‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes, et des moyens de les rendre meilleuresChapitre 106 sur 156 · INSTRUCTION MORALE ET RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

INSTRUCTION MORALE ET RELIGIEUSE

pénitencier des jeunes détenus , à Paris, est dans ce cas : il renferme, nous l'avons dit, une grande quantité de cellules qu'on peut augmenter encore , et il est desservi par une chapelle qui a été fréquentée par les enfans tout le temps qu'ils ont vécu en communauté , et où se rendent encore à présent ceux qui ne sont pas assujettis entièrement au régime claustral. Toutefois, on sent que ce régime serait enfreint périodiquement, si par égard pour des considérations religieuses plus orthodoxes qu'utiles, on réunissait tous les dimanches dans la chapelle, afin de leur faire entendre la messe, les enfans complètement isolés.

La difficulté de concilier les formes extérieures du culte avec l'unité du principe de la séparation cellulaire, s'est présentée dans les pays protestans, avant de se montrer dans les pays cathoUques. En Angleterre, on a eu l'idée ingénieuse de construire des chapelles cellulaires où les détenus verraient le ministre sans qu'il leur fût possible de se voir entre eux, et afin que le passage de la cellule d'habitation à la chapelle, pût s'exécuter sans dommage pour la discipline, on a proposé de couvrir la tête de chaque détenu d'un capuchon (i); à l'aide de ce déguisement, le cellulage me paraîtrait inutile à la cha-

(t) Rapport de M. Moreau* Christophe, déjà cité p. 77.

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pelle. Des compartimens suffiraient ainsi que l'a imaginé le lieutenant John Sibly , gouverneur de la maison de correction de Brixton (i).S'il fallait donc, par un motif de pure forme religieuse , réunir les détenus à la chapelle, le dimanche, ce qui serait plus fertile en inconvéniens qu'en avantages, j'inclinerais pour une chapelle à compartimens, attendu qu'elle serait moins coûteuse qu'une chapelle cellulaire, et pour l'usage rigoureux du capuchon.

Mais, pourquoi adopter un semblable parti, chez nous, lorsque la position du détenu cellulé réclame une exception et que cette exception est justifiée par les pratiques de l'église catholique elle-même dans des cas analogues. En effet, ne sait-on pas, que les malades , les infirmes et en général tous ceux qui par suite d'une cause indépendante de leur volonté, sont dans l'impossibilité physique de participer aux cérémonies du culte, ont la faculté d'accomplir leurs devoirs religieux par la lecture qu'on leur fait ou qu'ils font eux-mêmes delà messe. Or, les individus composant la classe dangereuse et détenus pour leurs méfaits, à titre de peine, ne sont-ils pas de véritables malades. La similitude n'est-elîe pas exacte surtout à l'égard des enfans du pauvre qui débutent

(i) Pvapport de M. Moreau-Christophe, déjà cité, p. 76.

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