‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes, et des moyens de les rendre meilleuresChapitre 132 sur 156 · EXAMEN DE LA. SURVEILLANCE · texte numérisé non relu

EXAMEN DE LA. SURVEILLANCE

fuit; s'il travaille dans un atelier, ceux qui un moment auparavant le traitaient en camarade , ne supportent plus sa présence au milieu d'eux, qu'avec impatience et avec chagrin ; non-seulement il n'est plus leur compagnon de travail, mais il n'est plus leur égal, il n'est plus leur semblable. Il n'y aura d'ordre et d'harmonie dans l'atelier, que lorsqu'il en aura été expulsé.

Voilà le sort qui , par l'effet du régime actuel de la surveillance, est réservé tôt ou tard à la majeure partie des libérés. De là vient que ces infortunés sont contraints à des pérégrinations continuelles, et qu'enfin de guerre lasse , lorsqu'ils ne se déterminent pas à voler de nouveau, ils rompent leur ban pour venir se réfugier dans les grandes villes , où ils sont sûrs en travaillant et en se conduisant bien, de vivre ignorés et tranquilles, à moins que l'irrégularité de leurs papiers ne révèle aux agens de l'autorité , leur état d'infraction. Cette dernière circonstance se reproduit assez souvent à Paris, malgré l'immense population de cette capitale ; elle donne presque toujours lieu de reconnaître , que dans l'état actuel de la législation relative à la surveillance , les libérés sont le jouet des autorités locales, qui, au mépris des droits de l'humanité et du vœu du législateur, les éconduisent sans pitié lorsqu'ils

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