‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes, et des moyens de les rendre meilleuresChapitre 66 sur 156 · SUR/ LA DÉFINITION: DES JEUX ILLICITES · texte numérisé non relu

SUR/ LA DÉFINITION: DES JEUX ILLICITES

tréïïie du joueur désespéré atteste combien la passion qui le maîtrise est puissante , et combien l'administration doit se montrer vigilante envers les maisons où l'on donne à jouer, quelle que soit d'ailleurs la nature des jeux qu'on y admette, lorsque le mode d'admission des personnes, la mauvaise réputation de plusieurs d'entre elles et les circonstances accessoires du jeu, donnent lieu de suspecter les intentions de ceux qui tiennent ces sortes de maisons.

L'article du code pénal déjà cité prononce l'emprisonnement et l'amende contre les banquiers , préposés ou agens des maisons de jeu non tolérées, indépendamment de la confiscation des fonds , des effets exposés au jeu, et des meubles et instrumens destinés au service de celui-ci. Mais il ne fait aucune mention des propriétaires de maisons où l'on donne à jouer : ces propriétaires peuvent néanmoins connaître l'industrie illicite de leur locataire, et, s'ils la tolèrent, ils ne sont pas moins punissables que les agens secondaires des jeux clandestins ou des jeux qui sont favorisés a l'insu de Tautorité , dans un es^ prit de lucre. Il est permis d'user librement du droit de propriété; il ne l'est pas d'en abuser, et pourtant les cas d'abus sont très multipliés. S'il existe des propriétaires qui , déterminés par l'appât d'un gain sordide, ne rougissent pas de solliciter avec instance

rétablissement d'un lieu de débauche dans leur propre maison , il est probable qu'il s'en trouvera qui, par le même motif, s'empresseront de donner accès dans leur propriété à des jeux prohibés ou non autorisés. C'est ce calcul immoral que la loi doit prévoir et punir par une disposition nouvelle en rapport avec l'état de choses né de la suppression des maisons de jeu précédemment tolérées.

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