenoe est plu3 active. L'influence comr btnée de la demande du travail et de la concurrence sur la position de l'ouvrir, est permanente, décisive , et résistera toujours à toutes les ihéories qui auraient la prétention de la décliner ou delainéconnaître pour arrivera ramélioration du sort des classes laborieuses. L'exameade cette influence, ayantun rapport intime avec celui de la question du salaire, nous les com^ prendrons tous deux dans le chapitre qui traitera de cette question afin de les éclairer l'un par l'autre. Quelque résultat que l'on puisse espérer, au surplus, en faveur des ouvriers, de la solution des questions difficiles qui, dans l'ordre économique, se ratta-
AVEC LES m^fiB^ àOjbks w l'i^dustrie. a83
chent au réglemeût du aàJiaire, 9ous ^mmea loin^^ pexisar que cetpéftuhat soit jamais 4e nature à JHiamr former coidjplètem^t la côuditiau de ta xaasuô des travaineUrs , et à leariaire sortir dé }a uiédiocrité at» tachée de tout t^mpsyel par ;la force des choses; à la classe du plus grjuidt nombre* ï^n admettait qu'A fujt au pouvoir d^ la science de diminuer le9elemeua.de la concurrence , %ana retf reindre la liberté de Vm^ dustrie^ noiis doutons que les ouvriers^ obtînsaeint autre chose qu'tine 'amélioration plus ou moins âéiv sible, plus Qu moins durable, de leur situation prjésente. Ce changement, quelque impartant qu* il fut^ neles dispenserait pas ^ en tout cas , de chercher dans Tordre j T'épargne ., et^ la modération , ce qui leur manquerait toujours pour fournir suffîsammernt & leurs-besoin^ ainsi qu'à ceux de leur famille.
Ces vertus y qui sont'Utiles à tous , ^nais fH*inci]par leroent au pauvre dont elles.^gara'nttssent' le bien» être, éprouvent toutes sortes d-'entravéà- dans «les divers corps d'état, à cause AeB habitudes irré^4 liàfes^ qui y régnent ', hsfbitudea que la tradition et la coutume y ont introduite», et que la coutume^ appuyée sur le bon sens et les lumières, aurait seule la force de -détniiire. Il existe parmi les ouvriers qui se livrent À *Ia boisson, abstraction £ûte d&eeu&opn en poussent Tabus jusqu'à Tivrease, Une fadaséfadJalî
a84 PAATIQDB DE« VERTUS
qtt*on ne saurait trop combattre. Cest la persuasion ou ils sont q€iV>ti aurait droit de les regarder comme de maurais camarades , cbmnie des ouvriers avares, peu sociables et bizarres, s'ils se refusaient à boire hors de leurs repas, sans besoin et par forme de passe^temps. Il est positif «cependant que plus d'un ouvrier a, dans maintes circonstances^ exprimé un pareil refds^ Il en' est , et j'en connais, qui nén-seulemeùt ont ^résisté à des invitations pressantes et réitérées , mais qui ont su se mettre au^essus des railleries oçca^ionées par leur refus : épreuve que le grand nombre redoute le plus, et qui est près* que toujours l'écueil de leurs bonnes dispositions. C'est de qette minorité raisonnable et ferme que àont sortis et que sortent encore , par intervalles , ces entrepreneurs courageux, fils de leurs œuvres, arrivés à une honnête aisance ou à la fortune, par la sagesse de leur esprit, leur goût pour l'épargne et là simplicité de leur vie. On m'a montré, dans certains ateliers, des ouvriers adôlescens livrés à euxmêmes dans Paris, sans tutelle et sans surveillance, chez qui ces bonnes habitudes s*étaient déjà tellement fortifiées, qu'ils imposaient en quelque sorte, par leur sagesse, à 4es ouvriers d'un âge mûr, accoutumés à dépenser leur salaire en boissons , et réduits à emprunter quelquefois à leurs jeunes cama-
IfëCBSSAIRES AU TRAVAILLEUR. ^85
rades Targent dont ils avaient l>esoin poqr se pro* curer un «malgré repas.
Ce qui manque le plus au^ classes pauvres > c'est le sentiment vrai de leur situation, et la force ide s'y ' conformer; c'est la sagesse d'employer utilement les modestes ressoufces qu'elles doivent au travail. H ne faut pas regimber contre }|^nécessité , mais la subir et y àdapl;er sa vie. Médire de l'état social, ou s'étourdir sur les embarra&de sa position par l'usage immodéré du vin, c'est, d'i^ne part, ne pas eonnutre ce dont on sâédit; .et d'autre part, empirer le mal, en* croyant le pallier.
