‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes, et des moyens de les rendre meilleuresChapitre 18 sur 156 · DIRECTION DES :ÉLÈVES-MAÎTRESSES · texte numérisé non relu

DIRECTION DES :ÉLÈVES-MAÎTRESSES

amusante, les élèves ne s'occupent que de leur tâche de couture. Nous ne devons pas, au surplus, omettre de dire, afin de ne pas affaiblir le mérite des efforts que font les sœurs pour former à la vertu le cœur de leurs jeunes élèves, que dans les écoles confiées à leurs soins, outre la prière et l'explication du catéchisme, qui ont lieu tous les jours, on fait aux élèves des instructions morales et religieuses, deux fois la semaine.

L'inspectrice des écoles primaires de filles, mademoiselle Sauvan, a été chargée par M. le préfet de la Seine et par le comité des dames, préposé à la surveillance de ces écoles de rédiger pour l'usage des élèves-maîtresses un manuel d'éducation , analogue à celui que M. Degérando a composé pour les . élèves-maîtres. Ce manuel dont le principal objet est d'éclairer les jeunes personnes qui se destinent aux fonctions d'institutrices des enfans de la classe indigente, sur la direction qu'elles doivent imprimer aux facultés morales de leurs futurs élèves, a été publié par l'auteur sous le titre de Cours normal des institutrices primaires (^i). Ce cours traite d'abord des dispositions qu'une maîtresse de classe doit apporter dans l'exercice de ses fonctions ; en

(i) Cours normal des instituU'ices primaires, Paris, i832, in-iai'^

9'-i DIRECTION DES ÉLÈVES-MAlTRESSES,

second lieu, des dispositions qu'il est Je plus utile de cultiver chez les jeunes filles, et enfin du bien que peut faire la directrice d'une école de campagne. La première et la troisième partie contiennent des vues pleines de justesse et d'excellens conseils, propres à guider les institutrices dans les rapports habituels qu'elles ont avec leurs élèves. Quant à la seconde, elle est remarquable par une suite de chapitres où Fauteur passe en revue les qualités du cœur et de l'esprit les plus nécessaires à son sexe. Cette revue toute morale est empreinte d'une délicatesse de sentiment et d'une sagesse de vue, qui décèle une femme distinguée , jalouse de répandre dans les écoles de filles nées de parens pauvres, les maximes d'une saine morale, et des traditions d'honneur et de fierté nécessaires dans ces écoles, beaucoup plus que dans toute autre, à cause des périls qui s'attachent plus particulièrement dans le monde, à de jeunes filles sorties des classes du peuple. Je recommande surtout à l'attention du lecteur les chapitres de l'ouvrage où l'auteur fait ressortir avec une rare élégance de style, le prix et le charme de deux vertus , qui sont l'apanage et l'ornement de son sexe. Ces vertus sont la décence et la patience. Mademoiselle Sauvan a eu l'art, au surplus, d'écrire un ouvrage dont la lecture offre un intérêt si vif et si

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