‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes, et des moyens de les rendre meilleuresChapitre 52 sur 156 · CHAPITRE UNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUE

Du loisir. — Nécessité de l'occuper utilement ou d'une manière agréable surtout chez les jeunes gens éloignés de leurs familles. — Etablissemens il former dans ce but, à l'usage des étudians. — Ecoles auxiliaires. — Cercles. — Avantages des écoles auxiliaires. — Examen et réfutations des préjugés qui se sont élevés contre elles. — Cercles, leur utilité, leur composition. — Intervention des maires pour Torganisation des cercles. — Etablissemens propres aux commis-marchands. — Cours du soir. — Moyens de subvenir à la dépense de ces cours. — Influence des maires pour faciliter leur organisation, (i)

Nous avons fait ressortir en plusieurs endroits de cet ouvrage , les inconvéniens qu'entraîne l'oisiveté ou l'aversion pour le travail, principalement dans les rangs de la classe pauvre. Il y a dans la vie de l'homme , un état qui n'est pas l'oisiveté et qu'on appelle le loisir, état qu'on peut définir l'intervalle existant entre deux journées de travail , entre des

(i) Ce chapilre se rattache, ainsi que tout ce qui concerne les classes vicieuses aisées , à l'extension que j'ai donnée au plan tracé par le programme de l'académie, il est donc neuf comme les chapitres relatifs au même poiçitde lue de mon sujet;

2o4 DU loisir: moyen de l'occuper chez les

exercices scolaires séparés, en un mot, entre des occupations diverses ou identiques.

Ce loisir indispensable aux facultés de l'homme , en raison de leur faiblesse et de l'état de tension où les amène un travail soutenu , est une des plus grandes douceurs de la vie , quand il est consacré au repos ou à des distractions innocentes ; mais une des épreuves les plus difficiles de l'homme , est d'occuper ses loisirs , sinon d'une manière utile , au moins d'une manière honnête. Quiconque travaille pour gagner sa vie, ou pour éclairer son esprit, et use de ses loisirs avec honnêteté, celui-là est un homme de bien , un bon citoyen , un sage.

La pente qui conduit du loisir au vice est d'autant plus rapide , que l'homme possesseur de ce loisir est plus jeune, moins expérimenté, et plus éloigné du sein de sa famille. Quand la vigilance de celle-ci n'est pas remplacée par celle d'un ami ou d'un tiers investi de ce droit par la délégation du père de famille, le jeune homme, que la nature de ses études, ou l'apprentissage de sa profession oblige de se séparer des siens et de fixer sa résidence dans un autre lieu que celui où demeure sa famille , se trouve livré de bonne heure à tous les hasards , à toutes les séductions du monde.

Telle est la position de beaucoup d'étudians, telle

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