COALtTIOSS d'oUVRIEHS en ANGLETERRE
sur ia tyrannie des sociétés secrètes travaillées par les mauvais conseils du besoin , de l'intérêt , et de l'esprit révolutionnaire. Des ouvriers s'enrôlent dans des conGidérations pour rèsiêter, disent-ils, à l'oppression et au despotisme des maîtres, et le premier acte de cette résistance est une mesure oppressive qui frappe les apprentis. Ils en limitent le nombre, de leur autorité privée, et après, avoir organisé de la sorte un véritable monopole à leur profit, ils astreignent les parens des apprentis qui consentent à subir rinjustice de leur contrôle, à des sacrifices pour lesquels ces mêmes parens sont obligés de s'imposer les plus pénibles privations. Ils interdisent au maître le droit de choisir ses ouvriers selon ses convenances. Il est tenu de prendre sans examen le premier inscrit sur la liste des ouvriers saiistravailfdesorteque.ee n'est pas l'habileté de l'ouvrier qui doit régler son choix, mais Ift priorité de rinscriptioD. Enfin ils obtiennent des maîtres des conditions meilleures, quant au salaire et à la durée du travail , et lorsqu'une crise survient , lorsque le pris des matières premières augmente et que des circonstances impérieuses commandent une réduction- de salaire, ils menacent de quitter les ateliers sitôt que le maître annoqce le dessein d'effectuer celte réduction. AjUisi, un des reproches les
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plus amers et les plus plausibles adressés cfn général aux maîtres est de ne pas -améliorer le sort ^ leurs ouvriers, dans les momené de fortes commandes et de grande activité industrielle, et des (ouvriers coalisés contre cet abus ne craignent pas de mériter eux-mêmes un reproche semblable en refusant de se résigner à la force des circonstances , aux: nécessités de Findustrie , qui veulent que le tarif du salaire s'abaisse en raison des phénDmènes opposés au mouvement de la production, à la circulation des capitaux et au bon marché des matièriss eni-ployées. La logique de l'intérêt et des passions est la même chez tous les hommes*
Nous n'avons pas eu de peine à faire voir ce qu'il y a d'odieux et d'absurde dans les procédés du système d'union ; montrons à présent combien peu il a répondu à l'attente dé ses partisans. Dans quelques professions industrielles, ce système a fait hausser le taux des salaires; mais cette hausse n'a pas été durable, parce qu'elle était le fruit de la violence parce qu'elle ' était artificielle et Êiusse dans 'son principe. Du moment que les^ fabricant ont été protégés par l'autorité , que les ouvriers étrangers aux coalitions ont trouvé^ de leur côté, un appui dans la force publique pour se défeildre des insultes et des violences dirigées contre eux par les ouvriers
3a2 CQjLUTtONS d'ouvriers EX AKûUTEBRE.
socifitsires , la cause de l'union a été perdue. 11 faut voir dans les revues anglaises, qui ont rendu compte de ces tristes débats, comment l'industrie troublée et bouleversée par des prétentions insensées et des actes coupables, s' est rassise pcn-à-peu et a repris son état naturel : voici de quelle manière les choses se passent, tendant la durée de la suspension des tra- Tauxr ^^ cette durée n'a pas été moindre de cîtiq mois, en 1 83^, dans certains districts mauutacturicrs, les coiuilés directeurs conlienneut aisément tous les membres de l'union, tant que les ressources provenant des cotisations et dont ils dirigent l'emploi leur permettentde sul)venir au:£ besoins les plus nécessaires de la masse; ils s'efforcent alors d'entretenir dans l'esprit des confédérés des illusions flâneuses et ces illusions tendent toujours à faire la loi aux maîtres. Mais Àjnes^re.qvie Le temps s'écoule, les fonds d& L'union s'épuiseot, oa e&t t^igé de réduire les ser Çpurs, et cette réductiofi devient progressivement tetijè, qo^ i'ouvri;ÇrBupplanté parde not^veaux travailtettT^ JW annulé par L'usage de noOYellas machines, «;'9 fitliAs que .^Ei^f&ancç et la misère en partage. Il vient en suppliant* deniander du travail au maître, il accepte sansmurawre les conditions qu'ilavait jadis refusées , en un mot, il se ren4 à discrétion à celui 'qu'il s'était flatté de dominer. Mais Tçutrepreneur.