Sans me dissimuler ce qu'il faut de courage et de résignation pour supporter la pauvreté dans ses mauvais jours, je suis fermement persuadé que cette même pauvreté laborieuse et éconoipe peut, dans les temps ordinaires , pourvoir aux besoins de la vie ^ et se ménager quelques-unes des commodités crééeis par la civilisation^ Dans aucun des rangs de la société, nul n'est en état de contenter tous ses désirs. Ce qui manque-à l'ouvrier manque au contre-m^tre, et ce qui parsdt désirable à ce dernier est un objet d'envie pour le chef d'industrie, toute proportion gardée. La mesure du nécessaire change avec la condition de l'individu, et par suite celle du superdu* Elles doivent changer, en effet, simultané-
^86 MOYENS D& yk1Sf(ÎI^lR LBê OBSTA^SLleS' NUISIBLES
ment; mais ell^ restent toujours en deçà de la por* téedu désir. Voilà pourquoi ,. depuis que ce bas monde ei^iste/nur n'est content et ne sera jamais content de sqft son. Quelles que toient les promesses dtt système. emphatique et creux de la per« fectibilité indéfinie,* quelles quetolent les espérances de ceux quiap{iiritent une refonte complète de la société, pour y faire à leur guise le lot du pauvre, l'es* sence de ce lot ne changera jamais; elle sera toujours l'expression' plus bu moins bbrnétf du nécessaire, sefon la conduite de Ffndividu, Tétat des circonstances et le nombre des membres de sa famille; . Quant* au palliatif emprunté pût l'ouvrier aux plaisirs dii^cabaret, je n*y i/ois qu'une satisfaction mômenttme, suivie d'un enchaînement de privations qui 5'aggravent de pliïs en plus, et qui atteignent sa famille, non moins fortement que luimême. Ce prétendu palliatif n'est qu'une illusion, et atteste tput à-la-fois la légèreté, Timprévoyance et Tégoïsme de celui qui en fait usage.
On a dit, pour expliquer et justifier l'ardeur que l'ouvrier met à la recherche des plaisirs , que Dieu avait donné à l'homme un désir insatiable de bienêtre. Ce désir se révèle en effet dans l'humanité tout entière, mais il a pour corrélatif la raison qui est aussi un don du créateur et le plus éminent comme
A L'AMÉUORAJIQlff itORALE pU TfijLYAIUJn7R..l87
le plus inappréciable des dons, puisque c'est à lui que rhomme doit sa suprématie sur. tous les êtres créés et la faculté de maîtriser ses. mauvais pei^-* cbans. Obéir à ses appétits^ d'une m&nière aveugle et sans écouter la voix de la 'raison, toujours prête à se faire entendre, c'est donc méconnaître la nature raiisonnable de l'homme, c'est altérer l'harmonie et l'essencQ de son être. Nous remarquerons à ce sujet, que certains moralistes sont presque aussi outrés que ceux qu'ils veulent endoctriner sont déraisonnables. Ils enseig]tient..à détruire les passidus, tandis qu'ils devraient enseigner à les régler. Le boa sens a plus de tact et de science qu'eux ; il feit siiûplement l'office de modérateur, en donnapt auic.appétits naturels le développement le pli^ conforme à nos véritables besoins. C'est lui qui est le meilleur juge du bien^^étre-. Il n'est nfrâtoïciên m^>i€«H rieii; il est ami dé la mesure et de l^éqdilibre; mC frop, ni fr&p peu, voilà sa devise; et Qrt apborismè
résume en quelques mots toute lasdeùcede'la vie»
290 «OBlOa PUmOlPAUS DB L'wimiXBIB.
de l'impéritie , ou dos spéculations démesurées des entrepreneurs; elles dérivent aussi des atteintes portées à la sécurité publique par les factions, et auK Opérations du commerce par les mauvaises mesures des gouvernemens. L'industrie s'affecte de tout ce qui .peut nuire à la liberté et à l'ordre public ; la stabilité dans les hommeà et dans les choses est la l^us sûre garantie qu'un gouTernetnent puisse lui assurer.
' £n France, l'industrie (j'entends l'industrie manU'- &Gturière) existe soua^ deux formes capitales , qui dominent toutes les autres. Dans l'une il y a unité , da!is Tautre pluralité d'intérêts. Les établissetnens de. la première catégorie se personnifient dans les chefs qui les ont fondés et qui les exploitent; ceuit de la seconde sont complexes et pour ainsi dire multiples; le chef de l'industrie y est séparé des travailleurs et de ceux qui les dirigent : c'est moins un fabricant ou un manufacturier qu'un spéculateur. Ces deux modes d'organisation ne sont pas également répandus. L'un abonde principalement dans les départemens du nord de la France, et l'autre dans les départemens du Rhône, de la Drôme, de Vaucluse et de la Loire; à Paris ils sont employés simultanément. Là, où les manufactures appartiennent à un seul , il n'y a qu'une impulsion , qu'une
FORMES PIU90IPALSS DB l'IWU^RIE^ ^^l
volonté : c'est celle du m^tre de rétabliBsiaiwj||l| c'est sur lui que pèsent les charges , à lui que.fKCh fitent les bénéfices; les ouvriers qu'il occupa i^ic^ compris les contre-maitres et généraleai0i(d: , 1^ sous-chefs de l'industrie, ne r^çoiveat de lui .qu,'M sajaire qui est le prix de leqr capacité relativ^ii ]tA| au. contraire , où l'industrie est fractionnée^ a^sii qui ait travailler 9' n'a de rapport <^u'avec les ck^ d'atelier qu'il a coutume d'employer; il traite ;ft9fo eux pour les parties 4^ m^archandises, ou \e^'^pj?is^ duits dont il a besoin , leur fournissant quelquafolft les matières premières , ou les avances nécess^^sà pour se les procarer. U est évident que l'offîce 4o cet individu , en pareil cas , est celui d'un ^ciilai^ teur et non d'un fabricant proprement dit. Les m* ticles de soierie, de rubannerie et de ichapeUerie^ nH se confectionnent pas autrement à Lyon, à Saiotb Etienne, à Valence et à Avignon. L'ébëniaterieV la passementerie ^ et un grand nomJbM d'autres biMi** ches d'industrie , sont soumises, k Paris , ait miim système de fabrication;, le salaire payé dans ce «:cas^' par <;elui qui &it imbriquer le produit, représetiM les serviicei^ tant du dbief d'atelier que dtts compas gnons ouvriers. ; ^ . »
Le parallèle de ces deux cadres d'industrie fiut ressortir des avantages propres à chacun d^eux.iditai
^g% AVAlfTAGES ET INGONYiSnIENS
rindustrie que j'appellerai unitaire, ({uand elle est (Brigée par. un homme généreux et éclairé, est la floorce des relations les plus morales et les plus utiles, tar elle forme des ouvriers, laborieux, dévoués à la personne et aux intérêts du fabricant, en même temps au'elle attache celui-ci aux travailleurs qu'il emploie par les liens de la confiance et d'un patronage actif et vigilant. D'un autre côté, l'industrie qui proèède par voie de spéculation multiplie les centres de travail , en suscitant un grand nombre de dïéts secondaires d'industrie, combinaison qui a le double avantage de répandre par une foule de petits canaux le bien-être dans les classes laborieuses, et de diminuer, chez elles, la contagion du vice, au moyen de la constitution même de l'atelier dont l'enceinte limitée ne comporte que de petits groupes d'ouvriers.
