MOYENS NOUVEAUX DEVALUER LE NOMBRE
ou moins hasardées , n'ayant d'autre source que les caprices mobiles de l'imagination; et malheureusement, sur beaucoup de points qui intéressent les sciences sociales, les écrivains en sont réduits à des hypothèses de cette nature, lesquelles sont d'autant moins admissibles, qu'elles faussent l'opinion publique sur les choses les plus sérieuses et les plus dignes de méditation.
Dans l'impossibilité où nous sommes présentement d'assigner des bases sûres pour parvenir à la connaissance des élémens vicieux ou dangereux de la population de Paris, nous essaierons d'indiquer les procédés qui pourraient servir à déterminer ces bases.
Le premier pas à faire dans la recherche de ces procédés doit avoir pour objet la fixation du nombre des ouvriers, des ouvrières et des apprentis, qui composent à eux seuls la presque totalité de la classe pauvre laborieuse. Espérer obtenir ce nombre à l'aide d'une meilleure loi ou de meilleurs régîemens sur les livrets, ce serait se méprendre, puisque, dans la supposition la plus favorable, on ne réussirait en définitive qu'à connaître le nombre des ouvriers, les ouvrières et les apprentis n'étant point sujets au régime des livrets.
Le seul moyen qu'il nous paraisse convenable
DE LA CLASSE DANGEREUSE. 6l
d'employer pour atteindre entièrement le but proposé, c'est la formation de relevés numériques par profession des ouvriers, ouvrières et apprentis, lesquels relevés seraient dressés sur les listes nominatives dliabitans, faites tous les cinq ans, pour arriver au dénombrement de la population de la capitale. Ces listes contiennent les noms et prénoms, l'âge, le sexe, l'état de mariage ou de non-mariage, la condition et la profession des individus recensés. Nous avons des raisons de croire que M. le préfet de la Seine a ordonné l'établissement des relevés dont nous venons de parler, d'après les pièces originales qui ont servi au dernier dénombrement. Ces relevés seront insérés dans l'un des premiers volumes de documens statistiques que ce magistrat se propose de publier. Ils feront connaître également le nombre des chefs de maisons de commerce et des commis=marchands ou employés.
Les listes élémentaires du recensement de la population ne devraient pas servir seulement à cette fin. Il faudrait que l'administration en fît usage, en outre, pour offrir dans plusieurs cadres les divers degrés dont se compose la hiérarchie industrielle, depuis le fabricant et le maître entrepreneur, jusqu'à l'apprenti; et comme Paris recèle dans son sein de nombreuses variétés de presque tous les arts in-