‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes: et des moyens de les rendre (volume 2)Chapitre 34 sur 43 · VI · texte numérisé non relu

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domestique , n'eût été j daps la situation opposée , qo*un homme de mœurs déréglées , sans affection réelle et profonde pour sa compa|^ et pour ses enfynSf prêt à sacrifier la première à une passion ^ouvell^x et à sacrifier les seconds aussi aisément que leur mère. La paternité domestique 9'quelque gênée, quelque malheureuse qu'elle soit, vaut encore mieux que la paternité publique eacercée d^uis un hospice.

L'usage de la prudence considérée coinn» limite de la population, n'est pas rare danska&milles ai* sées. BMucoup de parens peu fortunés , inquiets de l'avenir de leurs enfeuis 9 et désirant autant que possible les élever dans la condition où ils sont nés, s'imposent le devoir ^en. borner le nombre, et cette prévoyance est naturdle.. On dte des contrées agri* coles de la France, où la population n'est pas aussi abondante que dans d'autres localités, quoique les deux pays soient plaôcs dans les mêmes conditions de bien-être, et cette différence tient précisément à l'adoption de l'usagç que l'on voudrait introduire dans les classes ouvrières.

l'entrevois plus d'un obstacle à l'accomplissement d'un semblable projet en ce qui concerne ces classes ; une des circonstances les plus nécessaires à sa réussite est la tempérance. Or, l'homme des champs, habitué à une vie sobre et frugale, n'a pas de peine à

COMME MOTEN DE DIMINUER hjL GOKGURKEKCE. SaQ

acquérir cette vertu et à la conserver. Il n'est pas sujet auis, excès dont l'habitant des villes appartenant aux conditions laborieuses trouve l'occasion dans la fréquentation des cabarets^ et qui troublent son esprit en même temps qu'ils altèrent sa santé. Il est donc peu surprenant que , dans certains départemens, les cultivateurs aient fait, de la prudence dans le mariage , un moyen d'épargne et de bienêtre, et que ce moyen soit devenu chez eux une habituda,ji£^s nuire à la paix domestique. Mais admettons pour un moment que , dans l'état actuel des mœurs des classes ouvrières, on parvienne à faire adopter la même coutume parmi celles-ci; l'ouvrier enclin à la boisson sera-t-il, pourra-t-il être exactement fidèle aux lois de cette coutume ? En supposant^ d'un iiutre côté, que le penchant dont nous venons de parler n'existât pas chez l'ouvrier, la vie de fabrique, où les femmes sont mêlées avec les hommes, ne donnerait-elle pas lieu à des soupçons et à des discordes continuelles entre le mari et \^ femme? Celle-ci , pour peu que son mari fut jaloux, ne serait-elle pas exposée. à des outrages et même k des actes de violence, dans le cas où elle viendrait à déclarer à ce dernier une grossesse inattendue?

Ces prévisions ne me paraissent ni déraisonnables ni exagérées; leur influence sur les mœurs publiques

Mtait très ilcllèfliie;fiielfer elles auraient pour réstxliatjiitiii-9ettl(Mlfk'dé't»Hi4éi#^l^^^^ de rouvi^iet- «0titl*ê lèk fiHibitiléigmimi iélfd^i«MidrëpàruDe suite IkiôeMifl^lekprogi^aééMlNiËittè^tBftis encore db éHbprtfméltrë'd^iië miaiSm^mëVém et Tavenir éiftèttfilii^^«iri»iâokle)<littriHi soëp^D dupère |»i<ésat&6 sértioit dépèiM ft rUdi^ièe. Si , dans les lâlsées oiilhr^)^ 1« séiiléfttd{|^ce«iiis^lle àcttiellenàettV d« tels iâikiidbdÉf r é^O^îkA

ittjë(fa «et de ¥i^citttaeé^ îTitiiiilt^ et (déTpa^tms. lyattlëàH^ I^ éëOïiàiUiftes'^ i^éi^tiisèiit le plti^ fildioption ifê«èt ttsU^e^ soift^b biëh éârs que l'ou- <trï«r dttiAgé dé ttdSoilPiÉyini^ serait plus économe tef jllàé pfé^tàfmti VmÈpèi^êiÉàêàiMéniit autoriser à penser le contraire. Aujourd'hui , l'ouvrier travaille d'autant moins qu'il a plus de ressources. Du moment que ses enfans sont en état de gagner un salaire , il chôme pins volontiers, et il dépense davantage sur le sien propre. L'ouvrier a peu de souci de l'avenir : homme de laheur, il croit que son dey voir comme père ne s'étend pas au-delà de l'obligalion de mettre ses enfans en état d'acquérir un métier. Sitôt qu'ils ont ceint le tablier de travailleur, il serait tenté de les laisser à eux-mêmes , et c'est ce qui arrive dans les pays de fabrique , où les enfans