Afin de bien apprécier la valeur resj^ective de ces deux formes d'exploitation industrielle, il est nécessaire d'en montrer les inconvéniens comme les avantages. La première, celle qui se rapproche de la forme régimentaire, devient un foyer de corruption, lorsqu'elle n'est pas rigoureusement surveillée par le fabricant ou le manufacturier; et la seconde, un foyer de désordre et de sédition aux époques de ralentissement du travail ou de chômage forcé,
DES PzmctpxLES FORMES DE l'industrie. agS
parce qu'il n'existe pas entre les spéculateurs, les chefs d'ateliers et leurs compagnons, ces rapport! de clientelle et de protection , cette solidarité mo^ raie qui fait que le chef d'une manufacture, vérita* blement affectionné à ceux qu'il emploie , ne se résout à fermer ses ateliers qu'après qu'il a épulté tchas les moyens en son pouvoir pour occuper et soutenir ses ouvriers.
Il est digne de remarque que les souffraiieei éprouvées depuis quelques années, dans les diverises villes manufacturières du royaume, n'ont ph)duit partout que des émotions passagères et des troubles de peu de conséquence , tandis qu^à Lyon , les aa^ vriers se sont portés aux excès les plus graves et ks plus meurtriers; et que, par deux fois, ils ont Hvré bataille à l'autorité des lois, comme si les pouvoirs de la société étaient à portée d'influer d'une maniériB quelconque sur les luttes de la concurrence et sur les désastres qu'à certains intervalles elles entraînent à leur suite. On a dit, en l'honneur de l'industrie, qu'elle avait absorbé la guerre : c'est un immense bienfait, sans doute; mais ce bienfait sera comme non avenu , tant qu'elle n'aura pas la vertu d'absorber aussi la sédition et la révolte.
Il y a , dans l'industrie , des lois hiérarchiques ii^ peu-près semblables à celles qui régissent un coifi^
^§4 ORGÂNISÀTIOR M l'iNDUSTRIE.
militaire OU une administpation. Ges.lois ne sont pas généralement observées comme elles devraient l'étive) mais il nous suffit qu'elles existent, pour que nous marchions avec assurance vers le but que nous croyons utile d'atteindre : à savoir, l'organisartioiHicnDe et routière de l'industrie.
Le che£il'Qne manu£acture est à la tête d'une 6S« pèce de milice divisée en deux grandes sections : Tune, itacorporée à l'établissement par son ancienoeté èlfses travaux continus, l'autre, mobile et flottante /p'esl^à^-dire occupée irrégulièrement et suivaink Factivité de la febrication. Il est la source du commandement qui se transmet de degré en degré, dans Pordre hiérarchique des fonctions de commis 0tt diretteurs , contre-mattres , sous-contre-maitres, chefsouvriers,jusqu'àlamassedestravailleurs.L'existence des fonctions de directeurs implique le fractionnementd'une manufacture en plusieursétablissemens partiels , ce qui fait exception parmi les grandes exploitations de ce genre. A part cette circonstance qui exige un rouage de plus , les cadres de tous les établissemens, connus sous la dénomination de manufactures ou de fabriques , se ressemblent. La maind'œuvre est dirigée et surveillée, ainsi que nous venons de le dire, par des contre-maîtres, sous-contretxjiaitres, chefs d'atelier^ sous-chefs, et en général,
RAPPORTS DES GHEVft p'iSrDUSVJElIfl W 0£S OtVRIERS. SI^S
par des préposés inTesiis de la «Confiance des diefe d'industrie ; à Paris les manufactures ou fabriquer sont des établissemens uniques et isolés , et ne comportent pas^ dès4ors , la surveillance d'un diree^ teur ; la direction êe trouve placée dans les maint du mdtre de rétablissement; mais les effets de: cette direction varient suivant la manière de voir et le caractère de celui qui en est saisi.
