‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes, et des moyens de les rendre meilleuresChapitre 67 sur 156 · CHAPITRE Iir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Iir

Moyens de combattre la prostitution. — Examen de deux doctrines contraires : l'une tendant à éloigner les prostituées de leur état en introduisant parmi elles des habitudes d'ordre et de prévoyance; l'autre tendant à les tenir dans l'avilissement pour inspirer aux femmes l'horreur de la prostitution. — Raisons qui militent en faveur de la première de ces deux doctrines. — Influence morale des dames de charité dans les prisons qui renferment des prostituées. — Comment les médecins du dispensaire de salubrité et les commissaires de police pourraient contribuer à la réhabilitation de celles-ci. — Utilité d'un vestiaire dans les maisons de tolérance. — Transactions illicites reprochées à quelques inspecteurs de police. — Observations à ce sujet.

La réforme des prostituées est une question extrêmement délicate et sur laquelle les administrateurs les plus versés dans la connaissance de la matière sont loin d'être d'accord.

Les uns touchés du plaisir de faire une bonne action et des avantages que la société peut retirer de la réhabilitation même imparfaite d'une fille vouée à la prostitution, voudraient que l'autorité facilitât par tous les moyens possibles l'introduction parmi les prostituées des habitudes d'ordre, de prévoyance et d'économie, communes parmi les personnes de leur sexe qui mènent une bonne con-

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duite, afin de les sortir peu-à-peu de l'état d'abjection où elles sont plongées.

Les autres, au contraire, jugeraient funeste à la morale publique, toute institution de bienfaisance, qui tendrait à diminuer l'ignominie attachée dans l'opinion générale au métier de prostituée , toute coutume qui aiirait pour effet d'adoucir physiquement le sort de celle-ci et de la relever jusqu'à un certain point à ses propres. y eux et aux yeux du public, de la juste déchéance prononcée contre elle par le sentiment universel. Ils craindraient que, de l'état de prostituée, elle ne passât à Télat de cour*' tisanne, que le bien-être dont elle jouirait et les talens d'agrément qu'elle aurait pu acquérir ne la rendissent l'objet de trop d'égards^ de trop d'empressemens, et que sa demeure ne devînt un lieu de réunion attrayant pour les hommes, au préjudice des liens de famille et des mœur^.

Cette dernière tendance paraît être celle de la préfecture de police^ et quelque rigoureuse qu'elle soit, à mon sens,. je. déclare^ que je respecte profondément les motifs, qui lui servent de base. On aime à rencontrer un but moral sur le chemin de d'auto-» rité, surtout lorsqu'il s'agit de mesures de police:

En retraçant , les moeurs et les habitudes. des filles publiques , nous avons fait connaître que plusieurs

POUR COîtfJîJLTTHElLA^ PROSTITUTION. aSi

cl'entr.eelle£',appartenant à la classe des filles isolées, vivaient avec nue sorte» de» retenue au sein du* désordre; quielles s'efforçaient d'amasser uni petit capital et qu'ensuite elles se livraient à. une industrie honnête qui les. conduisait souvent à se marier; Sans rechercher si cette détermination a pour mobile la cupidité ouv Le désir de secouer le joug honteux de ia.pro&titutionj, toujours est^ii qu'on peut la regarder comme méritoire par ses effets, puisqu'elle tend à rendr<e à la vie régulière de la société une femme qui l'avait quittée pour s'adonner au vice le plus méprisât ble. Or, pourquoi n'encouragerait on pas de tels exemples dans toutes les classes de prostituées? n'offrent^ ils pas un progrès moral incontestable, et n'amènent? ilâ pas quelquefois des métamorphoses complètes?

ll.y a dans le vice des nuances et des degrés qu'on ne. saurait méconnaître sans préjudice pour les mœurs publiques. Le concubinage, comparé' à la prostitution,, n'^&tril pas une- amélioration! sensible ? pourtant le: coîicubinag.e est um étati qu'on! n'osei^ait aYouer et dont l'essence est vicieu&ei Dans les vieilles . civilisations 1, l'homme d'état et le^ philanthrope doivent tenir compte de ces considérât ions, ^ en s'oo cupant de corriger ie vice chacun^suivantla mesuceo de .ses facultés. C'est ainsi qu^à Paris, .dans les quair tiec3 habités par la. classe pauvre, les bureaux dôi

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