entouré d'ouvriers soumis, choisit avec circonâpeov tion parmi les ouvriers réf ractaires , éloignaot lea plus mutins et n'admettant dans ses ateliers jfvi^ ceux sur lesquels il peut compter. Les ouvriers écoia^. duits se contentent des plus minces salaires po^f apaiser leur faim; on en a vu travailler sur qo^ grande route aux gages <}e deui^ shillings par }oiir après avoir gagné dans leur ancienne profession, jus* qu'à trente shillings par semaine. Cette situatîoi| n'est pas encoiie la plus misérable: combien dV)a<t vriers dénués de toutes choses, et privés de travaii^ se livrent à la mendicité, à la fraude et au vol. .
Les détails qui précèdent nous offrent «le tableau de la justice et du bon droit triomphant de la feree brutale. Malheureusement ce résultat n'a pas été partout le même: là où le fabricant isolé par soîjt^ de la position de son usine n'a pu^ se faire protégé d'une manière continue par les agens de l'autorifé et par la force armée,, il a été contraint , pour satûk faire à ses engagemens, de subir de la part des nmc> nistes , une hausse de salaire exorbitante , et eelle hausse l'a conduit à une banqueroute désastrooM pour lui comme pour lea ouvriers qui ont abusé cb sa situation.
Ainsi , soit que le. .maître parvienne à surmonter les obstacles suscités à son industrie par de$ f^lt^
3a/i coAtmoKS d'odvbiers eh ajtgleterbe.
vriers mutinés, soit qu'il ne puisse Taincre ces obs> tacleaet qu'il succombe en subissant les conditions onéreuses qui lui ont été imposées, toujours est-il que l'ouvrier demeure, en dernier résultat, victime de ses propres macbinations ; car, dans le premier cas, il est obligé d'implorer le pardon d'un maître justement irrité, pardon qui lui est souvent refusé, et dans le second, il est atteint par le désastre , qu'il a lui-même occa^ioné et qu'd aurait pu prévenir en faisant à Tentrepreueur les concessions que la juâticelui conseillait non moins que son intérêt.
J'ai cru devoir m'appesantir un peu sur les coali* tions anglaises, parce qu'elles datent d'une époque déjà ancienne (1824); que dès celte époque elles ont été soumises à une organisation régulière et i^e, malgré des efforts san& cesse renaissaas, malgré des dépenses qui se sont élevées jusqu'à a5o,ooo fomcs dans certains districts, elles n'ont jamais obtenu que des avautages passagers et qui ont disparu, soit devant la libre concurrence des ouvriers non tisociés, soit à la suite d'une banqueroute du chef d'industrie qu'elles n'ont jamais pu conjurer, parce que leurs prétentions étaient déraisonnables et arbitraires.