Lorsque le chet de l'industrie se complaît àBtiÀ ses intérêts et dans la prospérité de son exploitation, sans s'inquiéter du bien-être de ceux qu'il emploie , il y a ime ligne de démarcation profonde entre le travailleur et lui ) il se forme dèsJbrs deux sphères d'intérêts au lieu d'une ^ et l'identité y l'unité d'iiité*^ rét qui eussent &it la force et le lien de l'établisse* ment disparaissent complètement.
Supposez , au contraire , un manufacturier ijcà unisse à l'ambition defieiire fortune le' désir de procurer aux nombreux ouvriers qui l'environnent, une existence modeste et tranquille, autant que lé permettent les secousses et les crises de l'Industrie ; supposez qu'il les aide à élever leurs enfans, qu'il leur prête assistance en cas de maladie^ en un mot, qu'il leur donne , en toute occasion, des marques de sympathie et d'estime ; soyez sûr que ces ouvriers rivaliseront de zèle pour accroître de plus en fAus
àg6 VIT PAnovàGfi wssÊnci
la répatatioii de son étabUssement et le succès de ses opérations.
Certains publidstes alarmés de la prépondérance de Tindustrie , ont tu dans Finfluence exercée par plusieurs manu&cturiers sur leurs ouvriers^ le présagfCliEttmmpèce de féodalité industrielle. Ce présage 4S^ Qne chimère. Dans Tétat actuel de l'industrie «il n'y âni suzeraineté lii vasselage* Les rapports qui lient les che& d'industrie aux dasses ouvrières n'excluent la liberté ni des uns ni des antres. L'hommage que l'ouvrier doit à celui qui l'emploie est l'hommage du client envers le patron^ et cet hom^ mage qui n'6te rien à sa dignité d'homme, puisqu'il est purement volontaire et fondé sur le dévoûment, consolide son existence ainsi que celle de sa Êimille. Heureux les peuples qui comptent en grand nombre de semblables confédérations !
Ces observations dénotent assez que la grande propriété industrielle n'offusque pas mon esprit , et que tout mon souci est de développer et d'étendre le patronage du riche sur le pauvre par des moyens qui honorent la bienfaisance de Tun sans abaisser le caractère de l'autre. Sous ce rapport, il est, en France, des contrées manufacturières où les chefs de fabriques et de manufactures traitent leurs ouvriers avec une bienveillance, une affection, qui,
PAR L'siFIAfiMSinBlTR SUR l'oUVRIBR. ^gj
sans affaiblir les liens de la subordination, assuré à cette classe si intéressante tout le bien-être que peut comporter une vie de labeur et de peine. Outre le salaire dont la proportion avec le travail est Tobj^t d'une attention toute particidière de la part du manufacturier, celui-ci procure à l'ouvrier durant Fêtât de maladie tous les soins de l'art, ainsi que hsvlé^ dicamens qui leur sont nécessaires; il y ajoute dos secours quand le malheur de sa position les réclame; et malgré ces sacrifices il ne laisse pas de continuer à ce même ouvrier son salaire ordinaire. Il y a plus, dans certains établissemens, la bonté du chef s'étend à la famille même de l'ouvrier , lorsque ce dernier est vraiment dans le besoin et qu'il mérite, du reste, cette faveur par son zèle, son habileté et par sa bonne conduite comme citoyen. Ainsij^ la femme est secourue en cas de grossesse ou de maladie, et les enfans sont reçus çn apprentissage préférablement à tous autres par égard pour les services du père. Il y a des familles qui comptent de la sorte^plusieurs générations d'ouvriers dans la même manufacture. La vieillesse de l'homme laborieux et honnête n'est pas moins protégée que son âge mûr par la sollicitude de ces chefs d'industrie malheureusement trop rares. S'il arrive que ses enfans soient hors d'état de le prendre à leur charge, il est sûr de trouver dtes
agit mi patrohags rxERCé
le sein de rélablissemenl: où il a passé sa ^ie un emploi de concierge on tel autre qui lui permet de finir sa carrière honorablement sans recourir à la cbarité publique.
Ce régime est mis en pratique dans des établissemeus d'une grande importance, car il en est qui renferment de i5 à i ,800 ouvriers ; les chefs d'industrie qui l'ont adopté sont dignes par cela même d'une estime d'autant plus méritée. Parmi eux, je citerai un manutacturier de Sedan (i), connu par l'étendue de ses lumières, autant que par la générofiité de ses senlimens, qui fait une pension annuelle de 120 i'r. à ceux de ses bons et vieux ouvriers qu'il n'a pas le moyen de placer dans ses établissemens d'une manière convenable à leur âge. Cette ressource quoique faible suffit pour ménager à ces vétérans du tr4v«jl une retraite paisible daos leur village où ils tif;çnt honorés auprès de quelqu'un de leur famille qulfi'estime souvent heureux de l'apport de leur modeste pension. Je dois également signaler comme un trait peu commun et dignfe de toute la sympathie des amis de rhumanité, le procédé d'un autre manu- Ëu:turier(-^), placé à la télé de r^dininistration mu-
(i) H. CnDia-Grid^ioe.
(ii^ BI. Gnmier.
