CHAPITRE m
Considératioiis générales mr le salaire des classe^ onrrières. -^ De son insuffisance. — Est-elle imputable aux chefs d'industrie ou au cours du prix de la main-d'œuvre? — Go'kUtions illicites formées en Anj^eterre pour faire biuis* ser les salaires , réduire le temps du travail et le juombre des apprentis. — Détails à ce sujet. <— Essais de coalition abusifs en France. — De ja contraùue morale ou de la prudence considérée dans ses rapports avec Fusage des forces reproductives de la population et avec la concurrence industrielle. — De la conmumdite du travail. — Moyen d'arriver à -une fixation équitable du salaire. — nécessité de recourir au patronage pour suppléer aux non- valeurs résultant du manque de travail. —Salaire des euvnères.—- Suaire des chiffonniers. — Des devoirs de Tottvriw envers rentreprenevr. — Bien-être de l'ouvrier subordonné à l'accompUtoement de ces devoirs. — Examen de la conduite des ouvriers sous ce rapport, ^x)
Il convient de distinguer dans les travaux .qui sont du domaine de l'industrie manufacturière, les tra-^ vaux simples et grossiers de ceux, qui demandent une certaine dose d'intelligence de la part des ou*> vriers. Parmi ces travaux, il existé nne gradation qui règle le rang des ouvriers en même temps que
le taux de leurs salaires. Il est même un degré de
(i) Ce cb^^itre a re^çu des additioi)^ «ombreuses^ in^porUfitfis , noU|mment les observatioDs rdatives à la contrainte moraUou à la prudcnce^lefr quelles n'existaient pas dans le mémoire soumis au jugement de l'Àcadémié.
Si6 coAJLmmm . oVumuEBs.
ckutrie par les ezigencet da ti8i?ail. Il n'est pas juste de me raidre respOritable d'une insuffisance qui n'est pas de tfion Mu Le salaire étant en' tout lieu le représentant et la oontre-Taleor de. la main-d'oftutrèy il est fmpo68y)le de prendrÀpour base de sa quotité, un autre élément que celui de I4 journée de travail, ou dé TanAée ouyrable qui forme le iotal de ces journées. Exiger de Tentrepreneur qu'il paie une année de douae mois , quand il ne reçoit que sept mois de main-d'œuvre, c'est mettre en oubli 1^ lofs les plus simplestie l'économie industrielle, c'est bouleverser les notions reçues chéa tous les peuples, sur l'apprédation du travail*
Cle langa^ est très raisonnable, mai^ le grief au* qud il réffond n'est pas précisément t:elui que les ouvriers articulent contre les maîtres. Us s'élèvent contre la cupidité de ceux-ci, qui, dans les conjonc* tures les plus favorables à4eur industrie et lorsque lé gain s'accumule dé plus en plus entre leurs mains, ne daigneraient pas accorder à leurs ouvriers une légère augmentation de salaire.
Xi'espoir d'obtenir le redressement de ce grief a déterminé les ouvriers à se coaliser. Leurs premières tentatives d'union ont éclaté en Angleterre. Les associations formées par les ouvriers dans ce pays ont pris, avec le temps, un très grand développement.
GOAUTIOirS d'ouvriers bit A.ir6LBT^BR£. 3l7
Elles étaient administrées par des comités investis d'une sorte d'omnipotence, et^bacun des membres de Tassociation était soumis au paiement d'une cotisation^ et à prêter lors de sa réception un serment quilui faisait une loi d'exécuter aveuglément toutes les résolutions adoptées par le comité directeur.
Dès i8a4) les sociétés connues sous la dénomination d'unions agissaient avec une précision,-un ensemble et une ténacité, qui devenaient menaçantes pour les maîtres. Au lieu de renfermer leurs prétentions dans des bornes raisonnables, elliss conçurent la folle pensée de dominer la volonté des chefs d'industrie et de changer de fond en comble l'organisation du travail. Il ne fut plus question, comme dans l'origine , de participer sous forme de prime ou autrement aux bénéfices des maîtres quand les circonstances auraient pu les autoriser à réclamer cette par^ ticipation ; dépositaires de sommes considérables, représentées par des comités prêts à tout entreprendre et à tout o3er, elles annoncèrent la prétention de dicter le prix dû salaire, de^déterminer la' durée du travail, de restreindre le nombre .des apprentis et de soumettre ceux-ci à verser dans les caisses de l'association rnie somme convenue pendant tout le temps de leur apprentissage,, somme indépendante, au surplus, du droit d'entrée qu'ils devaient acquit-
3l8 COAtltlOHS D'oOVaifUS ÉH A.SOLETEBRE.
ter pour être admissibles dans le sein des corps de métier. «
T^es ouTners médiocres et paresseux , formant la majorité de ces coalitions , comme il arrive partout dans les associations de ce genre, on dressa un tableau d'inscription de tous les unionistes, et il fut arrêté, qu'au fur et à mesure des besoins des maîtres, ceux-ci recevraient de l'association le nombre d'ouvriers qui leur serait nécessaire, sans que l'on pût s'écarter pour la désignation des sujets de l'ordre d'inscription porté au tableau. Les garçons tailleurs travaillant à la journée se montrèrent les partisans les plus chauds de cette mesure qui était absurde autant qu'inique, puisqu'elle tendait à placer sur la même ligne l'ouvrier habile et l'ignorant, l'iioranic actif et le paresseux. Bans chaque corps d'état tout fot réglementé par les comités des sociétés d'unioD; On cite plusmirs de ces comités dont hB décrets atteignaient tODt A>la-fms leb maîtres et lescontre^msîtresqurimr lasév^tédeleursurveil- Iknce ATàtent eà le nudheo» d'encourir la disgrâce de leurs ouvriers.
Qa^ étaient les moyens d'action des coinités directeurs sur les maîtres pour les amener ou pour les cnntraiiidre à céder à leurs' demandes on à leurs admcHiitions ? Ces moyens se réduisaient à un seul qui
cobsi^tâtt k dotinêl* Tordis hûi ouvriers dfiSliéâ à rassôciatiôn d'abandôûttér Ift fi^atttlfacture on les âteliért du Wâîffè ï*écâlcltraîit- Là retraite s'obérait êti masée et' là tepri^tk des trataiost n*avàit Itéa qtkb lorsque ce dernier àVsiitdéiéré à la deitiande da comité. Pendant la durée de là suspension , le comité pounMoyâit* ûuit besoins de FouVrier sur les fonds deTunion/
Non<-séulement Fentre^renear dont Tétabliâso^ ment avait été frappé d'interdit, était )privétout-à- Coup de la presque totalité de ^^ ouvriers , maîâ fl ne pouvait compter sur cem: qui lui restaient jpar'ce qu'ils étsiient ^ntralné^ par les sollicitations ouldtîmidés parles menaces des ouvriers coalisés, et les mêmes Causes l-empêchaient d^engager d'autres ouvriers pour remplacer les absensoùles timid)6s. Les menacesdiri|ées contre les ouvriers qui résistaient au)c injonctions des comités ^{âiént suivies de violences graves et quelquefois cruelles eiercées contre eux par des membres deràssodâtion ou par dès individus qu'elle prenait à ses gages. Les comités recouraient même âu meurtre pour assurer Texécution de leurs volontés.
Quand on examine avec sang froid et avec impartialité le but du système d'union , on ne peut s'empêcher dé gémir sur l'emportement des passioif^ et