POUR ATTIRER A LUI LES CLASSES LABORIEUSES
mens plus doux. Ajoutons que le dogme ne souffrirait aucune atteinte de cette innovation , puisque le fidèle participerait au saint mystère célébré devant lui, non-seulement par ses chants , mais aussi par la pensée. U serait d'autant plus aisé d organiser cette mesure comme moyen de moralisation, qu'un certain nombre d'élèves priés par les Frères d'aller exécuter dans quelques églises des villages voisins de Paris , plusieurs morceaux de . chant dans des messes solennelles célébrées à l'occasion des grandes fêtes de l'année, se sont empressés de déférer à cette prière, et que depuis , ces mêmes élèves et d'autres ont offert spontanément leurs services à MM. les curés des communes rurales, qui les ont acceptés avec reconnaissance.
A Versailles, les élèves-maîtres de l'école normale primaire chantent. tous les dimanches , dans leur chapelle , des morceaux sacrés de Rossini , et des menteurs compositeurs. L'exécution de ces morceaux ;a produit une telle impression, sur les fiidèles admis dans la chapelle de cet établissement, que M. l'évêque a prié le directeur de permettre; que ses choristes vinssent chanter à l'église métropolitaine les jourjs de grande fête. Leur pfemier e^erdce, dans cîette église, date de, la fin
de 1837.
4aO VOIE A SUIVRE PAR LB CLERGE
La prédication offrirait un moyen non moins puissant d'améliorer l'état moral des classes laborieuses , mais il faudrait en user avec discrétion , et l'accommoder à l'intelligence et aux besoins de ces classes. Des conférences sur les points fondamentaux de la morale chrétienne et sur les devoirs de iamVLle ne pourraient manquer d'intéresser vivement les ou* vriers,du moment qu'elles n'auraient lieu que pour eux seuls, à l'imitation des conférences établies dans l'église de Notre-Dame de Paris , et qu'elles seraient , .dirigées dans un esprit capable de leur en faire apprécier l'utilité. Il y a dans l'alliance de la morale et de la religion un charme et un attrait inexprimables j l'onction des paroles de l'orateur chrétien vient de cette alliance elle-même. La morale attache l'homme aux principes de la société , et la religion dirige sa pensée vers la possession des biens éternels. L'une comme l'autre tend à son amélioration, à son perfectionnement. Sans la morale, la religion offrirait à l'homme un aliment trop léger, trop raifiné, trop mystique. Sans la religion, la morale ne répondrait pas aux instincts les plus élevés de l'homme; l'idéal qui le détache par intervalle et dans les momens d'épreuve, des choses d'ici bas, pour le transporter, par une sorte d'extase, vers les choses divines , se perdrait dans l'infini et arriverait