PAR L'ESrTaCPAEirBIJll aVR L OUVRIER. «99
nicipale de Montpellier, qui non content definv diguer à ses ouvriers tous lés secours dont nops avo^a)arlé plus haut va les visiter pendant leur ma^ UtàA^ si les excite par la crainte de ne pas le recevoir convenablement ou de passer pour des {(eres^é.^ mille sans ordre et saqs économie, à garnir leur k>gement de meublés auffîsans et tenus avec propreté* La préoccupation qui résulte dans Tesprit des oa<* vriers et de leur famille, de la possibilitéde ces visi* tes solennelles, quoique modestes de la part de celui qui les faits, produit sur eux les meilleurs effets , car elle les oblige à contracter des habitudes morales et régulières , et à y persévérer,
A Paris, quelque bienveillans que puissent être les rapports existant entre les ouvriers et les fabri«cans , ou les manufacturiers , il y a des difficultés provenant, soit des distances, soit de la chiérté de toutes choses qui ne permettraient pas au chef d'iur dustrie le mieux intentionné , de suivre avec la même libéralité les exemples que nous venons de retracer. Il est cependant des établissemens qui ne comptent pas moins de six à sept cents ouvriers , conduits avec un tel esprit de justice et de bienveillance, que celui qui les dirige pourrait attendre d'une grande partie d'entre eux, les marques les moins équivoques de considération et de dévoûment. Nous citerons , çntre
300 DIT PATROVAGI fiXSRCâ
âiAtoy rétablissement ifua teinturier (i)|>ëeli: indiistriel sévère , mais bienfiusant , <|rt pénétré pour ses otrmers des mêmes sentimens que les m^mifiio tnrimdrât nous avons parlé plus haut. Il 1 Ji|^Kn»^ Jai^Éfcj^^ durait £état de maladie, em-
pMitMeaii^^P^ dans 11n^|i||Nr de ses ateliers, poitf l^ rétftt jj fcfc leur parej^M* ^Ni^^ns illégitimes «rec dés oQffl fcr cs . qui leur seraient ^ti^angères. Il protège 9 surtout ^.b^ travailleurs qui ont vidlii dans son usine ^ en telle sorte qu'à l'âge de soixante à soixante^iix ans , ils 'touchent le même salaire que dans rage de Tactivité et de la vigueur. Lorsqu'ils ne peuvent plus se livrer au travail , il les soutient jusqu'à ce qu'il puisse les fiidre entrer daâs uil hospfnè/H va sans dire, Qu'aux époques de chômage, cet hoitalbe généreux fait tous ses efforts pour les occupéf^ non pas d'une manière continue , mais à tour de rôle , de façon qu'ils n'aient que peu de temps à rester dans l'oisiveté. Au surplus , tous ces avantages sont le prix du dévoûment et de la bonne conduite , et c'est en quoi ils attestent l'intelligence et la sagesse de celui dont ils émanent
Dans la petite industrie ^ j'ai eu des rapports avec des entrepreneurs qui , par la saine direction imprimée à leurs ouvriers^ et par les sacrifices pécu-
(i)M. Boutnrel.
PAR L'EmCRÊPRENEDR SUR l'oUVRIER. 3o|.
niaire^jOg/ils savent 3'i/nposer en leuu faveur en-^ de nfalaoTe, ou dans le^ temps de chômage , doivent être distîiîgviés de la foule. Il en est un surtout (i), dont les efforts pour ramélioration^4,inorale et matérielle des travailleurs qu'il <^|lp|^)tfçft^t pas, je crois, été spuppassiés» dans des cj^mitipiî^^iaie fortune et de posidcm'ïi^logues. Cet ei^lr^preneur
e^t peintre en bâtimetis. Je le cite f^une manière particulière , parce que les ouvriers de sa profession ^ sont j en général , sujets à des habitudes d'intempérance et de désordre qui les classent parmi les ouvriers les plus vicieux, et que , malgré la contagion de l'exemple, il a su ^discipliner les siens avec une rare habileté. Fils de ses œuvres , artisan de sa propre fortune, il a commencé par traîner la brouetti^ et il s'est élevé graduellement par la sages^àj^fn^'^; esprit, par son intelligence et ses vertus, au^pQfemr rang de sa profession. U occupe de soixante à quatw»i vingts ouvriers, qui , au dire des architectes, en rapport habituel d'affaires avec hii , sont supérieurs de tout point au reste de leurs compagnons. Le régime de sa maison est sévère , mais cette sévérité gît plutôt dans les prescriptions des réglemens et la force de la hiérarchie que dans le caractère r4l^ Tentrepreneur. La façon d'agir de celui-ci ave<ràçs/ou- W
(1) M. Ledaire^ rue Ga&sette. ^V^
3oâ fiV PhnOVUQB fSMWCà PAR« ETC.
