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plus rapide ^ si bien qu'à 5o ans on arri^ à thiro.
Les rech€rch8s du même auteur Font conduit à établir des chiffres que je crois devoir Consigner ici, touchant la prostitution exercée simultanément par des personnes unies les unes aux autres par I4S liens 4lu sang. Ainsi y sur 5,1 83 prostituées^ il a trouvé cent soixante -quatre fois les deux sœurs inscrites ensemblie, quatre fois les trois sœttrs^ et trois fois les quatre soeurs : en tout 35a sœurs.
Il a remarqué en outre seisefo^ la mère ^t la fille, quatre fois la tante et la nièce ^ et vingt-deux fois les deux cousines^germaines : en tout, 4^^ personnes tenant les unes aux autres par les liens de ia parenté la plus proche, et qui 6e livraient ensemble à la prostitution, à Paris, non pas dans le même moment, mais à différens intervalles, durant une période de sept à huit ans.
Parmi les 35^ sœurs dont il vient d'être question, a 19 étaient de Pâris^ et les i33 autres venaient des départemens.
£t parmi les 16 mères, m étaient de Paiis, et les autres des départemens. (i)
£e résultat accuse une profonde corruption dans certaines familles, dont les auteurs n'ont pas honte
^) Delà Prostitution de la ville de Paris, tome V, page loi.
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de donner eux-mêmes l'exemple de la prostitution ou de la débauche à leurs propres enfans^ il esè en même temps une preuve effrayante de la contagion morale attachée au métier de prostituée dans la class9 p$^vre«
lies habitudes et les moeurs .des filles publiques dépendent de leur éducation , de leur intelligence et des penchans plus ou moins dépravés de leur cœur* Afin de prévenir toute méprise k ce sujet , nous nous occuperons d'abord des filles isolées ou libres., et ensuite des filles de maisons.
Parmi les premières , le genre de vie des plus distinguées^ qui forment le petit npmbre, consiste dans une molle oisiveté, interrompue seulement par la promenade, la lecture, la musique et quelques tr^ vaux de broderie ou de toilette. Il est de ces filles qui^ bien que entretenues, se livrent, par suite de leur goût effréné pour la dépense, k l'exercice de leur métier pendant toute la journée ; d'autres pei»dant un certain temps de la journée seulement, et qui passent la soirée avec leurs amans particuliers au bal ou au spectacle*
plusieurs de ces amans, qu'il ne £aut pas confon- y dre avec les ^ntre^mur^ , occupent dans la société une position élevée. Ce sont des ofâciers-générau^ . et des hommes de lettres, des financiers et des hom-
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/ mes titrés. Les prostituées d'un ordre inférieur qui ) appartiennent à la même classe^ exercent leur com- { merce dans la soirée et s'abandonnent la nuit à leurs 1 amans, qu'elles choisissent de préférence, parmi ( les étudians eo droit , les étudians en méj^ecine et les jeunes avocats. L'instruction que possèdent ces jeunes gens et surtout les agrémens de leur esprit, doivent en effet les faire rechercher par des filles accoutumées à ne recevoir que des hommes de bonne compagnie et douées quelquefois elles-mêmes des dons de l'intelligence.
Il est inutile de dire que ces filles ne tirent aucun avantage de leurs amans, sous le rapport de l'argent. Le désintéressement qui préside en général aux relations établies entre les prostituées de tous les degrés et leurs amans, est une loi qui ne souffre presque ])as d'exception. Il est même à observer que plus le rang de la fille esl infime, plus cette loi est fidèlement exécutée. Pour ne parler maintenant que des filles du premier degré, elles ne se contentent pas detre désintéressées à l'égard de leurs amans, elles pourvoient avec empressement à la dépense de leur entretien et même de leur nourriture, lorsqu'ils ont assez de bassesse pour y consentir. Bon nombre de jeunes gens dans Paris n'ont pas d'autres moyens d'existence, et, parmi eux, il en est qui in-
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spirent par leur éducation, un intérêt dont ou ne peut se défendre malgré Tétat d'avilissement où ils sont descendus.
Il est rare que les filles de ce rang soient sujettes aux excès de la boisson comme le commun des prostituées; pourtant elles ne laissent pas de prendre part avec ardeur à des orgies où coulent à flots le vin de Champagne et le punch ^ liqueur favorite des prostituées. La gourmandise est leur défaut capital. C'est avec la toilette leur unique souci.
Ces femmes, plus ou moins adonnées à tous les raffînemens du luxe et aux délices de la bonne chère, sont soumises aux mêmes prescriptions sanitaires et aux mêmes châtimens que les filles les plus viles. Le dispensaire , l'hôpital et la prison les reçoivent tour-à-tour, suivant les circonstances. Celles qui sont affectées de la contagion peuvent cependant se faire traiter dans leur domicile. Quand elles se présentent au dispensaire pour y subir la visite du médecin, ce qui a lieu deux fois. par mois, elles mettent beaucoup de soin à n'entrer que lorsqu'elles sont sûres de n'être pas aperçues. Ces visites sont inscrites régulièrement sur une carte, qu'elles doivent représenter à toute réquisition. Le séjour de l'hôpital et de la prison, doit les humilier profondément, si l'on réfléchit au dédain qu'elles témoignent aux
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prostituées de la dernière clastse et même à celles de la classe moyenne j ce dédain fondé sur le haut prix qu'elles mettent à leurs faveurs, et sur leurs rapports habituels, avec les gens de bonne compagnie, soulève contre elles la vanité d« toutes les autres prostituées, qui les accueillent dans la prison avec des ris moqueurs en les voyant dépouillées de leurs beaux habits et réduîteô comme elles à porter de grossiers vétemens. Du reste ^ les filles de la classe moyenne ne $ont pas exemptes elles-mêmes de ce sentiment répulsif à l'égard des prostituées de bas étage. L^éducation^ les goûts et les hal)itudes qui leur sont propres, les éloigne encore plus de ces dernières^ qu'ils ne mettent de distance entre elles et les prostituées de haut rang. Dans cette classe comme dans la première, la cause véritable du dédain vient de l'importance extrême que les filles, en masse, attachent a ce que Ton ne rabaisse pas le prix de leurs faveurs.
Les lettries adressées aux filles dans l'hôpital ou dans la prison, étant toutes lues par l'administration, il est difficile aux amans, même les plus haat placés qui les écrivent , de lui dérober la connaissance des relations qu'ils entretiennent avec ces êtres méprisables. Us ne se bornent pas à des sim" ples lettres; ils viennent quelquefois dans les bu-