COMME MOYBîT M ©IMUTUER LA. CONCURRENCE. 33 ï

ont 5 en général, la libre disposition de leur salaire. Les choses étant ainsi , et les mœurs des ouvriers demeurant les mêmes , n'est-il pas probable que dans les familles, où, par suite de la nouvelle théorie , le nombre des enfans serait le moins élevé, ou même il n'en existerait pas du tout, le chef de ces familles, entraîné par l'exemple de «es camarades et par l'attrait des jouissances , dépenserait d'autant plus qu'il aiûrait moins de charges à supporter.

Pour moi, sans nier que la prudence ne soit une habitude utile à encourager dans certaines classes, où le calme de l'esprit, ainsi que des habitudes simples et régulières, permettent de ne pas s'en écarter, je suis persuadé que, dans les classes ouvrières, elle serait un sujet de trouble et de discorde , qu'elle relâcherait les liens de la paternité, et qu'en somme^ loin d'améliorer le sort des ouvriers , elle ne ferait que l'empirer. '

Mais en supposant que cette habitude observée avec quelque soin diminuât d'une manière sensible le nombre des travailleurs et que la concurrence étant moins vive désormais sur le marché, le salaire devînt plus élevé, est-ce à dire, qu'il n'y aurait plus de surabondance parmi les travailleurs, et que, dans un temps donné, l'équilibre existant entre la quantité de travail demandée et la quantité de travail offerte.

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ne serait pas troublé par la survenance d'ouvriers sortis des conditions agricoles ou venus de Fétranger (i)? On s'expatrie de tous les points du globe pour

(i) Le lecteur resiarquera sans dolite que je me luii écarté de la formule ordinaire de V offre et de la demande employée par les économistes, c*e8t-àdire que j'ai interverti les termes de cette formule. Je lui dois compte des motifii qui m'ont déterminé à opérer ce diangement.

La locution employée jusqu'ici par la science pour exprimes les conventioiis qui s^accomplissent chaque jour sur les marchés , à Toccasion du travail nécessaire à l'exploitation des diverses branches de l'industrie manufacturière, ne m'a point paru rendre exactement à l'ordre naturel et logique des actes qui précèdent ces conventions. Les parties contractantes sont l'entrepreneur ou son délégué, et l'ouvrier. La matière de la convention est le travail ou une certaine quantité de travail; Qui est-ce qni doit demander œ travail, cette quantité de travail? Ce doit être naturellement celui qui en a besoin pour remplir sa tâche de producteur, de chef d'industrie. C'est l'entrepreneur de peinture , de maçonnerie, de charpente, pour l'exercice de sa profession. C'est donc lui qui doit s'aboucher avec l'ouvrier, [l'agent immédiat du travail dout il a besoin, pour l'engager au service.de 'son industrie. Il demande du travail sur le marché, et l'ouvrier lui en offre. Voilà l'ordre naturel des idées, l'ordre naturel des actes. La demande est en première ligne; l'offre ne vient qu'ensuite. U faut qu'elle soit provoquée, et elle Test effecti— vement par la demande ; or, la formule économique n'est pas d'accord avec la négociation que nous venons d'exposer , elle la représente dans un sens inverse, puisqu'elle pose l'offre comme premier terme, et la demande comme second terme de la convention. •

Ce que je viens de dire du travail est également vrai de la denrée, l'acheteur prend et doit prendre l'initiative du marché ; il, demande la quantité de deurée qui lui est nécessaire, et le détenteur de celle-ci ou le vendeur la lui offre. On voit que dans les deux hypothèses le phénomène économique est le même;

D'une part : demande de travail ou de denrée.