viiers est fondée sur una justice exacte et^ienveil» lanfte. Il e%t; sobre de maures de rigueur; mais quand il y a Keu de sévir^il.est prompt et inflexible dans s^ résolutions. Il pesM|b^f^me tous les industriels iiis£rq|i;^.^i:bieu avi^âmpie.ies contre-maîtres on sous»dbM^ dHndustEid dojjattàtéelre investis d'une gtm^ auteiité; mais illes lanS^ffle j les reprend au besoîipkbpqiPa . la présence des ouvriers; en un mot, il tos^ radoctrîfiânde manière à leur inculquer ses propres maiisAill^^.àles rendre inaccessibles aux séductions éij$.:(fiimffi^^^k d'autres tentations non moins &àiqio»^-f écueil ordinaire des conducteurs d'ouvriers; il visite ses atelieft^timule et encourage les travailleurs, qui sont toujours à sa disposition, ne chômant ni le lundi, ni tnéme le dimanche , <|iutnd il le faut. Sa prévoyance ne sépare jamais ses intérêts de ceux de ses ouvriers; je parle des ouvriers qui composent la partie fixe et permanente de sa maison^ et c'est le plus grand nombre. Ainsi , il combine ses opérations , de façon à ménager constamment de l'ouvrage a ces derniers , pendant la saison rigoureuse, quoique ces sortes de travaux ne lui procurent aucun profit. Le salaire étant alors moins élevé, il y supplée par des avances dont il se rembourse sur les premiers salaires , lors du retour des grands travaux. Que dirai-je de la
clisciplind tnomle? Iftite «dt telle que , d'anciens oû^ vrierB «Juî s'étaient séparée 4 de lui, pouç se solis^ traire aul lieiiè de eette discipline ^ viennetrt en réclamer le joug'6alutaireiïr9|||.instanoe^ dès que lettf santé est altérée par le6 «l(eès de l'intempérance. Ces retours^ presqufè totijours bien accueillis, «ont plus éloquens que lA^^oges ^tie je pôumiardoniier à la prudente fermeté de l'homme de bii&n,^ aim introduire avec tant de botoheilr la- sobriété^ le goàt dû travail et l'économie , parmi ÎOI^ Oja^riers plac^ sous sa direction. - - - . '^ '
L'industrie qui ne reyêt point làiUHléte régîmeAtaire^ mais qui proc.èdé3solément et sous forme d'in«térêts distincts et tranchés, vit en elle-même et se concentre dans une espèce d'égoïsme. Le spéculateur qui possède le nerf de l'industrie, c'est-*àt^Htfy les capitaux^ dirige et féconde la production tXKih quenient pour alimenter et exercer son commejhfe^v^ î lequel consiste dans* la Tente et l'écoulement dfe prqdtïits. Tant que cet écoulement dure et que lé spéculateur obtient exactement des retours en espèces ou en marchandises, la production ne se ralentit pas, mais dès qu'il y a encombrement sur les mar^ chés et que les produits ne peuvent plus se placA* avantageusement, ce même spéculateur arifâtm^é^ W commandes, heureux lorsqu'il les arrête iif^MbtpBf
3o4 nrcomnâifiEHS ds l'ucdustrie sans patkoitage.
car Tamour du gain est une passion qui enivre, qui aveugle comme toutes les passions, et il est rare que Fâpreté de ce sentiment n'imprime pas aux spéculations du conunerce im essop,^émesuré.
Il suit de là que le ralfe|iti$|Sement ou la cessation
de la production pèse principalement sur les che& d'uteliers et leurs ouvriers, jptte.)^ raison que les firemiers.^j\'ont d'autres capîtl^ que |eurs métiers, quand toutefois ils leur appartiennent en prpprç^ et les seconds , vivant au jour le jour, se ts^v^eat * bientôt au dépourvu^ faute d'ouvrage. Ces deuK situations y quoique différentes dans la hiérarchie industrielle et par conséquent daps.la répartition des salaires, finissent toutes deux par la misère, dès que le chpmage se prolonge. En effet; si le chef d'atelier est plus aisé que l'ouvrier, il supporte des charges étrangères à celui-ci et qui aggravent d'autant l'embarras de sa position. Le chef d'atelier , supposé même qu'il eût pu faire quelques économies, n'en serait pas moins hors d'état de venir au secours de ses ouvriers, puisque ces économies formeraient sa sieule ressource. Les faibles existences, dans le genre d'in^ dustrie qui nous occupe, sont donc livrées à toutes les difficultés de la mauvaise fortune, sitôt que les
■^^ conjonctures deviennent critiques; ce qui n'a pas lieu aussi brusquement ni d'une manière aussi générale
INCONVKNIENS BE L'mJDUSTRïJE SANS P^TROKAGE. 365
dans Tordre industriel, où toutes les existences se tiennent depuis la plus élevée jusqu'à Ifi plus petite.
Je ne disconviens pas que ce$ deux formes d'industrie sont loin d'tittrir les mêmes avantages sous le rapport de la stabilité; qu'ainsi l'industrie lyonnaise fabrique en grande partie des produil^ de luxe, sujets par>«]gj|iar'nnéme à tous les tlhongiÇK^ns de^la^modé^ tan^^^l^e l'industrie de i^àm et <3P£1-
llK^S^Fce sur un genre de produits qui n'est nature à changer, si çç n'e^t quant aux pb.jets de fantaisie, formant la p^tiela moins consi- ' dérable de la fabrication. En tenant compte dç ces disparités^ on pourrait donc admettre que les chefs de l'industrie la plus stable devraient dans les; temps de crise s'imposer des sacrifices plus ëtépdus que les chefe de l'industrie la plus mobile, et un tel état de choses, bien qu'il ne créât qu'un palliati|hpoqyr adoucir les souffrances des classes ouvrièreà^ ^'^^ jM^fypar cette dernière industrie, n'en serait pas .ïîîjp!^ une sensible amélioration, puisqu'il fournirait à ces classes le temps et les moyens de procurer un autre travail à leurs bras.