En faisant l'historique de ces coalitions qui n'ont cessé d'employer la 'force brutale depuis quinze ans,
COALmOKS P'OtJVRIERS EN FAAITGE. 3a5
sans droit comme sansprofit, contre tous ks ouvriers qui n'étaient pas leurs adhérens^ mon but a été d'éclairer les ouvriers français et de les prémunir contre des suggestionsqui tendraient aies exciter à former aussi des sociétés d'union. Quelques essais de ce genre 6at eu lieu^ soit à Paris, soit ailleurs, mais ils ont été réprimés presque dès leur naissance. Les entrepre* neurs qui ont provoqué cette répression ont peutêtre été mus dans leurs poursuites, bien plus par l'augmentation de salaire qu'on voulait exiger d'eux que par la prétention illégitime de limiter le nombre des apprentis, et par les exactions auxquelles ceux-ci ont été assujettis dans l'intérêt des associations. Pour moi^ tout en reconnaissant que les moyens employés contre les makres sont condamnables, je p%nse que l'intérêt de ceux-ci mérite encore moins de faveur que celui des apprentis,- dont l'avenir est entravé et menacé par des mesures .oppressive^ d'autant plus intolérables qu'elles émanent étovkr vriers qui furent eux-mêmes apprentie, et que leurs parens auraient justement résisté, sans nul dotit^, à des extorsions de la nature de- celles qu'ils ne craignent pas de se permettre eux-mêmes contre des enfans sur lesquels ils n'ont aucune espèce de droit. Parmi les écrivains qui ont médité sur les moyens d'arriver à l'amélioration du sort des ouvriers, il en
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est quelqMCS-uns qui ont indiqué dfis vues dont l'objet serait de restreindre la coiiciirrence des travail- Icars en amenant ceux-ci à user avec prudence des forces rqiroduclives de la population. Cette idée que des économistes dislinE^ués ont mise en avant produirait, selon nous, plus d'inconvéniens que d'avantages, si elle venait à pénétrer dans lesmœtirs des classesouvrière3,et, en définitive, la science ne réussirait jamais t> atteindre le but qu'elle se serait proposé.
Maltbusqui a lait un livre pour prédire les maux que devait entraîner le principe illimité de la population et qui s'efforce de resserrer le cercle de ce principe et d'en amortir l'activité, afin de prévenir autant que pdssible le danger dont son esprit est obsédé; Malthus, dis-je, avait recommandé la contrainte morale, c'est-à-dire la continence aux ouvriers non mariés. Il les engageait à ne contracter mariage qu'autant qu'ils seraient en état de soutenir leur farodle. D'autres écrivains, après lui, ont été plus loin, ils ont conseillé aux gens mariés, appartenant aux dflMes laborieuses de mesurer le nombre de leurs enfans, sur la valeur de leurs revenus, et de rendre leur cohabilion inféconde plutôt que de surcharger l«ur famille d'enfans qu'ils ne pourraient élever.
L'austère écrivain que nous venons de nommer a oabtié^ enétablisnnt la doctrine de la contrainte
GOMME MOYEN DE DIMINUER LA CONCURRENCE. 3f 7
morale, que les masses auxquelles il s'adressait n'estaient pas à la hauteur de sa théorie,; que les mâl^B vertus de l'abstinence ne sont données qu'à quelquéis hommes séparés du monde, de ses passions, de Bts plaisirs, et que la contemplation des choses divines, ou l'ardeur de l'étude affranchissent, pour ainsi dire, de l'influence des sens. Aussi, cette théorie, toute respectable qu'elle soit, a eu peu de sectateurs, et les écrivains, préoccupés comme Malthus de la nécessité d'opposer une barrière à la surabondance de la population se sont contentés de recoqfUDandçr la prudence aux ouvriers unis à des femmes par les liens du mariage ou par des conjonctions illégititâes. Les mariages qii'on appelleprématurés, ou téméraires, seront toujours préférables à l'incertitude et au désordre de l'état de concubinage. Or, c'est bien peu connaître les habitudes des classes laborieuses, que de supposer qu'un ouvrier et une ouvrière célibataires, observeront le précepte de la cohtinence, tant qu'ils ne seront pas mariés. Dans toutes les villes qui sont le centre de quelque industrie^ H n*y â, eh général, de choix pour l'ouvrier, qu'eûtre le marhige et le concubinage ; et , tel ouvrier qui dans les liens d'une union légitime et les douceurs de la paternité, a trouvé un frein à ses passions et des motifs impérieux de pratiquer les vertus nécessaires au bonbedt*