D'autre part ; offre de la quantité demandée de Tun ou de l'autre. '

GOMME MOYEN DE DIMIl^JER LA CONCURRENCE. 333

aller chercher des moyens d'existence dans PAmérique septentrionale; pourquoi le^Européebsne viendraient-ils pas en France chercher le travail qui leur manque plulôt que de quitter Tancien continent?

Je pourrais opposer des considérations d'un ordre plus élevé à la doctrine contraire à l'extension de la population parmi les classes ouvrières et en général parmi les conditions laborieuses.

Quoi qu'en aie dit Malthus et son école, la popula^ tion est une richesse. S'il est vrai, que chez les peuples civilisés, le travail et la paix donnent une forte impulsion au développement du principe de la population, et qu'à la longue , les générations se presr sent les unes contre les autreç^ impatientes de prendre part chaque }Our au banquet de la vie, il n'est pas moins ceiiiain qu'une loi providentielle agit sans cesse sur ]gL tçiasse de ces générations et qu'elle les éclaircit, soit par l'influence lente et successive de la mortalité naturelle, soit par des phénomènes terribles appelés fléaux , soit enfin en suscitant dans leur sein des révolutions sociales qui les bouleversent, ou des hommes extraordinaires qui , aprè3 les avoir soulevées par l'ascendant de leur caractère et l'énergie de leurs passions, les précipitent, sous forme de phalanges armées, sur des peuples voisins, ou les mènent à leur suite contre des nations lointaines

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pour chercher une mort éclatante dans les combats. Tous ces phénomènes , quelque afligeans qu'ils soient , tendent à réduire la population et à la rame*» ner dans ses limites nécessaires. Depuis qu'il existe des hommes ici bas, le monde n'a pas eu d'autres allures; A n'a pas vécu, il ne s'est pas renouvelé autre-» ment. Me sçrait-ce pas diminuer les forces de l'État» affaiblir sa puissance que de Êiire prévaloir l'individa sur la masse, dans l'espoir louable, mi^is peu certain , de compenser la quantité par la qualité, en essayant de procurer à l'individu un sort meilleur. Si vous soumettez au calcul l'instinct de la reproduction, qui vous répond que l'individu à qui vous aurez incul<* que votre théorie, respectera vos motifs et ne se dé« tournera pas de votre fin? ne sait*on pas ce que peut l'orgueil, la vanité et surtout l'égoïsme même chez le pauvre ? Il est facile dans la mise en pratique d'un • système sur le papier de tourner les difficultés ou même de les surmonter, en supposant que l'homme agira dans la réalité comme on le fait agir dans sa pensée. On le traite comme une abstraction, sans réfléchir, que cette abstraction est de chair et d'os comme nous, qu'elle est passionnée , et qu'elle cédera d'autant plus aisément à l'entraînement des sens que le hasard de sa naissance l'a condamnée à vivre de peu tout en travaillant beaucoup.

GOMME UQJW m PlWmiSil IiA COliGURlUBNCE. 335

Les disciples de Malthus, ou ceux qui par uu expédient ou par un autre voudraient arriver ^ la li*« mitation du principe de la population, qe tiennent pas assez compte dans leur spéculation de l'élément moral. Ils ont raison sans doute de tendf e par tou3 les moyens légitimes à l'amélioration matérielle des classes laliorieuses ; mais ce premier, pas £ait/il en est un seconda franchir et c'est le. plus difficile; il faut^que l'individu en possession d'un plus haut sa** laire le fasse tourner au profit de ses besoins les plus vrais ; il faut qu'avant de songer au plaisir » il s'occupe des dépenses du ménage ; qu'il se procure ua bon lit, ùik mobilier modeste, du linge^ de chauds vêtemens pour lui, sa femme et ses enfans, s'ilen a; en un mot, il convient qu'il réforme ses mœurs et q^e sa vie future soit le contrepied de celle qu'il a t^ menée jusqu'à présent Si les économistes dont ' nous discutons la doctrine ne parviennent pas à améliorer les mœurs de l'oyivrier, en même temps que sa position matérielle, ils auront manqué tota^ lement leur but, car ils auront réduit la population laborieuse, sans rien ôter à ses mauvaises habitudesi.

Nq changeons pas un état social qui nous est commun avec les nations^ les plus éclairées et,. disonsle, avec tous les peuples connus. Si la population surabonde chez nous, elle n'est pas moindre chez les

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