La discipline et la règle exigent une certaine contrainte mbrale de la part de, celui qui s'y soumet; il faut pour le disposer à recevoir et à porter les Uei|4p
de cette discipline, l'attirer par l'appât de qiid^|oes I. ao
306 ïtttAff^fiÉmxÈ m ïhvtùwnm sAfTs VaMoka^.
lEVatltft^ lûâpâbles dé lui «n fiiii*e éentir le ptix^ jÛMfd^à cé qtiè refxpérienoé rai€*mis à même de retSMhâHHS que la n^le dânft l'eteroiee de l'induBtrie fSmâme «A toutes chômes, a Uif#i4Êtilité eftsetitielie , et ^i'j^fite à celui qui la pMîqttè ^ non rnoind qu'à fteltfl <{tf i riiftpodé. C'est dans ce but que nous HWOi cm devoir placer ici les dlteeftàtiôDs qui pré- «èiiêilt, èw le patronage de l'homme indùstrieujt à réginl des ouvriers dont il emploie le travail. Ce pktronage est, à notre sens , le lien le plus fort de la diiieipliné, en ce qu'il a pouf effet d'en relever, d^en ttoniliser l'influence, et d'attacher l'idée du devoir à dëi) t>iratiques> où , sans son concours, on n'aurait pu voir que les pfescriptions de la force. On a objecté à cela ^ que les enttlepreneurs n'étaient pas tous éga«lèih^t en état de s'imposer les sacrifices que comporte l'emploi du patronage ^ que tous ne travaillaient pas avec leurs propres fonds, et qu'il n'y avait que cette dernière classe d'entrepreneurs qui pût , sans trop de gêne, accepter les conditions d'un ordre de choses ainsi organisé. Cette objection n'est pas concluante; en effet, il n'est pas d'entrepreneurs, quelle que soit l'importance de ses capitaux, qui, même dans le cours habituel de ses affaires , ne recoure au crédit et aux ressources des prêteurs j nonseulement il paie à autrui l'intérêt des fonds qu'il
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iJuntnmûÈ i>es coîtthb-maîtres sïïr tï» oûtiimts; 36*j
emprunte^ mais' il se paie à lui-même 'tîntérêt èè ses propres capitaux , de sorte qn'en réalité, à' «est soumis aux . mêmes lois d-économié politique, que
celui qui spéculeJfwée des fonds .qui rte luiapp^r-
tiennent pas ; car^^céliiirci , an lieu de payer dèk hitérêts à des tiers età lui-ménie, cottâkélè'|)M^ ne compte qu- avec ses prêteurs'. ' " ' '
Après la vigilance et les bienfaits du chef dlùdui^ trie y les ressorts les plus surs' et les pltis utileà'dé la discipline sont les contre-mdtres et en générât léà ouvriers ayant le titre de sousnchef. Placés par là nature de leurs fonctions entre celai qui dirige llttdustrie et Touvrier, ils servent d*organes àTdù comme à l'autre ; ils transmettent les ordres dûprëmier, aussi bien que les demandes , lés représentations , et les griefs du second. On ne sautait les comparer qu'aux sousH>fficiei^ de' s'interposent également par suite des dëfSiâ^ de leur grade entre les officiers et ïa troupe.
Le rôle d'un contre^maître bien compris n'engfe pas seulement de la part de celui-ci des qualitéik îrédustrieiles peu Commune^, mais aussi des qualités intellectuelles et morales- capables d'exercer Ai l'ascendant sur l'esprit^des travailleurs confiés' à sa surveillance*. Le contre-maître est tout ensemUlMh ouvrier et un administrateur; cette deimièrc'^iirf-
QO.
SflA iHniiiiCB jMoomn^XAiTBB sue m omnuus.
Eté jdoife néaniBoiDS .dominer en fcii parceque son prvBcipal mandat est de sappléerle ehef d*entreprise auprès des ouvriers. .Cest à titre d'administrateur , ^a'jcm peut attendre de lui un conoour8.effîcace pouic FiftUrodttction ou rafSDnnisseipettt de; la discipline ^dansjNjtt escouade, et par discipline j^'entends ce qui touche à Texactitude dans le travail, à Fobéissance , oooune ce qui intéresse lés bomitii mœurs. L'intel- Jlfenoe , le tact et la mesure Taid^ront sans doute beaucoup k captiver les eq>rits, mais cet assemblage de. qualités, quoique précieux, serait insufBsantpour atteindre la partie morale dû but s*il n'y joignait l,*eiemple d'une vie r^;ulière ; je dirai pliis , en ma* tiare de mœurs, il hnt que le chef d'industrie soit InMdème k Tabri de tonte critique , sinon les leçons qui émaneront de lui ou de ses délégués seront dépourvues d'autorité et tout-à-fait infructueuses.
Plusieurs -bons esprits qui s'occupent avec sollicitude de l'organisation de l'industrie ont invité les économistes à rechercher et à déterminer qu'elle pourrait être la part d'influence des ouvriers intelligens , honnêtes et laborieux dans l'amélioration iQgiale de la masse des ti*availleurs.
