‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes, et des moyens de les rendre (volume 3)Chapitre 29 sur 58 · DE LA PBOSTITUTIOIÏ PUBLIQUE · texte numérisé non relu

DE LA PBOSTITUTIOIÏ PUBLIQUE

nent des filles publiques à demeure , les autres, qui prennent le nom de maisons de passe , seryent de refuge, tout à*la-fois, et à des filles inscrites, et à des filles ou femmes non enregistrées qui, ne faisant pas publiquement métier de se prostituer, sont par cela même affranchies des prescriptions imposées aux prostituées, et de la séquestration qui suit les attcin-" tes portées à ces prescriptions. Les maisons de passe ne sont néanmoins tolérées qu'autant que les femmes

qui les tiennent conservent en permanence deux filles publiques assujetties au même régime que les filles des autres maisons de tolérance. La présence de ces deux filles est exigée pour rendre la maison qu'elles habitent accessible à toute heure du jour et de la '^nuit aux inspecteurs, qui peuvent par ce moyen atténuer et régulariser pour ainsi dire les in* convéniens inhérens aux maisons de cette catégorie* Les femmes qui tiennent des maisons de prostitution ont pris d'elles**mémes , il y a quarante ans^ le titre de mattresseê, de dames de maison. L'administration l'a adopté, non pour diminuer l'op*probre et le mépris justement attachés à la vile industrie de ces femmes, mais pour substituer aux anciennes dénominations plus ou moins mal sonnantes une appellation plus en rapport avec les scrupules du langage de notre temps.

I^a DE LA PROSTITUTION' PUBLIQUE.

Pour avoir une juste idée de ]a bassesse d ame qui fait agir les femmes de cette espèce , il faut savoir qu'avant de solliciter ce qu'on appelle dans Tidiôme administratif une tolérance, elles appartenaient à la classe des femmes galantes, ou des filles publiques isolées, ayant à leur disposition un capital, fruit de leurs économies ou des avances à elles faites par des hommes qui avaient entretenu avec elles d'anciennes relations. Les domestiques ou les femmes de confiance des maîtresses de maisons traitent quelquefois avec celles-ci de leurs fonds, ou leur succèdent, en cas de décès ou de banqueroute. Ces établissemens sont du rang le plus infime , ainsi que ceux créés par des femmes mariées, qui, pour achalander un cabaret ou un estaminet , y logent des prostituées; ces mêmes femmes tiennent quelquefois un garni rempli de prostituées; et, pour le conserver plus sûrement, elles en font une maison de tolérance. Ces sortes de maisqns sont, en effet, plus aisées à surveiller que les garnis ; et c'est par cette raison que l'autorité les préfère.

L'administration s'est imposé la loi de n'accorder de tolérance quà des femmes, alors même qu'elles seraient mariées. Dans ce dernier cas, pour ôter aux maris tout prélexte de s'immiscer dans la directioiz des maisons tolérées ^ elle stipule formellement que

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la responsabilité des prostituées ne devra peser que sur leur femme. L'exclusion prononcée à cet égard contre les hommes est empreinte d'un caractère de moralité qu'il est plus facile de sentir que d'expliquer. C'est dans le même esprit qu'il est interdit à une maîtresse de maison publique de prostitution de garder ses enfaus chez elle. C'est une condition à l'accomplissement de laquelle l'administration tient la main avec la dernière rigueur.

Les maisons de tolérance se divisent en quatre classes : elles ne sont généralement occupées que par des prostituées, commensales de la maîtresse de la maison, et à demeure chez elle, ou logées dans une dépendance de cette maison , et libres de leurs personnes aussi bien que de leurs actions. Chaque femme poui'vue d'une tolérance reçoit un livret divisé en deux parties : l'une est destinée à l'inscription des filles placées sous sa surveillance et sa responsabilité immédiates; l'autre à l'inscription des filles libres. Celles-ci sont visitées au dispensaire ainsi que nousTavons déjà dit; les autres sont soumises, dans la maison même qu'elles ^habitent, aux investigatioiis de l'un des médecins du dispensaire. Ces investigations ont lieu toutes les semaines ; et chaque fois que les filles changent de demeure, la mention en est consignée en marge du numéro

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