Un simple ouvrier, quelque honorable qu'il fût .par.son habileté et sa bonne conduite, ne saurait prétendre à une influence marquée sur ses compagnons.
It^OME DES BfEJSTFAITS DU PATROKAOE. 3bÂ^
parce que, n'étant que leur éjgs^, il n'aui*ait aQcctt droit de leur fairedes représentations, et encore dK^iifs des reproches. Son exemple serait utile comme taèitt» pie -moral. Là -se bornerait toute la portée qù'cm pourrait en attendre; les soi2s*che£s seuls dans 1^ mêmes conditions données seraient à mémifii |ie contribuer- puissamment à la réforme des moelirs des ouvriers placés sons leurs ordres , ei la raison en est qu'investis chacun > dans leur sphère , de rauNxyrite de leurs chefs, -ils auraient qualité ^ non-seule^ méQt pour donner des conseils , mais pour faire dies représentations d'autant plus persuasives qu'elles seraient plus en hannonie avec leur propre conduite.
En dernière analyse, tous ceux qui ont vécu au milieu des ouvriers, ou qui ont fait ujie étude attentive de leurs mœurs, n'hés\tent pas à pens«ar ètA. dire que la réforme de celles-ici tient en grande j»$Hie à la façon d'agir des entrepreneurs; Les informations, que j'ai recueillies à cet égard , sont* parfoitément concordantes entre- elles , et leur exactitude m'inspire d'autant plus de confiance qu'elles viennent d'être confirmées par »une pùbKcation récente de M. Villerraé, membre de l'Institut, pubKca tion remarquable parle dévoûment jconscieacieux du philosophe, autant que par les vues jndi o i fti Mj ttS
4vMf^^i9^^ ^^^ pi^iniwe le-oc^ciiiylft luiae et jlfB^li'^uteurtdiMgiiépw desscipiices
JrowtfyJgt^po^tîq^M»»A laqodla il a|>piutien^ pour f(affÇ€u^ll^4eA repgeignemep s propras à h&^ter l'a*** jfi/i\fffàtion. de la eonditipa des dasse»; ouvrières, a .^^IflFfuné lui^qs^bne là but partioulier 4e «e^-r^erw iiUSIt^^ Voiin^ge qu'il publie est> le rapport dun» j|9gi||),41 ^iwdtt compte à Tacadénm des' résoltata ^*|%^ifin0ii.
. , ,ffi||priqff fid^ey. i]i jj^oonte comoie je r« j&it moimême des traits édatans de sollidtude, de pré^
TJPX*P^ ^^ ^ '^^ »^^ P^^?^ ^^^^ '^ £U>rique eit &TOur de leurs nombreux ouvriers; ces jtraits ne
MRt m accidentels ni passagers, ils tiennent à un j^yst^e complet et arrêté d'administration, système qui tçod par une sage et bienfaisante combinaison , ^.^{^lîfr. l'ouvrier à celui qui l'emploie, à les incorpora tous deux dans le même cadre et à les unir l'un à l'autre par une solidarité commune. Ce système, que nous avons traduit par le mot de patronage, a
(i) Èt^cfrt h VAenàioAt éegstienees môrfdgs étfoUêtpes, surf état pk^
QU pour çffej d'imrodBirfi 9t d'8çqré<Ut9r ptuHopt çn
il 9 pris mciAç , k gQÛt du tyavîttl , l'prdpç, VévH>»i mjie et les bonnes mflpqr^.
P^ opposition à ces honor»Wea et, yevtm\»im^&m pies, M. Villermé cite la ÇQp4wt« dQ <}?rt^Ù){ii iSifAfÊ^. preneurs qui non-seulement se montrent indifférens au bien-être et aux mœurs des ouvriers quHls emploient , mais qui ne craignent pas d'afBcher cette indifférencei alléguant^ pour qu'on ne s'y méprenne pas , les exigences de leur propre intérêt , lequel aurait nécessairement à 3ouffrir de graves atteintes, s'ils venaient à rencontrer un jour, dans leurs ouvriers , des rivaux prêts à leur faire concurrence. Or , pour éloigner d'eux la possibilité de cette lutte, ils abandonnent ces ouvriers à eux-mêmes, trouvant
dans leurs désordres une chance .favorable à leur industrie et dans leur misère le gage d'une parfaite tranquillité d'esprit. Le véridique historien s'est imposé la loi de ne pas nommer les entrepreneurs , qui lui tenaient cet étrange langage , et sa discrétion à cet égard ne saurait être blâmée. Mais il faut avouer qu'il serait rare de porter plus loin que ces industriels, l'amour du lucre et la candeur de l'égoïsme ; la société a droit de s'inquiéter de la propagation de semblables doctrines, et si elle doit de l'estime et des encouragemens au fabricant honnête
3ia wt&jnBk bbs amPAirs dv vâxnoaAGt.
et^fteéraiUL^le ne doit que do mépris à celui qui tdèMlé 4^ièordre de ses ouvrieri, par calccdy sava M^ieet ni pour loirméme qu'il déshonore, ni pour 8eB-«onfrères»qu1l outragei ni pour. les drdits.de nvananité qu'il*niéconnidt
DV SALMHE. 3l3